Entre le prof et l’élève, le plus immature n’est pas toujours celui que l’on croit…

Madame Najat Vallaud-Belkacem a mis en place une réforme du collège. Le syndicat SNPDEN-Unsa la juge inacceptable. Cette réforme irait-elle à l’encontre de l’intérêt suprême, par définition, de l’élève ?

Et bien non ! C’est parce que la réforme va à l’encontre, selon ce syndicat, de « l’autonomie et la responsabilité supplémentaires accordées aux établissements et à leurs chefs » !

On assiste donc à une petite guéguerre intestine entre les profs et les chefs d’établissement, ce qui fait que certains soutiennent la réforme et pas les autres…

Et moi qui croyais naïvement que chefs d’établissement et profs avaient comme ligne de conduite de privilégier l’intérêt de l’élève, car, après tout, ils sont payés pour ça et rien que pour ça !

Au lieu de ça, on assiste incrédules à un petit conflit larvé de défense de ses petits intérêts propres : c’est bien simple, on se croirait dans une cour d’école avec une immaturité au niveau d’élèves de CM1 qui se battraient pour savoir à qui appartient telle ou telle carte Pokemon !

Profs, chefs d’établissements, un peu de tenue voyons ! La France vous regarde et constate que le boulot d’éducation de nos enfants n’est toujours pas fait !

Le système coûte trop cher, a des résultats médiocres et est profondément inégalitaire, mais pendant ce temps là on se chamaille car une réforme donne plus de pouvoirs aux chefs d’établissement pour mener à bien des réformes. Après tout, si un chef d’établissement a des prérogatives de chef, n’est-ce pas normal ? D’un autre côté quand un chef d’établissement met en place des programmes sans l’assentiment des profs, ceci ne conduit-il pas à l’échec ?

Ce point dans la réforme de notre ministre est un détail, c’est un point d’une importance négligeable et cela ne mérite nullement autant de raffut… Il est temps que chaque camp en prenne conscience et s’attèle à la tâche pour résorber les véritables maux de notre Education Nationale en abandonnant définitivement toute tentative de privilégier ses intérêts propres !

Profs et chefs d’établissement : redevenez adultes et remémorez-vous que vous êtes là pour la défense de vos élèves !

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 08 Juillet 2015

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Les chefs d’établissement marchandent leur soutien

Après les politiques et les intellectuels, les académiciens et une partie des syndicats enseignants, la réforme du collège risque de rencontrer de nouveaux adversaires. Le SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d’établissement, a prévenu la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, lundi 6 juillet, qu’il  » décidera s’il continue d’apporter son soutien à la réforme du collège lors de sa conférence nationale  » en septembre. Cause de cette menace à peine voilée : la circulaire d’application de la réforme publiée au Bulletin officiel le 2 juillet. Ce mode d’emploi du nouveau  » collège 2016  » est jugé  » inacceptable  » par le SNPDEN-Unsa.

 » Par l’interprétation qu’elle apporte « , elle  » vide de son contenu la principale raison pour laquelle – le syndicat – a apporté son appui à la réforme du collège  » précisent les chefs d’établissement. C’est, selon eux, le cœur même de la réforme qui est remis en cause dans la circulaire d’application : l’autonomie et la responsabilité supplémentaires accordées aux établissements et à leurs chefs.

 » Lobby disciplinaire « 

La réforme prévoit en effet que les collèges puissent utiliser, comme ils le souhaitent, 20 % de leur emploi du temps sur du travail en petits groupes, de l’accompagnement personnalisé, ou pour les nouveaux  » enseignements pratiques interdisciplinaires  » (EPI). C’est d’ailleurs cette liberté accordée aux chefs d’établissement, considérés par certains comme les grands  » gagnants  » de cette réforme, qui fait craindre à ses détracteurs de les voir se transformer en  » petits chefs « . Et qui a mis dans la rue 24 % des enseignants le 19 mai, selon le ministère, et moitié moins lors de la journée de grève nationale du 11 juin.

Sauf que la circulaire, en fléchant fortement quel usage doit être fait des heures dévolues aux groupes à effectifs réduit,  » empiète systématiquement sur les compétences dévolues par le code de l’éducation aux instances de l’établissement « , juge le SNPDEN.

Le SNPDEN regrette aussi que la circulaire  » se mêle de fixer comment les élèves doivent être répartis dans les classes « , alors même que le code de l’éducation stipule queles collèges disposent d’une autonomie qui porte sur les modalités de répartition des élèves.

 » Soit on nous confie plus de responsabilités et on nous laisse ensuite travailler, soit le ministère fait tout et il n’a donc pas à nous demander notre avis « , s’agace Philippe Tournier, le secrétaire général du syndicat, qui indique toutefois qu’il ne s’agit pas pour le SNPDEN  » de devenir un adversaire de la réforme « .

Du côté du ministère on confirme bien que l’écriture de la circulaire  » vise évidemment à rassurer ceux qui pouvaient être inquiets  » mais sans remettre en cause la  » plus grande autonomie  » portée par la réforme.

 » A trop vouloir rassurer ceux qui ont peur, on prend le risque de démotiver ceux qui y croient et qui ont envie « , commente Frédéric Sève, du SGEN-CFDT, l’un des deux syndicats enseignants favorables à la réforme. Il s’agit maintenant de  » trouver le bon point d’équilibre, ajoute Christian Chevalier, du SE-UNSA, afin de rassurer d’un côté les enseignants, de l’autre les chefs d’établissement « .

Séverin Graveleau

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