Texte Libre

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...Mes coups de gueule
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...Mes peines
...Mes espoirs
...Mes désespoirs
La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 07:00

Zemmour a raison quand il dit que des étrangers violent les principes élémentaires de la République.

Zemmour a raison quand il invoque le fait que des non-Français d'origine baffouent les principes d'égalité, de liberté et de fraternité.

Zemmour a raison quand il dit que des étrangers jettent aux orties nos principes démocratiques et les dispositions inscrites dans les droits de l'homme.

Zemmour a raison quand il invoque la lâcheté de certains étrangers répondant à des faits par un débat non contradictoire par soliloque interposé.

Zemmour a raison car Zemmour est d'origine berbère et est l'auteur de ces faits.
Zemmour a raison car Sarko est d'origine hongroise et prone aussi ces réalités.

Le problème de notre société ce ne sont pas les organisations anti-racistes, ce sont ces étrangers plus racistes que bon nombre de Français qui veulent envoyer aux calendes grecques l'esprit de tolérance et Républicain de notre pays.

Et si on renvoyait les Sarko, Dieudonné et Zemmour là d'où ils viennent avec leurs idées à la con ?

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Le soliloque d'Eric Zemmour à la tribune de l'UMP
Article paru dans l'édition du 04.03.11
   

Une foule qui se presse sans réussir à pénétrer dans une salle pleine à ras bord ; une nuée de caméras guettant l'arrivée de la vedette du jour ; une standing ovation de fans conquis... La convention organisée, mercredi 2 mars, par les libéraux de l'UMP, dans une salle de l'Assemblée nationale, sur le thème « Les normes vont-elles tuer la liberté des Français ? De l'air ! », s'est transformée en un happening de soutien au polémiste Eric Zemmour, condamné le 18 février à 2 000 euros d'amende avec sursis pour provocation à la haine raciale.

Le journaliste chroniqueur, invité avant sa condamnation par Hervé Novelli, le numéro 2 de l'UMP, avait négocié de s'exprimer à la tribune en soliloque, sans être soumis aux questions. Accroché à son pupitre, avec un débit de mitraillette, il s'est lancé dans un monologue enflammé pour défendre sa conception de la « liberté d'expression », estimant que la sienne était bafouée, même s'il a décidé de ne pas faire appel de sa condamnation.

« J'aurais dépassé les limites autorisées du droit à la liberté d'expression », s'est indigné M. Zemmour, avant de s'interroger - « Je ne sais pas ce que sont les limites de la liberté d'expression, où elles se situent, qui les fixe, comment et au nom de quoi on les fixe » - et de conclure - « C'est désormais le code pénal qui régirait la bienséance de la parole publique. »

Pour le journaliste, qui se compare à un « taureau » lâché dans une « arène médiatique et judiciaire », victime d'une « corrida endiablée », harcelé par « une multitude de picadors en habit de lumière médiatique », la législation qui a permis de le condamner est « liberticide » et sert une « terreur moralisatrice ».

M. Zemmour s'estime victime du « magnifique travail de propagande réalisé par l'extrême gauche (...) qui a gagné la guerre idéologique en endoctrinant les générations nouvelles par les moyens de l'école et des médias ». Décidément martial, il livre sa conception du débat public : « La démocratie, c'est la mise en scène des passions politiques qui s'affrontent, la guerre civile mimée pour mieux l'éviter. »

« Miasmes égalitaristes »

En conclusion, M. Zemmour propose notamment à l'UMP de supprimer « l'action pénale pour les associations antiracistes », qui l'ont mené devant les tribunaux, ainsi que « leurs subventions ». « Bref », M. Zemmour entend « effacer quarante ans de miasmes égalitaristes et communautaristes ».

Introduisant l'invité, mercredi soir, Jean-François Copé s'est réjoui d'accueillir une personne qui « vient apporter au débat un éclairage différent ». Le matin, le patron de l'UMP tentait pourtant de remettre le débat polémique sur la laïcité et la place de l'islam en France sur de bons rails, en estimant que c'était un « débat de fond » et qu'il ne fallait pas tomber dans le « procès d'intention ». Faut-il tomber, alors, dans la provocation ?
Pierre Jaxel-Truer

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 07:00

Denis Robert a gagné, Clearstream a perdu. David a battu Goliath dans le sens où ses révélations concernant les agisseements obscurs de la firme ont été avalisés et ne sont pas considérés comme de la diffamation.

Les propos de M. Robert sont donc valides car étayés et motivés. La presse en sort grande gagnante après avoir subi des attaques non dignes de l'Etat des Droits de l'Homme qu'est la France.

M. Robert expliquera mieux que moi ce qu'est Clearstream, mais je recommande chaudement deux de ses bouquins :

Tout y est expliqué et ce sont des BDs, c'est à dire que c'est facile et fun à lire ;)

http://www.bedetheque.com/serie-19854-BD-Affaire-des-affaires.html

Un article du journal 'Le Monde' daté du 03 Mars 2011

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Clearstream : après l'investigation, que faut-il faire de cette société ?

La Cour de cassation vient de me rendre justice dans la première affaire Clearstream. Intégralement et définitivement. Les propos contenus dans mes deux livres Révélations et La Boîte noire (Les Arènes, 2001 et 2002) et le documentaire Les Dissimulateurs diffusé en 2001 sur Canal+, poursuivis par la multinationale, vont ressortir. Longtemps qualifiée de " controversée " ou de " fantasmatique " par les chargés de communication de la firme et des journalistes qui n'avaient pas pris la peine d'en prendre connaissance, mon enquête est entièrement validée.

Chacun des arrêts est rédigé dans des termes précis et sans ambiguïté. Loin du tumulte, après avoir pesé l'ensemble des éléments du lourd dossier, les hauts magistrats prennent à revers ceux qui m'attaquaient. Cette décision crée une formidable jurisprudence. " L'intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l'enquête, conduite par un journaliste d'investigation, autorisaient les propos et les imputations litigieux ", notent les magistrats. Plusieurs avocats s'appuient déjà sur ces deux lignes pour des dossiers opposant journalistes et puissances financières. Au bénéfice de la liberté de la presse.

Il aura fallu dix ans pour mesurer l'aveuglement des dirigeants de Clearstream qui ont porté plainte dès 2001 en diffamation contre moi. Leurs successeurs n'ont pas démontré plus de clairvoyance puisqu'ils ont régulièrement relayé et encouragé ces plaintes pour se retrouver aujourd'hui face à une vérité judiciaire nouvelle qui les accable.

Clearstream est une des deux firmes avec sa concurrente belge Euroclear à se partager le monopole de la compensation bancaire internationale. Mille sept cents salariés y travaillent entre Francfort, diverses agences à travers le monde, et Luxembourg, son siège social. Présente dans 107 pays dont 40 paradis fiscaux, elle n'est pas une banque comme ont tendance à la présenter les médias, mais une banque des banques. Plus exactement, une chambre de compensation internationale. Elle compense les gains et les pertes des institutions financières qui commercent sur toute la planète.

En janvier 2011, elle a annoncé avoir enregistré dans ses comptes 11,4 trillions de valeurs, principalement des obligations, mais aussi des actions ou de l'or. Mon enquête a montré que tous ses clients n'étaient pas des banques, mais aussi des sociétés offshore et des multinationales. Et que Clearstream offrait d'importantes possibilités de dissimulation et de fraude pour ses clients.

Il était indispensable de me battre jusqu'au bout pour obtenir cette décision reconnaissant le droit et la nécessité d'un journalisme d'enquête. Je savais ce que j'avais vu.

Un organisme financier sain a été dévoyé. Mes écrits reposent sur des courriers, des listings, des microfiches, des témoignages par dizaines, la plupart ayant été filmés. Des éléments suffisamment probants qui ont permis de mettre au jour des comptes opaques, l'effacement organisé de transactions, la probabilité forte d'une double comptabilité, l'hébergement de banques mafieuses ou liées au terrorisme, l'absence de contrôle des autorités luxembourgeoises, la complicité des auditeurs, le licenciement du personnel qui refusait de procéder à des manipulations comptables. J'en passe.

La lecture de mes documents montre que cette firme abritait plus de 6 000 comptes ouverts dans des paradis fiscaux et pouvait aussi transférer du cash. Au-delà du coup de projecteur sur ces coulisses, mon travail révélait pour la première fois les contours et les secrets d'une finance véritablement parallèle. Malgré les pressions, je ne voulais pas me taire.

Le 22 octobre 2008, Clearstream achetait un encart publicitaire dans Le Monde pour me proposer une transaction. Rappelant que je venais d'être " triplement condamné " en diffamation par la cour d'appel de Paris, concluant à " l'inanité " de mes " prétendues révélations ", constatant que la vérité était " établie ", elle proposait de ne pas exécuter ces décisions, de cesser les poursuites si j'acceptais de retirer mes pourvois. J'étais victime, selon eux, de mon " propre acharnement " à les diffamer " sans relâche depuis sept ans ".

Dans une lettre ouverte à son président, j'ai décliné cette proposition. " Je ne suis pas assez riche pour vivre tout cela sereinement. Vraiment ça ne m'amuse pas. Seulement, je suis sûr de la qualité de mon travail et de l'intérêt des informations obtenues. D'autant plus en ces temps de crise financière internationale ", écrivais-je alors. Il aura fallu dix ans pour qu'enfin on reconnaisse ce travail. Combien de fois ai-je entendu des avocats ou des journalistes, n'ayant jamais ouvert un de mes livres, se moquer de " mes erreurs ", m'appeler le " falsificateur " ou le " conspirationniste ".

Ces attaques répétées ont influencé, au cours de ce marathon judiciaire, certains magistrats qui avaient à juger mon travail. Le peu d'intérêt pour le fonctionnement du " back-office " interbancaire chez les politiques, si prompts à décrier ailleurs la gloutonnerie des banquiers, ne m'a pas aidé non plus. Et que dire du parasitage Clearstream 2, cette embrouille franco-française, où je me suis retrouvé mis en examen sur plainte de cette même Clearstream et où j'ai dû là aussi batailler avant d'être relaxé ?

Que faire maintenant des informations contenues dans mes livres et mes films, dans la mesure où tout le monde peut les reprendre à son compte ? Je ne sais pas ce que les Allemands de Deutsche Börse Clearing, qui ont racheté Clearstream suite à mon enquête et qui ont forcément constaté ces dérives, ont entrepris depuis 2002. La justice luxembourgeoise étant peu équipée pour traiter ces sujets et la justice européenne encore défaillante, nous en sommes réduits à espérer que le ménage a été fait. Peut-on s'en contenter ? Peut-on se contenter du minuscule et unique communiqué de Clearstream " prenant acte de la décision suprême française " et " attendant la suite " ?

Je montre dans mon enquête comment l'administration américaine a utilisé la firme luxembourgeoise pour masquer le paiement de la rançon des otages américains emprisonnés à l'ambassade de Téhéran en 1980. Plus près de nous, j'explique comment la faillite argentine aurait pu être anticipée, voire évitée en 2001, si des contrôles indépendants et réguliers avaient été effectués chez Clearstream. Nous sommes au coeur du débat sur la régulation du capitalisme.

En 2001, une centaine de députés européens avaient demandé la création d'une enquête parlementaire aux moyens coercitifs. Le commissaire hollandais Frits Bolkestein, dont on a su plus tard qu'il était lié à des clients importants de Clearstream, avait rejeté cette idée, indiquant que le Luxembourg était un Etat souverain et que lui seul pouvait enquêter.

Il faudrait relancer cette enquête européenne. J'aimerais que des journalistes et des politiques s'emparent de ces sujets. Après dix ans de pression et de censure, la Cour de cassation ouvre un nouveau temps. Celui de l'action. p

Denis Robert

Journaliste

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 07:00

Il faut que Tapie rembourse et que Lagarde soit solidaire de décisions qui ont dépouillé le contribuable Français. Telle est la conclusion d'une tribune écrite par Madame Lepage.

Je ne peux pas être plus d'accord avec elle sur ces propos.

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L'affaire Bernard Tapie n'est pas finie
Article paru dans l'édition du 04.03.11
Christine Lagarde doit rendre des comptes
       
Telle est la conclusion à laquelle aboutit le référé rendu par la Cour des comptes et qui ne pourra rester sans suite : le versement par l'Etat de 210 millions d'euros à Bernard Tapie était indu. Non seulement l'Etat, représenté par la ministre de l'économie, Christine Lagarde, pouvait ne pas exécuter la sentence arbitrale et faire appel, mais, de surcroît, il devait le faire. Sans entrer dans les arcanes du droit, il est intéressant de revenir sur l'analyse de la Cour des comptes et surtout sur les conséquences de sa décision.

La Cour des comptes souligne deux fautes majeures commises par celles et ceux qui ont décidé de payer la sentence arbitrale, en amont et en aval de celle-ci. D'une part, le recours à l'arbitrage ne pouvait être autorisé par la ministre des finances. Seul le Parlement pouvait donner une autorisation de cette nature. D'autre part, le Crédit lyonnais ne pouvait pas bénéficier de la garantie du Consortium de réalisation (CDR), l'affaire Adidas ne figurant pas dans la liste annexée à la loi du 2 novembre 1995 encadrant le protocole. Ainsi, l'Etat ne pouvait pas verser 210 millions d'euros à Bernard Tapie.

Alors comment a-t-on pu en arriver à une telle situation ? D'après ses propres déclarations, Christine Lagarde s'est personnellement impliquée dans cette affaire, même si c'est sur ordre. Elle a reconnu avoir donné des ordres écrits aux hauts fonctionnaires siégeant au sein de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR) pour que leur vote rende possible un arbitrage entre le CDR, filiale de l'EPFR, et Bernard Tapie. C'est également elle qui a refusé l'appel contre la sentence arbitrale malgré les consultations en ce sens qui lui avaient été remises par ses cabinets conseils.

Quelles conséquences judiciaires tirer de cette situation ? La Cour de discipline budgétaire est le juge naturel des comptables fautifs. Mais elle ne peut engager la moindre procédure contre un ministre, même dans le cas où le dossier fait apparaître que les irrégularités sont la conséquence directe de la volonté personnelle d'un ministre. Seuls des fonctionnaires ou le cabinet sont donc menacés sur ce point. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que Mme Lagarde ne soit pas justiciable devant la Cour des comptes elle-même. En effet, si la Cour des comptes est le juge des comptables et non des ordonnateurs, il en va différemment lorsqu'un ordonnateur est un comptable de fait.

Comptable de fait

La comptabilité de fait est l'action de celui qui a encaissé irrégulièrement des recettes ou qui n'a pas régulièrement effectué une dépense et s'est ainsi inséré dans le paiement de la dépense publique. Ainsi, sont appelés à rendre des comptes devant la juridiction financière les personnes qui ont pris la responsabilité d'ordonner des opérations irrégulières ou de les couvrir de leur autorité. Un ministre pourrait parfaitement entrer dans cette catégorie du comptable de fait. La ministre de l'économie pourrait alors être confrontée à un double risque, et non des moindres : s'il apparaît que la procédure n'a pas été respectée, Mme Lagarde pourrait se voir tout simplement contrainte de remettre personnellement dans les caisses de l'Etat le montant de l'indemnité Tapie !

On peut ajouter à cela le risque plus modeste d'une amende qui n'est pas systématique et le risque pénal. En effet, l'article L311-11 du code de justice financière renvoie à l'article 433-12 du code pénal qui punit de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende le fait par toute personne agissant sans titre de s'immiscer dans l'exercice d'une fonction publique en accomplissant des actes réservés aux titulaires de cette fonction. En conséquence, la Cour des comptes pourrait s'intéresser à la situation particulière de Mme Lagarde.

Le risque pour elle est d'autant plus grand que le seul fait d'avoir couvert une irrégularité suffirait. A fortiori si elle était intervenue personnellement pour faire appliquer un protocole inapplicable. Sans doute, la sanction financière serait colossale pour une personne physique mais les règles de la comptabilité publique sont précisément faites pour que leur non-respect fasse l'objet de sanctions dissuasives.

Ainsi, cette nouvelle approche du dossier permettrait, dans un pays qui ne connaît plus la responsabilité politique, de faire jouer au moins la responsabilité financière. Il revient à la Cour des comptes comme au Conseil d'Etat saisi du pourvoi en cassation du député Charles de Courson (Nouveau Centre) de décider si les contribuables se verront ou non restituer les sommes qu'ils n'auraient jamais dû verser.
Corinne Lepage

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 07:00

C'est un arrêt très intéressant qui a été fait par la cour de cassation puisqu'elle vient de mettre un frein puissant dans les délocalisations.

Maintenant, il peut advenir un danger : le fait que des groupes industriels puissants évitent d'investir en France à cause de cet arrêt. Le danger est présent. Arrivera-t-il ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 03 Février 2011

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La Cour de cassation fait un pas vers une jurisprudence antidélocalisation
Confirmant une décision de la cour d'appel, la juridiction suprême estime qu'un groupe en bonne santé ne peut procéder à des licenciements économiques dans une filiale en difficulté

En saisissant le conseil des prud'hommes de Créteil en 2005, les anciens salariés de la société Mécanique Industrie Chimie (MIC), basée à Rungis (Val-de-Marne), se doutaient-ils que, six années plus tard, leur action allait permettre à la Cour de cassation d'innover ?

Jusqu'à présent, la jurisprudence admettait que la cessation d'activité d'une entreprise constituait un motif légitime de licenciement économique des salariés. Mais, dans un arrêt du 18 janvier, la chambre sociale de la haute juridiction prend une position inattendue : le licenciement des salariés de MIC, consécutif à sa cessation d'activité en 2004, ne reposait pas sur un motif économique. Les licenciements sont donc dépourvus de cause réelle et sérieuse et les salariés doivent être indemnisés.

La Cour de cassation confirme ainsi l'arrêt du 25 juin 2009 de la cour d'appel de Paris. Celle-ci, pour en arriver à cette conclusion, a dû décortiquer le fonctionnement de MIC au sein du groupe Jungheinrich Finances Holding (JFH), la filiale française de l'Allemand Jungheinrich AG qui fabrique et commercialise des appareils de manutention (transpalettes, etc.).

Dans un premier temps, elle constate que les salariés de MIC avaient en réalité deux coemployeurs : MIC et sa maison mère, JFH. Celle-ci assurait, en fait, la " direction opérationnelle et la gestion administrative de sa filiale, qui ne disposait d'aucune autonomie ", indique l'arrêt. Il existait donc entre JFH et MIC " une confusion d'intérêts, d'activités et de direction ".

" L'un des éléments déterminants dont nous disposions pour le démontrer, explique l'avocate des salariés, Evelyn Bledniak, était le paiement, par JFH, d'un cabinet chargé de la liquidation de MIC. C'est aussi JFH qui a payé les salaires des employés restés à Rungis après avoir refusé leur transfert dans une autre filiale française du groupe ; JFH qui a financé le plan social de MIC, etc. "

Dans un second temps, l'existence de coemployeurs a permis au juge de vérifier la réalité de la cause économique chez chacun d'eux et donc dans le groupe. Et de conclure que la cessation d'activité de MIC ne relevait " que de choix stratégiques décidés au niveau du groupe, sans que des difficultés économiques ne les justifient ", peut-on lire dans l'arrêt. Pour l'avocate de JHF, Françoise Fabiani, " la Cour de cassation méconnaît l'autonomie des personnes morales ". Certes, ajoute-t-elle, " il y existe une politique de groupe, mais c'est le propre de tous les groupes ".

" Choix stratégiques "

L'arrêt du 18 janvier a donné des idées à d'autres avocats de salariés. Comme à Fiodor Rilov, qui va défendre près de 500 anciens salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), devant le conseil des prud'hommes de Compiègne. " Le statut de coemployeur de la maison mère sera notre premier axe pour contester la justification économique des licenciements au niveau du groupe ", dit-il.

Depuis les années 2000, " de plus en plus de filiales sont pilotées étroitement par leur maison mère, constate Laurent Rivoire, directeur associé chez Alpha, cabinet d'expertise auprès des comités d'entreprise. En cas de plan social, la direction le justifie toujours par des difficultés économiques. Mais on voit bien la stratégie de ces groupes : assécher petit à petit ces filiales puis les fermer ".

L'avocat Jean-Marc Denjean, qui contestera prochainement le licenciement de 220 anciens salariés de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) devant le conseil des prud'hommes de Toulouse, compte aussi s'appuyer sur l'arrêt du 18 janvier. Mais sur un seul aspect : " L'absence de cause économique au licenciement lorsque la cessation d'activité d'une entreprise ne résulte que du choix stratégique du groupe. Ce qui est bien le cas de Molex. "

Jean-Philippe Lambert, l'avocat de Molex Inc., la société mère, assure, au contraire, que " la fermeture de l'usine n'était pas une décision stratégique mais économique ". Pour faire sa démonstration devant les prud'hommes, M. Denjean va donc évacuer la condition de coemployeurs entre la filiale et le groupe, posée par la Cour de cassation pour rechercher, au niveau de la maison mère, l'absence de cause économique aux licenciements.

Ce faisant, il rejoint les interrogations de Pierre Bailly, conseiller à la chambre sociale de la Cour de cassation, inscrites dans son rapport sur l'affaire publié par la Semaine sociale Lamy du 24 janvier. Observant que les groupes internationaux sont tentés de fermer des filiales pour délocaliser leur production, M. Bailly suggère de ne reconnaître une cause réelle et sérieuse au licenciement du personnel d'une entreprise appartenant à un groupe " qu'à la condition que sa fermeture soit justifiée par des difficultés économiques ou par la nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise ou du groupe ".

Indépendamment donc, de la condition de coemployeurs entre les deux entités. Ainsi naîtrait une jurisprudence antidélocalisation. L'arrêt du 18 janvier pourrait constituer un premier pas dans cette voie.

Francine Aizicovici

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 07:00

Mieux vaut un râleur vivant qu'un non râleur mort ! C'est ma devise ;) Le Sénat n'est pas d'accord avec moi cependant. Pour eux, mieux vaut faire du populisme à deux balles pour pouvoir conserver sa place en tant que sénateur que de heurter la population.

C'est sûr qu'il faut avoir du courage pour pouvoir adopter des mesures qui sont dans l'intérêt général mais à l'encontre de toutes les libertés individuelles. Il faut être intelligent pour pouvoir expliquer cette position.

Mais comme on n'a que des populistes et des couilles molles au Sénat, pour la défense de l'intérêt général, on repassera...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 01 Février 2011

**********

Chronique
Un excès de vitesse parlementaire

Le Sénat a adopté en deuxième lecture, le 19 janvier, un assouplissement du permis de conduire à points. Cette réforme réduit les délais nécessaires pour recouvrer les points perdus pour des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h dans les zones où la limitation est supérieure à 50 km/h, et pour l'usage d'un téléphone au volant. Il s'agit, selon les parlementaires de la majorité, d'une décision de bon sens visant à préserver les automobilistes de persécutions abusives et disproportionnées. Mais à quel prix ?

L'argumentation des parlementaires repose sur une idée reçue, mais inexacte : les infractions concernées seraient mineures. En ce qui concerne les " petits " excès de vitesse, il a été montré qu'une diminution de 1 % de la vitesse moyenne se traduit par une réduction de 4 % du nombre de décès et de 2 % du nombre total d'accidents. Cette simple équation permet d'expliquer le succès de la mise en oeuvre conjointe des contrôles et sanctions automatisés et du permis à points. Ainsi, entre 2002 et 2009, la vitesse moyenne a baissé de 11,7 %, et le nombre de tués sur la route est passé de 7 242 à 4 273 (La Sécurité routière en France : Bilan de l'année 2009, La Documentation française). Toute augmentation de la vitesse moyenne se traduira inversement et inexorablement par davantage de morts.

Concernant l'usage du téléphone au volant, une étude de référence menée en Australie par Suzanne McEvoy et ses collègues (Role of mobile phones in motor vehicle crashes resulting in hospital attendance : A case-crossover study, British Medical Journal, 2005) montre que le fait d'utiliser un téléphone portable multiplie par quatre le risque d'accident. A l'aune du risque qu'elles engendrent, ce ne sont donc pas des infractions mineures.

Le second argument avancé en faveur d'un assouplissement du permis à points est qu'il conduit à des sanctions disproportionnées, dans la mesure où il est possible de perdre son permis à la suite d'un nombre répété d'infractions " mineures ".

Mais c'est ignorer ce qui fait précisément l'efficacité de ce dispositif. En effet, comme l'ont montré Jean-Marc Bourgeon et Pierre Picard, économistes à l'Ecole polytechnique (Point-record driving licence and road safety : An economic approach, Journal of Public Economics, 2007), le permis à points est efficace car il joue un double rôle : il permet, d'une part, de dissuader les automobilistes de commettre des infractions (par le jeu classique de la peine) et, d'autre part, d'éliminer les conducteurs dangereux (en les privant de leur permis de conduire).

Or il ne fait aucun doute qu'un conducteur qui s'obstine à ne pas respecter les limitations de vitesse ou à téléphoner en conduisant représente un danger réel. La réforme votée mine donc les fondements mêmes du permis à points.

Enfin, les députés et sénateurs prétendent défendre la liberté des automobilistes. Ils ont seulement négligé un détail. En tenant compte des frais médicaux, des pertes de productions, des dégâts matériels et du coût des vies humaines perdues, l'Observatoire national interministériel de sécurité routière évalue à 147 000 euros le coût moyen d'un accident corporel (1,2 million d'euros en cas de décès), et 6 526 euros celui d'un accident purement matériel. Or, nous l'avons vu, cette réforme va inévitablement accroître le nombre d'accidents. Son coût sera donc élevé. Ne pas l'évaluer et ne pas en tenir compte n'est pas seulement démagogique, c'est économiquement irresponsable.

Thibault Gajdos

*Le Greqam est le Groupement de recherche en économie quantitative d'Aix-Marseille.

CNRS-Greqam*

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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