Texte Libre

...Mes coups de coeur
...Mes coups de gueule
...Mes joies
...Mes peines
...Mes espoirs
...Mes désespoirs
La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 07:00
Heureusement que l'Elysée est là pour remonter les bretelles à Pépy, sinon il n'en aurait rien à foutre des désagréments de sa clientèle puisque il ne sait pas et n'a jamais su ce qu'était un client... Donc, bien évidemment, si la SNCF se montre généreuse au remboursement, ce n'est en rien grâce à ce con de Pépy, mais bel est bien à cause de Sarko qui lui intime l'ordre d'être professionnel... pour une fois.

Ca relève quand même du grand-guignolisme que de savoir que les Eurostar ont été bloqués à cause de quelques malheureux flocons de neige ! Si le tunnel avait été construit entre Marrakech et Marseille, je veux bien comprendre que la neige puisse causer des dégats vu la fréquence de la neige à ces lattitudes, mais enfin, entre la France et l'Angleterre, on sait ce que représente la neige tout de même !

Quant aux critiques faites sur le manque d'information, malheureusement, elles sont plus que justifiées, puisqu'à chaque fois c'est la même histoire ! Il faut savoir que 90% du personnel à la SNCF souffre d'incompétence manifeste et qu'il est bien plus prompt à faire grève qu'à se préoccuper de ses clients ! Quand on dit que la SNCF est la boîte la plus incompétente de France, on a raison !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 décembre 2009

********

et ses TGV accusés de défaillances répétées
Nicolas Sarkozy juge " invraisemblable " le blocage de 2 000 passagers

Il n'y a aucune contestation possible sur la responsabilité des motrices dans les pannes de cinq Eurostar restés bloqués dans le tunnel sous la Manche dans la soirée du vendredi 18 décembre. Plus de " 2 000 personnes ", selon l'Elysée, ont été contraintes d'y passer une nuit d'inconfort et de rage.

L'information a été donnée lundi 21 décembre par Guillaume Pépy, le président de la SNCF et d'Eurostar, au président de la République Nicolas Sarkozy qui l'avait convoqué, jugeant " absolument invraisemblable " cette " façon de traiter les gens " et de les laisser " sans information ".

A très grande vitesse, les motrices de queue des TGV avaient accumulé depuis Paris jusqu'à 30 cm de neige très pulvérulente, qui ont fondu dans le compartiment moteur sous l'effet de la chaleur du tunnel (24°). " Nos pare-neige n'ont pas fonctionné, explique Nicolas Petrovic, directeur général adjoint d'Eurostar, et l'eau a atteint les composants électroniques, qui ont cessé de fonctionner. "

L'obturation des interstices des trains a été testée avec succès durant le week-end, " ce qui nous autorise à reprendre le trafic entre Paris et Londres, mardi 22 décembre, à la cadence de deux trains sur trois prévus, en donnant la priorité aux 40 000 passagers bloqués par l'interruption du trafic de samedi à lundi ", annonce M. Petrovic. Les voyageurs bloqués dans le tunnel se verront rembourser deux fois le prix de leur billet, ainsi que leurs frais d'hôtel et de taxi, et recevront 170 euros.

Reste à expliquer pourquoi les dépannages n'ont pas été plus rapides. " Aucun des scénarios- catastrophes auxquels nous entraînons nos équipes ne comportait un tel enchaînement de problèmes ", soupire Pascal Sainson, directeur des opérations d'Eurotunnel et de la cellule de crise au cours de la nuit fatidique. Lorsque l'Eurostar 9157 avertit à 20 h 59 le PC d'Eurotunnel qu'il est en panne, deux locomotives diesel de secours sont préparées du côté britannique. Elles se mettent en route à 21 h 09. Elles tracteront le TGV en panne jusqu'à Londres, où il arrivera vers minuit.

La voie étant libre, deux autres Eurostar sont autorisés à traverser le tunnel. Ils tombent tous deux en panne sur la voie sud. Pour ne pas stopper le trafic, le PC autorise les deux Eurostar suivants à passer sur la voie nord, comme le permet la présence d'embranchements : ils s'y immobilisent à leur tour.

Les pannes s'accumulent. L'alimentation électrique de deux des quatre trains s'arrête. Ils ne sont plus alimentés que grâce à leurs batteries, et la cellule de crise active le plan " Binat " (binational) qui prévoit leur évacuation par les pompiers et la police.

Première complication, ces deux TGV sont arrêtés sur des intersections de tunnels et non en parallèle avec le tunnel de secours, c'est-à-dire que le transbordement ne se fait pas de quai à quai, mais par des escaliers mal commodes.

Deuxième problème, certains passagers ont quitté leur train de leur propre chef et n'ont pas attendu les ordres des secouristes. Tous ont pris leurs bagages, contrairement au règlement, ce qui complique encore le transfert de 1 364 personnes vers les navettes de secours. Même si elle ne met personne en péril, la pagaille est à son comble.

Un peu avant 4 heures du matin, ces voyageurs sortent du tunnel du côté britannique à bord des navettes. A 4 h 45, les deux derniers TGV en panne sont poussés ensemble hors du tunnel par les motrices diesel venues de France.A 5 h 30, Eurotunnel rétablit le trafic de ses navettes, camions, cars et voitures, dont les motrices sont étanchéisées, c'est-à-dire que le système de refroidissement de leur moteur comporte des filtres empêchant l'entrée d'humidité. Elles ne craignent pas la neige.

Une commission d'enquête a été réclamée par Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports. Composée de Christopher Garnett, ancien directeur commercial d'Eurotunnel, et de Claude Gressier, inspecteur général des Ponts et Chaussées, elle analysera les carences constatées en matière d'information des passagers.

L'eurodéputé (UMP) Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse, se trouvait avec sa famille dans l'un des Eurostar paralysés. Il a dénoncé " l'inertie totale d'Eurostar ". Cette filiale de la SNCF, du britannique LCR et du belge SNCB a rejeté la responsabilité du manque d'informations sur Eurotunnel. Celui-ci a répliqué que sa cellule de crise avait informé les chefs de train en permanence, mais qu'il ne lui appartenait pas de communiquer avec les passagers.

Cette carence est un grand classique du monde ferroviaire français. Essentiellement préoccupée de sécurité et malgré une formation de ses personnels de bord, la SNCF peine depuis toujours à donner à ses voyageurs une information claire et circonstanciée en cas de graves perturbations.

Alain Faujas
Par James Hetfield - Publié dans : SNCF
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 07:00
Il est de notoriété publique que la Russie est un pays anti-démocratique. Et bien, non seulement, elle est anti-démocratique, mais, en plus, elle emmerde le monde !

La preuve : elle ne prend absolument pas ses responsabilités en matière climatique. Elle se fout de Copenhague et attend que la réunion se finisse tranquillement.

No comment.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Décembre 2009

********

La délégation russe aux abonnés absents

Où est passée la Russie ? Depuis le début des négociations, le troisième pays pollueur de la planète est littéralement invisible. Les Russes n'ont donné qu'une conférence de presse d'une demi-heure quand les autres grands acteurs en organisent une, voire deux par jour. Les journalistes russes eux-mêmes jouent à cache-cache avec les représentants de leur pays. Sans plus de succès d'ailleurs. La pièce officiellement attribuée à la Russie dans le bâtiment qui sert de quartier général à toutes les délégations reste désespérément vide. " Ils doivent être quelque part en ville ", imagine un reporteur russe en avouant qu'il a abandonné la partie.

Les négociateurs font le même constat. " Les Russes, on les voit très peu, on ne sait pas exactement ce qu'ils veulent et on ne sait pas qui décide vraiment ", dit l'un deux. La délégation envoyée par Moscou est famélique : une quinzaine de personnes. Même certains pays pauvres sont parvenus à faire mieux.

Pour vivre heureux, vivons cachés : telle semble être la doctrine russe. Le pays qui, en ratifiant le protocole de Kyoto en 2004, a permis l'entrée en application du traité adopté sept ans plus tôt, a obtenu en échange, des conditions très avantageuses avec pour seule obligation de stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2012. Objectif aisément atteint : avec l'effondrement de l'économie soviétique et la fermeture de nombreux sites industriels, le niveau d'émission est en Russie de 30 % inférieur à celui de 1990 et le pays dispose d'un montant considérable de crédits carbone potentiellement monnayable.

Le pays gouverné par Dmitri Medvedev, qui sera présent au sommet des chefs d'Etat, s'est engagé à ne pas vendre massivement ces crédits pour ne pas déstabiliser l'architecture de Kyoto. Mais il ne compte pas pour autant tirer un trait sur ce pactole et négocie de pouvoir reporter ses droits à émettre après 2012. De même on s'attend à ce que la Russie réclame de pouvoir comptabiliser plus favorablement les puits de carbone que représentent ses immenses forêts pour améliorer encore son bilan.

Les engagements qu'elle met sur la table à Copenhague (- 25 % d'émissions par rapport à 1990) sont, dans ces conditions, faussement ambitieux. Compte tenu du gaspillage énergétique que continue de pratiquer ce grand producteur de pétrole et de gaz, la Russie dispose d'énormes réserves d'économies d'énergie et pourrait faire beaucoup mieux. Mais la volonté politique n'y est pas.

Laurence Caramel (Copenhague, Envoyée spéciale)
Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 07:00
La Suisse n'est pas contente que la France utilise des données volées de la part de banques hébergées en France ? Et bien que la Suisse aille se faire foutre ! On l'encule la Suisse ! On s'en bat les couilles !

Le secret bancaire est une plaie car il permet la fraude et l'évasion fiscale à grande échelle par quelques privilégiés en empêchant que l'imposition sur eux se fasse et en empêchant une redistribution équitable envers des classes moins favorisées.

En clair, l'impôt doit pouvoir s'appliquer à tous. Dans des proportions raisonnables, certes, mais l'impôt doit pouvoir s'imposer à tous dans la mesure des moyens de chacun.

Or, le secret bancaire est un crime contre l'humanité car il permet à certains riches de s'affranchir de leur obligation et de s'affranchir de la redistribution de leur revenu vers certains de leurs concitoyens. Ainsi, la Suisse se rend coupable d'être le complice de l'enculage généralisé des classes moins aisées par des connards qui ont oublié que leur fortune venait aussi de ces classes.

La Suisse n'est pas heureuse de cette situation ? On s'en fout ! La France utilisera ces données, volées ou non, pour pouvoir récupérer une partie de l'argent planquée par des enculés : c'est ça la justice sociale !

Pour une fois, j'applaudis les méthodes de notre gouvernement en la matière des deux mains... et j'emmerde la Suisse !

La France a été à l'origine des Droits de l'Homme et du Citoyen, et jamais, au grand jamais, les Droits de l'Homme n'ont inclus le secret bancaire et l'évasion fiscale. La Suisse, ce pays de lâches et de racistes (quoique la France, avec ces 18% de votes FN en 2002 n'est pas le pays le plus blanc qui soit en la matière...), ne mérite donc que mon plus profond dédain.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Décembre 2009

********

Pour Berne, Paris a acquis illégalement des données

Genève Correspondance

Une semaine après le déclenchement de l'affaire HSBC, le Conseil fédéral (gouvernement) suisse s'est décidé à contre-attaquer. S'exprimant mercredi 16 décembre, à Berne, au côté de la ministre de la justice et de la police, Evelyn Widmer-Schlumpf, Hans-Rudolf Merz, le président de la confédération et ministre des finances, a estimé qu'il n'était " pas concevable que Paris utilise des données acquises de façon illégale " par Hervé Falciani, l'informaticien ancien employé de la filiale genevoise de la banque britannique HSBC, aujourd'hui réfugié en France.

M. Merz a proposé au Parlement fédéral de suspendre le processus de ratification de la nouvelle convention de double imposition (CDI), signée en août avec Paris. Dans cet accord révisé, Berne avait accepté le principe de l'échange d'information sur demande tant en matière de fraude que d'évasion fiscale. M. Merz a expliqué qu'il attendait désormais des autorités françaises qu'elles lui fournissent " des informations détaillées " sur la manière dont les fichiers avaient été obtenus (130 000 noms selon le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, dont ceux de 3 000 Français transmis au fisc) et surtout sur l'usage qui en serait fait.

Evelyn Widmer-Schlumpf a indiqué qu'elle allait envoyer une protestation officielle à la justice française, exposant sa chronologie de l'affaire HSBC. Elle a expliqué que le ministre public de la confédération avait ouvert une enquête le 29 mai 2008 contre Hervé Falciani et sa complice au sein d'HSBC pour présomption de service de renseignements économiques et soustraction de données. Dès décembre 2008, le ministère public a été averti par des autorités étrangères que M. Falciani tentait de vendre des données bancaires volées chez HSBC, pour de très fortes sommes. Ce dernier est auditionné puis relâché. Il fuit en France le 22 décembre.

Le 9 janvier 2009, les Suisses adressent une commission rogatoire en France pour perquisitionner le domicile de l'informaticien et saisir son ordinateur. C'est chose faite le 22 janvier en collaboration avec les Suisses. Mais quand le 3 février, ces derniers demandent qu'on leur restitue les données saisies, Paris répond que c'est impossible, " l'ordinateur contenant des informations dépassant le cadre de notre demande d'entraide judiciaire " a expliqué Mme Widmer-Schlumpf. Depuis les Franais n'ont pas donné suite. Le procureur fédéral Carlo Bulletti a précisé que ses services n'avaient " à aucun moment transmis des données bancaires ou des codes de déchiffrage aux autorités françaises " pour décrypter les fichiers de l'informaticien en fuite.

Ces déclarations contredisent la version d'Eric de Montgolfier. Celui-ci a affirmé à plusieurs reprises avoir reçu des Suisses les " mots-clés " permettant d'avoir accès à l'ordinateur portable de M. Falciani dans le cadre de la demande d'entraide judiciaire de Berne. Le procureur dit ensuite avoir fait des " découvertes intéressantes " qui lui ont permis d'ouvrir une instruction pour présomption de blanchiment d'argent et l'ont poussé à transmettre certaines données à la direction générale des impôts.

En Suisse, cette version des faits est perçue comme une tentative des autorités françaises de " blanchir " des données volées, pour pouvoir les utiliser dans des redressements fiscaux. Depuis une semaine, les réactions outrées devant ces " méthodes de voyou " fusent, essentiellement des milieux bancaires et des cercles politiques de droite. Les socialistes et les verts estimant, eux, que si la tricherie fiscale n'est pas acceptable, la France n'avait pas à agir dans l'illégalité.

Le 10 décembre, quelque 40 députés de droite du Conseil national (la chambre basse du Parlement) avaient signé une interpellation au conseil fédéral, intitulée " La France viole-t-elle l'Etat de droit en toute impunité ? " Ils laissaient entendre que dans un tel contexte, ils n'étaient pas prêts à ratifier la convention de double imposition signée avec Paris.

Les conséquences de cette suspension inquiètent certains. Stéphane Rossini, vice-président du parti socialiste, a estimé que la Suisse, à peine sortie de la liste grise de l'OCDE, se devait de " continuer ses collaborations internationales ", si elle ne voulait pas subir de " très très fortes pressions ".

Agathe Duparc
Par James Hetfield - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 07:00
C'est un article édifiant qui est présenté ici. Un article où l'on montre que les droits de l'homme sont continuellement violés en Ingouchie, sous l'indifférence internationale générale.

La Russie, l'un des pays les plus anti-démocratiques qui soient, y pratique des exécutions en masse sous une terreur générale.

Medvedev et Poutine n'ont donc rien à envier aux bouchers qu'étaient Hitler et Napoléon en la matière... sauf que ça se passe aujourd'hui...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Décembre 2009

************

Ingouchie Les masques de la terreur
Dans leur lutte contre la guérilla islamiste, les responsables du contre-terrorisme russe multiplient en toute impunité les exactions dans la petite République caucasienne

Avec ses maisons de briques rouges, ses oies, ses potagers, l'Ingouchie, république du Caucase au sud de la Russie, a l'apparence d'un gentil comté bucolique. A l'aéroport, pas de contrôles, pas d'hommes armés comme jadis, à l'époque des guerres russo-tchétchènes (1994-1996 et 1999-2002), mais des familles qui se donnent l'accolade. Sur le parking, un groupe d'hommes âgés marchande âprement des bottes traditionnelles, cuir noir et talons plats, qui passent de main en main.

Malgré ce calme apparent, cette république musulmane, voisine et cousine de la Tchétchénie, ne connaît pas de paix. Une guerre larvée fait rage entre les forces de l'ordre et la guérilla islamiste. Explosions, tirs, assassinats sont le lot quotidien. Depuis le début de l'année, les violences ont fait 260 morts, policiers, poseurs de bombes et civils confondus, selon les données de Mashr, une organisation ingouche des droits de l'homme créée par les familles des victimes.

Sur la grand-route, les signes de la guerre sont là. Pendant le déminage des bas-côtés, une colonne de blindés marque le pas. Les tankistes portent des masques noirs, les démineurs aussi. Dans cette zone du Caucase en proie à la violence, les hommes masqués sont partout.

Leïla Plieva, la soixantaine, ne vit plus depuis qu'ils ont embarqué son fils Aliskhan. Le 4 novembre, jour de la fête nationale russe " de l'Unité ", Leïla se reposait chez elle, dans le petit bourg de Plievo. A midi, six voitures sans plaque d'immatriculation ont encerclé la maison, une vingtaine d'hommes armés et masqués se sont rués à l'intérieur pour s'emparer du jeune homme. Ligoté, un sac scotché sur la tête, Aliskhan a été jeté sur la banquette d'une voiture. L'opération a duré quelques minutes. Qui sont-ils ? Où l'ont-ils emmené ? Pourquoi ? Leïla ne sait pas. " C'est pas tes affaires ! ", lui ont répondu les masques quand elle a demandé des nouvelles de son fils. Une chose est sûre : Aliskhan, 29 ans, a disparu.

Avant cette disparition, cette mère de huit enfants ne s'intéressait ni aux assassinats ni aux enlèvements. Prise par sa vie de famille et son travail de laborantine au dispensaire de Nazran, la capitale ingouche, elle en avait vaguement entendu parler, mais elle " n'y prêtait pas attention ".

Cette femme digne, blouse blanche et foulard à croisillons bleus noué sur la tête, nous reçoit au dispensaire. Une fois la porte du petit cabinet médical refermée, elle confie son angoisse : " Si mon fils a fait quelque chose, qu'on le juge ! Qu'on le fusille s'il est coupable ! Tout, plutôt que cette incertitude ! "

Leïla a élevé quatre garçons et quatre filles. Tous ont fait des études, presque tous ont un métier, une anomalie dans cette région agricole et pauvre, où le chômage des jeunes atteint 80 %. Sa fille aînée est chirurgien à l'hôpital local, le cadet étudie à l'Académie des troupes des missiles stratégiques à Saint-Pétersbourg. La famille n'est pas pratiquante, n'a pas de lien avec la guérilla, ne s'intéresse pas à la politique.

De santé fragile, Aliskhan donnait un coup de main à ses frères aînés dans leur atelier de menuiserie. Le soir, il étudiait l'économie par correspondance. " Il sortait peu, n'allait pas à la mosquée ", rapporte sa mère. Après l'arrestation, elle et son mari ont frappé à toutes les portes : commissariats, parquet, ministère de l'intérieur. Le président ingouche, Iounous-Bek Evkourov " a été averti, il a donné des ordres mais il faut croire qu'il n'y peut rien ", dit-elle en écrasant une larme avec le poing.

A ce jour, personne ne sait où est son fils, encore moins qui le détient. Leïla pense qu'il est aux mains " des services ". Elle les a reconnus à leur tenue de camouflages. Et " qui, sinon eux, peut se permettre de mettre des masques et de circuler dans des voitures sans plaque d'immatriculation ? ", explique-t-elle la voix tremblante de colère.

Au nom de la lutte contre le terrorisme, les hommes masqués ont tous les droits. Ils encerclent les maisons, se faufilent dans les cours, emmènent les jeunes hommes ou les tuent sur place. Ils se présentent rarement, arrêtent sans mandat. L'impunité leur est garantie. Ils sont au-dessus des lois, " au-dessus de tout ce qui vit ", comme résumait l'écrivain Alexandre Soljenitsyne à propos de la police politique soviétique (NKVD, Guépéou, MGB), le bras armé des purges staliniennes.

Dans la grande salle à manger de la ferme familiale, au 55, rue Pavlova, à Ordjonikidzevskaïa, Aminat Makhloeva se morfond elle aussi dans l'angoisse. Son fils Maskhoud a été emmené le 29 octobre par des hommes masqués, son maillot de corps retourné sur la tête, le tout scotché avec du ruban adhésif. Khamoutkhan, le père, son petit chapeau musulman traditionnel sur la tête, veut croire que son fils " est encore vivant ".

La demeure est spacieuse et claire avec ses murs blanchis à la chaux, les objets sont rares. " Lors d'une perquisition en 2008, les policiers ont volé la chapka et le kinjal - couteau traditionnel - du grand-père et d'autres objets ", explique le père, un ancien maçon. Il est allé se plaindre aux autorités, sans suite.

Un peu plus loin à Sleptsovsk, les Albakov sont encore sous le choc. Le 10 juillet, les hommes masqués ont emmené le fils, Batyr, 26 ans, ingénieur mécanicien à l'aéroport local, pour " une vérification d'identité ". Il n'est pas revenu. Onze jours plus tard, son corps a été retrouvé dans un bois à Archty en Ingouchie. Selon la version officielle, Batyr, " un combattant " selon les médias, a été tué lors d'une " opération spéciale " de la police tchétchène conduite par le député de la Douma (Chambre basse du Parlement russe) Adam Delimkhanov.

A Moscou, l'information est prise au sérieux. Sur place, personne n'y croit, surtout pas les médecins qui ont vu la dépouille mortelle. Outre deux impacts de balle, le corps de Batyr portait des marques de torture - hématomes, coups de couteau - et sa main gauche était " à moitié arrachée, découpée à l'arme blanche ", selon les médecins. La famille va porter plainte, sans illusions. Les bourreaux " sont intouchables ". L'ultime espoir réside en la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg (CEDH). Des compensations sont versées aux familles des victimes d'exactions, mais les recommandations de la Cour ne sont pas appliquées.

Les disparus restent disparus, les coupables ne sont jamais retrouvés, comme c'est le cas en Tchétchénie. Les 467 000 Ingouches (recensement de 2002), colonisés par les tsars au XIXe siècle, déportés par Staline en 1944, vivent aujourd'hui une répression presque comparable à celles subies par leurs voisins tchétchènes, le peuple frère, même si, eux, n'ont jamais eu de velléités de se détacher de la Russie. L'impunité est totale. Albert, juriste de l'organisation de défense des droits de l'homme Memorial à Nazran assure que, " en six années de travail à Memorial ", il n'a " pas vu une seule affaire résolue parmi celles qui sont passées devant les juges à Strasbourg ".

S'adresser à la Cour européenne n'est pas sans risques. En janvier, Zinaïda, la femme d'Adam Medov, un Ingouche enlevé en 2004 par les forces russes de sécurité, s'est vu allouer 35 000 euros par la CEDH. Entre-temps, elle a dû quitter la Russie. De l'argent lui avait été proposé en échange du retrait de sa plainte. Comme elle refusait, les menaces ont suivi, elle a fait ses valises. Les hommes masqués n'aiment pas la publicité.

Derrière les masques se cachent les représentants de l'ORB2, une division du ministère de l'intérieur placée sous les ordres directs du pouvoir fédéral. Le général Arkadi Edelev, un ancien des services de sécurité (FSB) devenu vice-ministre de l'intérieur de Russie, est leur grand patron. Ces escadrons sont constitués de Russes envoyés en mission dans la région, qui agissent avec le soutien d'auxiliaires tchétchènes (les nervis du président Kadyrov, appelés " Kadyrovtsy ") et ingouches.

Le QG de l'ORB2 est à Grozny. En Ingouchie comme en Tchétchénie, ses représentants arrêtent sur dénonciation ou d'après des listes de suspects établies dans chaque village avec l'aide de la police, de l'imam et d'informateurs. " Ils travaillent n'importe comment, se trompent dans les identités, on dirait qu'ils ne savent pas vraiment qui ils arrêtent ", déplore Timour, qui dirige le bureau de Memorial, à Nazran.

Fondée en 1989 par l'ancien dissident Andreï Sakharov, Memorial est une des rares organisations à rendre compte des exactions dans le Caucase. Le 15 juillet, Natalia Estemirova, l'âme du bureau de Grozny, a été enlevée puis exécutée. Comme elle, tous ceux qui dénoncent, enquêtent, témoignent, se battent pour le respect des lois et des libertés, risquent la mort.

Les défenseurs des droits de l'homme ne pèsent pas lourd face aux hommes masqués. Leurs méthodes sont celles du NKVD à l'époque des purges staliniennes. Les dénonciations et les aveux sous la torture ont valeur de preuves. La balle dans la tête est l'option qu'ils préfèrent. La menace et la peur jouent les premiers violons. " C'est parce que les gens ont peur que les services peuvent se permettre d'agir comme ils le font ", explique Timour, à Nazran.

Le 6 août, lors d'une " opération spéciale " dans le village ingouche de Kantychevo, les hommes masqués se sont emparés d'Adam Khatouev, 21 ans. D'après la famille, ils l'ont exécuté froidement dans la cour de la ferme familiale avec un pistolet. Après avoir tiré plusieurs fois en l'air, ils ont déposé l'arme sur le cadavre, " un combattant ", diront les agences de presse locales. Après, les forces spéciales sont allées chez les voisins pour relever les identités. Quand les représentants de Memorial sont passés juste après pour recueillir les témoignages, personne ne voulait parler. Les gens avaient peur. Ils ont fini par dire ce qu'ils avaient vu à condition que leurs noms ne soient pas cités. Or, " sans témoins, pas de poursuites ", explique Timour.

Magomed Moutsolgov, qui dirige l'association Mashr pour la recherche des disparus (175 personnes depuis 2002), dénonce un " système de terreur commun à toute la région ". Staline disait : " Pas d'homme, pas de problèmes ", ce principe est plus vivant que jamais, assure-t-il. Lui aussi reçoit des menaces, il préfère ne pas y penser. Songe-t-il à émigrer ? " Si je pars, qui va faire mon travail ? "

Son nom figure sur une liste de personnes à éliminer. Il l'a su au mois d'août. La liste comportait aussi le nom de l'opposant Makcharip Aouchev. Il a été tué par balles au volant de sa voiture, sur une route de Kabardino-Balkarie, une république voisine, le 25 octobre. Enrichi grâce à la vente de matériaux de construction, militant actif de l'opposition, il avait ses entrées partout. Pas une manifestation, pas une pétition ne se faisait sans son concours. Sa mort a suscité un tollé en Ingouchie.

En 2007, Makcharip Aouchev avait réussi à sortir son fils et son neveu des griffes des hommes masqués. Pire, il avait révélé l'existence de leur prison secrète à Goïti, un village en Tchétchénie. Les deux jeunes garçons avaient été libérés, in extremis. Un peu plus et ils étaient passés par les armes. Signe d'une exécution programmée, leur passeport et leurs effets personnels avaient été brûlés.

" Les services n'ont jamais pardonné à Makcharip. Ils l'ont tué. C'est un message venu de très haut : taisez-vous sinon on vous fait la même chose ", dénonce un de ses proches, soucieux que son nom ne soit pas divulgué. Il raconte comment, quelques semaines avant sa mort, le 15 septembre, Makcharip était invité à une réunion du conseil de sécurité à Magas, où siège l'administration. Il avait eu un entretien avec un haut gradé du FSB. Sur le chemin du retour, des hommes en uniforme avaient tenté de l'enlever, il leur avait échappé. " Un mois et demi après, ils ont fini par l'avoir ! Et ça va continuer. C'est un système. La Russie n'a plus besoin de la peine de mort puisque les opposants sont tués à chaque coin de rue ", assure son ami.

L'assassinat de Makcharip Aouchev a porté un coup à la crédibilité du président ingouche Iounous-Bek Evkourov. Nommé il y a un an par le Kremlin en remplacement d'une direction brutale et corrompue, le nouveau président a gagné la confiance de son peuple. Il est accessible, reçoit ses concitoyens, les écoute, n'hésite pas à consulter les militants des droits de l'homme. A l'unisson du Kremlin, ce général du renseignement militaire (GRU) parle de " liquider " les chefs de bande soutenus " par les services étrangers ", mais il comprend aussi que les méthodes des services russes sont le meilleur terreau pour développer l'extrémisme qu'ils prétendent combattre.

Récemment, il a interdit le port des masques, les arrestations sans mandat, les voitures sans immatriculation. Mais quel levier a-t-il contre les puissants siloviki, ces hommes en épaulettes issus des services et proches du premier ministre, Vladimir Poutine ?

Pour Magomed Moutsolgov, le président Evkourov, doté des meilleures intentions, " n'a aucun contrôle ni sur les forces de l'ordre ni sur les services ". Même s'il salue le petit vent de liberté amené par l'arrivée du général, il estime que les enlèvements et les assassinats ont redoublé d'intensité ces derniers mois. " Le système n'a pas changé ", soupire-t-il.

Sur la route de l'aéroport, les démineurs ont gardé leur masque. Dans l'autobus, des femmes âgées, en fichu, leur sac serré sur les genoux, conversent à voix basse. Au poste de contrôle, à la sortie de Nazran, elles hochent la tête d'un air entendu. Un soldat debout sur son blindé regarde passer le bus, le regard hautain sous son masque. L'une des femmes me chuchote à l'oreille : " L'ours russe nous a colonisés par le sang, nous a déportés en Asie centrale en 1944, a tué 150 000 Tchétchènes pendant la guerre, et maintenant il nous chasse comme des lapins sur un champ de tir. " p

Marie Jégo
Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 07:00
Dans le monde merveilleux de la photographie de basket, il arrive que deux photographes fassent feu au même moment.

Ainsi, une photo du journal  "L'équipe" montre cette photo :

le-mans-gagne-a-villeurbanne

Quand une photo d'un de mes amis proche montre celle-ci :

vilman09

Marrant non ?
Par James Hetfield - Publié dans : Basket
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés