Quand le Front de gauche ne sait plus où il est dans l’affaire Grecque

Décidément, il est bien dur d’être un idéologique pur et un idéaliste en oubliant les réalités économiques actuellement. Ce n’est pas le Front de gauche qui va affirmer le contraire…

Il ne sait plus où il est et il se cherche et c’est normal : à force de se dé-responsabiliser en permanence et de faire passer l’idéologie avant toutes les réalités économiques de base, quand elles nous rattrapent, on ne sait plus que faire, on ne sait plus que dire…

Comment dire qu’on peut dépenser sans compter et qu’on n’est pas obligé de gérer convenablement un budget quand on n’a plus un rond pour faire tourner le pays ? C’est la question que ne s’est jamais posé le Front de gauche et à laquelle il est sommé de le faire actuellement.

Il faut urgemment que le Front de gauche ne mette pas son idéologie avant les réalités : une économie se prévoit et se tient avec rigueur et quand elle n’est pas faite avec rigueur, on se plante.

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 18 Juillet 2015

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L’accord entre la Grèce et Bruxelles déboussole le Front de gauche
Les alliés français de Syriza sont partagés entre la dénonciation du texte et le soutien à M. Tsipras
La première expérience de la gauche radicale en Europe ne sera-t-elle qu’une parenthèse ? Alexis Tsipras a-t-il encore les moyens de gouverner après l’adoption par le Parlement grec, mercredi 15 juillet, de l’accord sur un nouveau plan d’aide européen grâce aux voix de l’opposition ? C’est la question que se posent ses alliés français du Front de gauche.

Lors de l’accession au pouvoir de Syriza, en janvier, ces derniers avaient placé de nombreux espoirs dans le jeune premier ministre grec pour faire la démonstration qu’une autre politique que celle de  » l’austérité  » était possible en Europe.

Six mois plus tard, le constat est rude. Au terme d’une négociation marathon, M. Tispras a été contraint de signer un accord auquel lui-même, a-t-il reconnu, ne croit pas. En France, les parlementaires communistes, qui avaient d’abord choisi d’afficher leur soutien à M. Tsipras, ont au final voté contre l’accord, mercredi.

 » Vengeance politique « 
Depuis, le Front de gauche joue les équilibristes entre soutien au leader de Syriza et condamnation de l’accord. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, juge ce dernier  » pourri et détestable « , mais refuse d’accabler le premier ministre grec.  » Quand on est partenaires, on ne se lâche pas, explique-t-il. Seul, Tsipras ne pourra pas y arriver.  » Au Parti de gauche, la préférence va désormais clairement à Yanis Varoufakis, l’ex-ministre grec des finances.  » On ne peut pas soutenir la position de Tsipras aujourd’hui, mais on refuse de confondre les victimes et ceux qui tiennent le pistolet « , estime Eric Coquerel, coordinateur politique du PG.

Les partenaires du Front de gauche jugent que la Grèce ne disposait pas du rapport de force nécessaire. Economiquement faible, étranglé financièrement, Athènes ne pouvait pas s’imposer. La situation était d’autant plus délicate que les manifestations de soutien à la Grèce, notamment en France, sont restées confidentielles.  » Si on n’est pas capable de mobiliser sur l’idée d’une autre construction européenne, on sera en grande difficulté « , met en garde Ian Brossat, adjoint communiste à la maire de Paris. Pour tous au Front de gauche, l’Eurogroupe a voulu faire un exemple avec la Grèce par peur d’une contagion si les Espagnols de Podemos venaient à remporter les élections législatives cet automne. Pour M. Brossat, il s’agit d’une  » vengeance politique  » :  » Il y avait la volonté très forte de mettre en échec la tentative d’une autre politique en Europe. « 

La crise grecque remet aussi en lumière les divergences au sein du Front de gauche sur la question de l’euro. C’est d’ailleurs le soulagement de voir Athènes éviter le  » Grexit  » qui explique une première réaction plutôt positive du PCF, lundi, à la suite de la signature de l’accord. » Pour nous, cela aurait été le drame absolu, indique un dirigeant communiste. Le fait que l’Allemagne échoue dans sa stratégie première a été vécu comme un point positif. Après, la réalité de l’accord s’est imposée. « 

Pour Pierre Khalfa, un des dirigeants d’Ensemble, la troisième force du Front de gauche, c’est précisément ce sujet qui a constitué le point faible de la Grèce.  » A partir du moment où la question de la sortie de l’euro était totalement exclue, le gouvernement grec était pieds et poings liés, juge celui qui est aussi coprésident de la Fondation Copernic. L’Eurogroupe avait compris que la Grèce n’avait pas de plan B.  » La conclusion de M. Khalfa est simple :  » Mieux vaut une sortie de l’euro qu’une capitulation en rase campagne. « 

 » Plan B « 
Contrairement au PG, le PCF ne s’inscrit pas dans une stratégie de  » plan A  » – établir un rapport de force au sein de l’Union – et de  » plan B  » – sortir de l’euro en cas d’échec.  » Si nous nous situons dans l’exclusion, ce sont les tenants de l’ordre actuel qui garderont la main « , prévient M. Dartigolles. Le porte-parole du PCF reconnaît cependant le besoin de  » remise à niveau  » des propositions européennes du Front de gauche.  » Et pas qu’un simple toilettage « , insiste-t-il.

Pour M. Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, la question de la sortie de l’euro se pose plus que jamais.  » Si demain nous arrivons au pouvoir, c’est indispensable d’avoir un plan B concret et réaliste, souligne-t-il. La Grèce vient de faire la démonstration que l’on ne peut pas changer quoi que ce soit dans le cadre de l’Europe des traités et de l’euro fort.  » Une délégation du Parti de gauche se rendra cet été en Grèce dans l’intention d’y rencontrer les principaux dirigeants de Syriza.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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