Il faut aider les entrepreneurs en les prenant moins pour des vaches à lait !

On nous dit aujourd’hui que le problème des Français réside dans l’impôt et dans son mode de calcul. Rien n’est plus faux. La France va mal car elle n’est pas compétitive et elle n’est pas compétitive car elle ne travaille pas assez. C’est cela la réalité. Et, effectivement, elle ne travaille pas assez, car elle ne donne pas suffisamment envie à certains entrepreneurs de travailler, entre autres, pour des raisons fiscales.

La fiscalité n’est donc pas la cause première de nos ennuis, mais seulement une des causes, résultant de la mentalité Française qui éprouve une aversion contre ses entrepreneurs et ses patrons. Sans entrepreneur, sans patron, il n’y a pas d’entreprise. Sans entreprise, il n’y a pas de travail et sans travail, il y a le chômage. Simple non ?

C’est cette aversion qui est la cause de tout et cette aversion s’exprime dans la fiscalité. Car un patron est forcément un méchant, on n’hésite pas à le taxer au delà de ses moyens. Un exemple sidérant de cette situation a été donné en Novembre 2013 dans un des numéros d’un numéro de Capital sur M6 : on y voit des chefs d’entreprise contraints de frauder pour sauvegarder leur outil de travail. Sans fraude, ils mettraient la clé sous la porte. Juste la simple réalisation du vieil adage : « Trop d’impôt, tue l’impôt ».

C’est contre cette mentalité qu’il faut se battre ! Ce sont les entrepreneurs et chefs d’entreprise qu’il faut réhabiliter ! Il faut remettre la valeur travail au coeur du projet Français afin de lui redonner de la compétitivité. La fiscalité ne doit intervenir qu’en second lieu.

Encore un bel exemple que nos politiques ne savent pas hiérarchiser leurs actions. Encore une preuve, in fine, de leur incompétence.

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 20 Novembre 2013

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ANALYSE
Le gouvernement au bout de l’impasse budgétaire
La chute brutale des recettes fiscales contraint le premier ministre à une refonte globale

L’annonce faite par Jean-Marc Ayrault dans son entretien aux Echos du 19 novembre résonne doublement. Il marque à la fois l’aveu que, en l’état actuel de la situation fiscale et budgétaire, l’exécutif a épuisé son stock de rustines. En même temps qu’il se décide à s’attaquer au Goliath de la fiscalité, promesse de François Hollande qu’il n’a que trop tardé à mettre en application.

 » Le système fiscal français est devenu très complexe, quasiment illisible, et les Français, trop souvent, ne comprennent plus sa logique ou ne sont pas convaincus que ce qu’ils paient est juste, que le système est efficace « , estime le premier ministre. Juste constat, qui valait tout autant lorsque la gauche a pris les manettes du pouvoir. François Hollande n’avait-il pas fait de la réforme fiscale un de ses 60 engagements, lui qui, au Bourget, en janvier 2012, déclarait :  » J’engagerai avec le Parlement la réforme fiscale dont notre pays a besoin. « 

Certes, depuis dix-huit mois, le gouvernement a beaucoup joué du piano fiscal, mais sans s’attaquer à la racine des problèmes. Contraint à des ajustements permanents, il n’a pas été en mesure de dégager une finalité claire – autre que la réduction des déficits. Donnant l’impression d’un tonneau des Danaïdes, le gouvernement s’est condamné à combler éternellement la vasque percée des finances publiques.

Aujourd’hui, il est arrivé au bout de l’impasse fiscale et budgétaire. Impasse parce qu’il se heurte à une hyperréactivité sur tout ce qui touche à la fiscalité. Parce qu’il va devoir agir lourdement sur la réduction des dépenses publiques, au rythme de 15 milliards d’euros annuels sur quatre années consécutives. Soit un effort global de 60 milliards auquel aucun gouvernement en France ne s’est jamais risqué, ce qui suppose des choix drastiques. Sans pouvoir disposer d’une quelconque bouffée d’oxygène du côté des recettes.

Les derniers chiffres en témoignent, et c’est sans soute ce qui aura convaincu M. Ayrault de passer la vitesse supérieure. L’argent ne rentre plus dans les caisses. Le dernier projet de loi de finances rectificative, présenté mercredi 13 novembre, fait état d’une chute de 11,2 milliards d’euros des recettes de l’Etat par rapport à la loi de finances initiale pour 2013 : – 3,1 milliards pour l’impôt sur le revenu (IR) ; – 3,8 milliards pour l’impôt sur les sociétés (IS) ; – 5,6 milliards pour la TVA, compensés pour 1,7 milliard d’euros par une hausse sur d’autres recettes fiscales, comme l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ou les droits de succession.

Certes, ces écarts avaient été corrigés en loi de finances rectificative, en même temps que la prévision de croissance initiale était ramenée de 0,8 % à 0,1 %. Néanmoins, le ministre délégué chargé du budget, Bernard Cazeneuve, a admis qu' » il y a effectivement de moindres rentrées fiscales « , mettant ce phénomène strictement au compte de la conjoncture et d’une croissance atone en 2012 et 2013. Le ministre assure que cela ne remettra pas en question la trajectoire de réduction des déficits publics.

Ce dont lui donne acte le président (UMP) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez, qui constate que l’objectif de baisse de la dépense inscrit au budget 2013 aura été tenu. Il s’alarme cependant d’une situation  » particulièrement préoccupante  » sur les moins-values de recettes fiscales, du  » jamais-vu « , selon lui, y voyant une possible  » modification du comportement des contribuables « . En clair, des stratégies d’évitement et de contournement de l’impôt, qui viendraient conforter la prédiction de Barthélemy de Laffemas, le conseiller économique d’Henri IV, selon laquelle  » les hauts taux tuent les totaux « .

 » On utilise des chiffres connus, on les ressort comme s’ils étaient nouveaux et on les impute à une évasion fiscale qui n’est absolument pas prouvée « , se défend M. Cazeneuve. Le ministre dénonce  » une véritable campagne organisée autour de la fiscalité destinée à alimenter la thèse “trop d’impôt tue l’impôt” « . Il n’en demeure pas moins que l’évolution spontanée des recettes est inférieure à celle de l’activité.

Cette baisse de l’élasticité – de l’ordre de 0,4 alors que les recettes devraient évoluer au niveau de 1 pour suivre le rythme de la croissance – grève les recettes publiques d’environ 8 milliards d’euros. Et, cette fois, il n’y a plus de quoi boucher le trou.

P. Rr

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Un prof fait-il 46 heures par semaine ?

Il est beau l’article du Monde que l’on nous présente ici. Le problème, c’est qu’il ne colle pas avec certaines de mes propres expériences. Plusieurs explications :

– Ou bien j’ai eu une expérience pour le moins malchanceuse. J’ai vu de nombreux profs, venir au collège ou au Lycée avec 5, 10mn de retard. J’ai vu des professeurs refuser de laisser les sujets des contrôles aux élèves car ils n’avaient pas de sujet de rechange pour les absents. J’ai vu des professeurs de sport incapable de courir un 50m. J’ai vu des professeurs rendre des copies de Français un mois après le contrôle. J’ai vu des professeurs faire 2 contrôles maximum par trimestre. J’ai vu un reportage récemment sur M6 où l’intérêt des élèves n’a pas été exprimé, ne serait-ce qu’une seule fois. J’ai vu, pendant trente ans, des grèves généralisées, d’ampleur, tous les deux ans. J’ai vu des professeurs de Lycée pousser leurs élèves à défiler dans la rue alors que leur Lycée n’était nullement impacté par une quelconque réforme. J’ai vu des professeurs effectuer un autre métier, au black, après leurs cours. Malchanceux, je suis ? Peut être.

– On a interrogé la crème de la crème des enseignants, qui, effectivement, font des horaires de dingue, sont à fond derrière leurs élèves et aiment ça. Ces professeurs sont les meilleurs et les plus méritants.

– Comme la valeur de ces enseignants repose sur leur seul témoignage, il y a un risque non nul que ces enseignants enjolivent la réalité. En clair, ils peuvent mentir.

Où est la réalité ? A vous de juger.

En attendant, dans le doute, j’ai arrêté de jouer au Loto.

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 19 Novembre 2013

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TéMOIGNAGES
 » Entre 42 et 46 heures par semaine « 

11-Novembre ou pas, Loïc Bonnas travaille ses cours. A 600 kilomètres de là, Erwann Baudart prépare, lui, des lignes d’écritures, dessinant de ces tracés où la boucle monte à trois interlignes avant d’opérer un atterrissage élégant… En ce jour férié, la France des profs a le cartable ouvert.

 » Le 11-Novembre n’a rien changé à mon emploi du temps, note Loïc Bonnas, prof de physique à Bellerive-sur-Allier (Allier). Cette année, je consacre mon lundi sans cours à préparer mes leçons et m’auto-former sur Internet.  » Ce jour-là, il réfléchit au cheminement qui permettra à ses élèves de 3e de comprendre ce qu’est un atome.  » Je ne refais pas tous mes cours tous les ans, seulement ceux que je ne trouve pas bons « , dit-il.

 » Il faut sans arrêt se réinventer « , lui répond comme en écho Erwann Baudart, instituteur à l’école Edouard-Herriot de Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis).  » Cette année, j’ai passé mes deux dernières semaines d’août à améliorer mon enseignement de la lecture en compilant de nouveaux manuels « , raconte celui qui vit comme un cadeau sa nomination à la rentrée en CP.  » Une année magique, parce qu’un enfant qui sait lire est changé à jamais « , aime-t-il rappeler.

S’il travaille pendant les vacances et les week-ends, c’est pour alléger ses journées et libérer ses soirées :  » Mes cours sont prêts à l’avance ; le soir, j’ai les cahiers à préparer et… l’imprévu à gérer.  » Comme Loïc, il insiste sur sa liberté d’organisation. Un luxe suprême.  » Rien n’empêche d’aller courir à 18 heures et de corriger les copies à 21 heures « , remarque le professeur de physique, adepte d’une coupure à la sortie des cours. Sport ou blog, car il est l’auteur du piquant  » Sacré Charlemagne « , qui explique en trois coups de cuiller à pot ce qu’est un bon élève en 2013…

Si Loïc appliquait le texte qui régit son métier, il enseignerait dix-huit heures par semaine, point final. C’est tout ce que reconnaît le décret de 1950 qui trace encore le cadre de sa pratique professionnelle, un demi-siècle plus tard. Erwann, lui, ferait ses vingt-quatre heures de présence devant sa classe de primaire et cent huit heures annuelles dévolues à côté à des tâches hors classe. Soit trois heures hebdomadaires.

Ni Erwann ni Loïc n’ont idée de leur temps de travail réel. L’instituteur se refuse tout bonnement à une estimation…  » Entre quarante-deux et quarante-six heures par semaine, hors les périodes de conseils de classe et de réunions avec les parents, avance le professeur de collège. Mais quand on aime enseigner, on a constamment ça en tête. C’est une attitude au monde « , ajoute Loïc. Pour preuve, Erwann a passé la moitié de son mois de juillet à personnaliser les murs de sa nouvelle classe.  » C’est du travail ? C’est du plaisir ? Les deux à la fois ! « 

Durant leurs trente-six semaines de classe, tous deux passent quatre jours dans leur établissement. Pour Erwann, c’est logique. Il est devant ses élèves de 8 h 30 à 16 h 30. Pour Loïc, c’est un choix. Il pourrait rentrer chez lui après ses dix-huit heures de cours.  » Une fois déduites les quarante-cinq minutes de cantine, j’ai calculé que je passais trente-cinq heures dans l’établissement, en salle des profs ou dans ma salle. Ces moments hors cours sont importants. Quand on travaille avec des adolescents, il y a toujours un sujet à évoquer pour être cohérents entre nous. « 

Sa mission de professeur principal d’une classe de 3e induit aussi une belle série de rendez-vous avec les familles.  » Le midi, le soir ou en journée, ça dépend des disponibilités des gens « , plaide-t-il. Pour Erwann, cette facette du métier est moins formelle :  » Il suffit que je traverse la rue à 16 h 30 pour voir les mamans. D’ailleurs, je n’hésite pas à le faire. Ce contact fait partie de mon métier « , insiste l’instituteur.

En plus de leur réflexion pédagogique, Erwann et Loïc ont un autre point commun : s’ils devaient choisir aujourd’hui, ils opteraient à nouveau pour le métier de professeur. Bien sûr qu’ils aimeraient une  » revalo « , une meilleure place dans la société. Mais après douze années, tous deux disent aimer de plus en plus leur métier.

Maryline Baumard

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