Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la solution de l’économie n’est-elle pas la meilleure ?

Entre la gestion des zones humides et des espèces protégées, il reste encore beaucoup de boulot avant le début des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Si les travaux sont votés, il faudra déménager l’aéroport existant ainsi que toutes les espèces protégées : là aussi un gros boulot…

On est donc pour le moins surpris d’apprendre que l’extension de l’aéroport existant pourrait être suffisant et pourrait plaire à tout le monde. Il suffit donc d’engager un référendum global et local en la matière plutôt que d’engager des travaux pharaoniques dont les impacts économiques ne sont pas très clairement démontrés.

Nantes a-t-elle besoin à ce point d’un nouvel aéroport alors qu’elle en a déjà un ? A priori des études vont dans ce sens.

A charge aux collectivités locales d’abandonner toute idéologie en la matière en se penchant sur ce projet afin d’économiser du temps et de l’argent au contribuable Nantais. A terme, il faudra aussi penser, comme je l’ai dit, à lui demander son avis.

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 18 Juillet 2015

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Derniers recours à Notre-Dame-des-Landes
Le tribunal administratif de Nantes jugeait vendredi dix-sept recours des opposants
Ce sera l’une des dernières confrontations judiciaires entre les opposants et les partisans du transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique vers le village de Notre-Dame-des-Landes. Vendredi 17 juillet, le tribunal administratif de Nantes devait se prononcer sur 17 recours déposés par les opposants au futur aéroport pour faire annuler deux arrêtés environnementaux pris par le préfet de Loire-Atlantique permettant au concessionnaire (Vinci Airports) de détruire les zones humides et déplacer les espèces protégées, préalables aux travaux.

Les magistrats vont de fait transférer ce très ancien dossier – le site de Notre-Dame-des-Landes a été choisi en 1967 – aux politiques. Le gouvernement a souvent déclaré que le chantier débuterait dès les ultimes recours jugés. Le premier ministre, Manuel Valls, avait même imprudemment évoqué l’échéance du printemps 2015. Il lui faudra donc trancher entre le démarrage du chantier et l’abandon ou le report du projet. C’est un dossier à haut risque : les  » zadistes  » qui occupent le site depuis cinq ans et les agriculteurs hostiles au projet n’ont pas l’intention de céder.

Mais le début des travaux n’est pas pour demain. Le tribunal devrait certainement rejeter les recours des opposants – l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa), le Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDpa), etc. –, ainsi que l’avait recommandé, le 18 juin, le rapporteur public, dont l’avis est souvent suivi. Les associations hostiles feront alors appel. Dans le cas contraire, ce seront la préfecture et Aéroport du Grand Ouest, filiale de Vinci Airports, concessionnaire du futur aéroport, qui feront appel.

Les anti-aéroports ont l’intention de contester un arrêté préfectoral en préparation concernant une espèce protégée, le campagnol amphibie. Oublié dans le texte précédent, le petit rongeur, qui apprécie la zone humide du bocage nantais, s’est invité dans le débat. Début avril, le Conseil national de protection de la nature (CNPN), organe consultatif du ministère de l’écologie, a rendu un avis défavorable (et consultatif) sur la demande de dérogation à l’interdiction de destruction de cette espèce protégée.  » Cet avis négatif du CNPN renforce le point de vue des naturalistes, renvoie à la faiblesse du dossier sur le plan environnemental et fragilise la position de l’Etat et de Vinci « , avait alors estimé François de Beaulieu, membre du collectif des Naturalistes en lutte.

Du côté de la préfecture, on avance que le projet d’arrêté sur le campagnol amphibie est prêt.  » Ce problème devra être réglé avant tout démarrage des travaux ; il faut compter un mois environ de consultation publique, estime Stéphan de Ribou, le sous-préfet en charge du dossier de Notre-Dame-des-Landes. Hormis ce point particulier, si l’ensemble est validé par le tribunal vendredi, le projet repart. « 

Le renfort inattendu de la CGT
Outre le problème des campagnols, des tritons crêtés ou marbrés, des grands capricornes ou encore des flûteaux nageants, et celui de leur déménagement qui ne peut se faire qu’à certaines périodes, les arguments des opposants se sont portés dernièrement sur le plan économique et social.

Le transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Bouguenais, à 10 km au sud-ouest de Nantes, vers Notre-Dame-des-Landes, à 20 km au nord de l’agglomération, n’est pas nécessaire selon eux. Dans leur démonstration de la viabilité de l’actuel aéroport, ils viennent de recevoir un renfort de poids, et plutôt inattendu : la CGT de Loire-Atlantique.

Des militants du syndicat diffusaient un tract et une brochure expliquant ce choix, lors du rassemblement national des opposants, à Vigneux-de-Bretagne, le week-end des 11 et 12 juillet. Depuis quatre ans, la CGT a étudié toutes les facettes du dossier.  » Le maintien de l’aéroport sur le site actuel, avec toutes les améliorations nécessaires (…) présente davantage d’atouts que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes « , résume le syndicat.

Ce ralliement, qui n’a guère enchanté le Parti communiste local, favorable au projet de nouvel aéroport, fait écho à l’intense travail réalisé par les opposants. L’Atelier citoyen, qui réunit depuis sept mois des individus, experts ou non, a publié deux cahiers,  » Economie et emplois  » et  » Finances « , aux conclusions selon eux sans appel.  » Nous avons épluché les moindres détails du modèle financier présenté par Vinci et nous démontrons que, en restant sur l’ancien aéroport, et en le modifiant, tout le monde y gagne : l’Etat, Vinci, les collectivités et donc les citoyens « , explique ainsi Jean-Marie Ravier, chef d’entreprise engagé contre le projet de Notre-Dame-des-Landes.

 » Le maintien de Nantes-Atlantique n’est pas une option que nous étudions, rétorque Eric Delobel, directeur délégué Ouest de Vinci Airports. Notre mission en tant que concessionnaire est de travailler à la réalisation du transfert de cet aéroport. « 

R. Bx.

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