Un plaidoyer… bien mal défendu

« Peut bien mieux faire ! » Telle pourrait être le commentaire que l’on pourrait attacher à ce texte. En effet, ce Monsieur présente la situation, mais ne l’argumente ni ne la démontre. Sans démonstration, sans argumentation, ses propos sont vides, plats, même si on sait qu’il existe des faits qui peuvent largement démontrer et argumenter les propos.

C’est donc là où le bât blesse : on exige autrement mieux d’un Maître de conférence ! Ceci dit, il est Maître de conférence à Science-Po, source de médiocrité réputée dans notre pays.

Démonstration ? Tous nos politiques en sortent et pas un seul n’a été capable de voter un budget à l’équilibre depuis près de 30 ans. Je rappelle les chiffres de notre budget national : 240Mds de recettes, 300 de dépenses, soit un trou de 60Mds, correspondant à 25% des recettes. Pire, des intérêts sur les emprunts passé représentant 42Mds. Donc, on emprunte actuellement, pour rembourser les intérêts des emprunts passés.

Comme dirait la marionette de Philippe Lucas dans les guignols « Ils sont nuls et pis c’est tout ! ».

Sinon, sur le fond de l’article, on peut dire que la Loi sur la burqa a été une très mauvaise Loi. Mauvaise car profondément raciste. Non pas raciste par défense du modèle républicain et laïque qui doit être la pierre angulaire de notre démocratie. Mais bel et bien raciste car prenant sa source sur 300 cas Nationaux ! On ne fait pas une Loi pour 300 cas ! La jurisprudence aurait largement pu suffire. Las, cette Loi a créé l’amalgame et la stigmatisation. La loi est donc raciste.

J’aurais attendu ce genre de remarque de ce « Maître de conférence », mais peut être est-ce au delà de ses compétences.

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 27 Juillet 2013

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Cessons de stigmatiser les musulmans !
La presse a fait de l’islam son punching-ball

Les islamistes ne sont pas seuls à être hantés par l’islam. Une séquence médiatique récente souligne l’extension et la profondeur de cette  » maladie obsessionnelle « . Ainsi, d’aucuns ont cédé à la tentation de privilégier le prisme religieux pour interpréter les événements de Trappes (Yvelines), et ce pour mieux ignorer leur dimension profondément sociale.

On retrouve la trace de cette même paresse ou malhonnêteté intellectuelle dans la question posée par le journaliste Laurent Delahousse au président Hollande, le 14-Juillet, évoquant le spectre d’un  » parti islamiste français « . Ou encore dans le tweet récent de la Femen Inna Shevchenko, intimement persuadée de la laideur intrinsèque de l’islam.

L’islam est devenu le jouet – ou plutôt le punching-ball – préféré des acteurs de la société du spectacle. Le fait n’a pas de quoi surprendre. Derrière la pseudo-audace journalistique ou la provocation féministe, cette posture de  » lanceur d’alerte  » ne fait que conforter l’esprit ou la pensée dominante qui prévaut dans l’espace public et politique.

En présumant l’incompatibilité ontologique entre l’islam et la liberté, l’islam et la démocratie, ces coups médiatiques cultivent une hystérisation du débat public qui s’inscrit sur fond d’anxiété identitaire. Une série de sondages avait ainsi signalé qu’une majorité de Français trouve l’islam  » trop visible « , qu’il constitue une  » menace  » pour le pays. Sur ce point, l’alternance politique et l’arrivée de la gauche au pouvoir ne se sont pas accompagnées d’un véritable changement de climat.

Si la critique de la religion en général n’est en rien condamnable, viser systématiquement l’islam devient pour le moins troublant. Certes, cette démarche rhétorique et idéologique est censée frapper la religion en tant que telle, non les musulmans… Reste que derrière cette argutie formelle, ou fiction juridique, nul ne saurait ignorer la cible réelle de ce genre de postures.

Les citoyens français (ou non) musulmans (ou du moins apparemment) se trouvent prisonniers d’une chaîne de présomptions ou de soupçons – Arabes/musulmans, musulmans/islamistes, islamistes/terroristes – dans laquelle les divers éléments s’amalgament insensiblement.

Le discours agressif contre l’islam qui s’exprime depuis la fin de la guerre froide s’inscrit dans une histoire moderne : le regard porté sur les sociétés arabo-musulmanes fut transposé à la présence musulmane en Occident. L’islam est devenu aux Etats-Unis comme en Europe un problème de politique étrangère, mais aussi une question de politique intérieure. La présence musulmane étant perçue à la fois comme une menace sécuritaire et identitaire.

La montée de l’intégrisme islamique a coïncidé avec la quête d’un nouvel ennemi stratégique et symbolique en Occident. Partant, la critique de l’islam(isme) s’est substituée subrepticement à la critique du communisme.

Aux Etats-Unis, puis en Europe, l’incapacité supposée des sociétés arabes ou musulmanes à adhérer à la modernité, assimilée aux valeurs occidentales de démocratie, de centralité de l’individu et de sécularisation, s’est répandue dans les milieux politiques et intellectuels. Cette lecture culturaliste et essentialiste vient figer la représentation des musulmans dans l’image d’une masse informe, archaïque, à la fois soumise et incontrôlable (si ce n’est par la force). Cette perception a justifié le soutien des régimes occidentaux à des régimes arabes autoritaires, qui avaient le mérite de maintenir l’ordre et la stabilité…

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York, la figure de l’Arabo-musulman incarne définitivement cet ennemi symbolique de l’Occident. Cette perception est étayée par la thèse du  » choc des civilisations « , développée par le politologue américain Samuel Huntington, selon laquelle l’ordre du monde tient à un conflit de systèmes de valeurs dans lequel la civilisation islamique menace l’Occident.

Le soulèvement de peuples arabes en 2011 a revitalisé l’obsession islamiste. Preuve de la persistance des vieux réflexes, des notions superficielles ( » hiver islamiste « ) ou fantasmagoriques ( » islamofascisme « ) ont (re)surgi pour mieux réduire les Arabes à un bloc monolithique écrasé par le poids de la religion musulmane. Il serait intellectuellement malhonnête de résumer le  » réveil arabe  » aux outrances salafistes et à la montée des partis liés à la confrérie des Frères musulmans.

Le sentiment de méfiance/défiance par rapport à la chose musulmane va grandissant, illustré en France par l’instrumentalisation politique autour des manifestations visibles – ostentatoires – de l’identité musulmane (mosquée, port du voile, etc.).

En France, la problématique de l’immigration est dépassée aujourd’hui par celle – plus aiguë – de l’intégration ou de l’inclusion des musulmans, dont l’identité complexe contribue à interroger l’ » occidentalité  » et leur compatibilité avec les valeurs de la République. Les débats récurrents sur l’intégration et l’identité nationale témoignent d’une tension sociale et d’un questionnement existentiel liés notamment à cette présence musulmane.

Pourtant, contrairement aux thèses culturalistes encore en vogue, il n’y a nulle incompatibilité entre le fait d’être musulman et l’adhésion au modèle républicain à la française, concept structurel mais non figé. Mieux, le discours critique développé par les musulmans de France contre le discours de stigmatisation dont ils font l’objet se fonde sur la devise de la République :  » Liberté, égalité, fraternité « .

Les musulmans de France renvoient trop souvent à un bloc homogène, figé, animé des passions humaines et rétif à la modernité. Pourtant, si singuliers soient-ils, les musulmans ne sont imperméables ni à la raison, ni aux valeurs universelles.

Béligh Nabli

Maître de conférences

à Sciences Po Paris


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