Texte Libre

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...Mes coups de gueule
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...Mes peines
...Mes espoirs
...Mes désespoirs
La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 07:00

Je suis assez d'accord avec cet article. On y parle du fait que la déchéance de nationalité puisse induire un biais dans l'égalité du citoyen face à la Loi. Est-ce bien constitutionnel tout ça ? Car on ne peut pas générer des apatrides, cette déchéance ne pourra intervenir que vis à vis des gens d'origine étrangère. Depuis quand ? Nul ne le dit, et c'est ce qui fonde l'aspect pour le moins controversé de la mesure....

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Août 2010

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La déchéance de la nationalité est une habileté tacticienne, mais un danger pour la République

Les Français de toutes origines qui se sont élevés contre la nouvelle annonce du président de la République proposant de déchoir de sa nationalité toute " personne d'origine étrangère " qui aurait " volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique " seraient des idéologues, enfermés dans une vision du monde systématiquement antirépressive et antisarkozyste.

C'est ce que veulent laisser croire plusieurs représentants de l'UMP. Coupés des réalités, ces intellectuels et autres militants. Coupés, aussi, de l'opinion publique. Bref, du pain bénit pour nos gouvernants, qui paraîtront ainsi raisonnables, conscients, eux, de la gravité de certains faits - comme l'excision, qu'Eric Besson envisage d'ajouter à la liste des crimes susceptibles d'une déchéance de la nationalité.

La ficelle est si grosse que l'esprit tacticien révèle ici sa défaite. En réalité, les Français en colère sont divers et pensent diversement, par exemple en matière de politique pénale. Ne parlant ici qu'en mon nom, je considère l'excision comme un des crimes les plus atroces qui soient, appelant une sanction très sévère, quel qu'en soit l'auteur. Mais pourquoi agiter la perte de la nationalité ?

Pourquoi invoquer " l'origine " du criminel, alors que celle-ci n'excuse ni n'accuse, et que c'est sur la nature du crime que doit se fonder la réflexion sur la sanction ?

Pas plus qu'au sujet de l'excision, rien n'autorise le pouvoir à considérer qu'à propos des autres crimes évoqués - mais attendons le projet de loi - les contestataires sont tous laxistes et, d'ailleurs, tous d'accord entre eux. En réalité l'enjeu n'est pas là ; leur point d'accord se situe ailleurs, bien au-delà du débat sur la " répression " : quoi qu'ils pensent des crimes et des sanctions pénales à en déduire, ils refusent de mélanger à ce problème celui de la nationalité.

Ce mélange n'a rien à voir avec l'attachement à la " sanction " ou à la " répression ". Car il y a le droit pénal pour cela, nul besoin d'y mêler le droit de la nationalité, qui fait perdre d'ailleurs au premier une partie de sa force, liée au fait qu'il s'applique à tous de la même manière.

Ce mélange n'a rien à voir non plus, quoi qu'on nous dise, avec l'attachement à l'identité nationale, la fierté d'être français et les exigences que cela suppose (" Etre français, cela se mérite "). Car encore faudrait-il, dans ce cas, que n'importe quel Français puisse " déchoir ". Or, seuls certains Français sont ici concernés, ceux " d'origine étrangère ", avec le flou laissé à cette notion.

Ce mélange est une pure discrimination : certains Français sont sanctionnés différemment pour les mêmes actes que pourraient commettre d'autres Français ; ils sont du coup fragilisés avant même d'avoir commis un acte quelconque.

On répliquera : mais ce n'est pas la première fois dans l'histoire de la République française que la loi procède à ce mélange entre sanction pénale et perte de la nationalité ; il n'y a pas que l'exemple de Vichy (qui a procédé à des dénaturalisations massives pour raisons pénales mais aussi, rappelons-le, pour " origine étrangère " sans aucune infraction commise). C'est exact.

Mais faut-il vraiment se réjouir que l'on revienne sur la réforme de 1998, qui a étroitement circonscrit les crimes pouvant entraîner la déchéance de nationalité (terrorisme, atteinte aux intérêts de la nation) et la catégorie des personnes que cela pourrait concerner (détentrices d'une autre nationalité, pour ne pas risquer de devenir apatrides) ?

Les textes antérieurs étaient le fruit de contextes historiques très particuliers (la lutte contre les esclavagistes après 1848, l'épuration en 1945). Ils ont ensuite été utilisés de manière extrêmement rare. Et après la signature de certaines conventions européennes, certes pas toutes ratifiées, ils se sont révélés contraires au droit européen.

Nouvelle objection : ces textes antérieurs n'étaient pas anticonstitutionnels, pas plus que ne le serait le projet de loi annoncé. Réponse : ce sera au Conseil constitutionnel de le dire. Il ne faut pas oublier que certains textes peuvent apparaître a posteriori anticonstitutionnels, car le droit constitutionnel évolue avec le temps, et aussi qu'ils peuvent l'être dès leur époque tout en étant en vigueur, d'autant que les conditions de saisine du Conseil ont longtemps été restreintes (avant la dernière réforme constitutionnelle).

Sans présumer de la position du Conseil, il faut reconnaître que dans l'annonce de cette loi, la rupture de l'égalité entre les citoyens français est pour le moins problématique sur le plan constitutionnel.

Pour beaucoup de Français, en tout cas, cette annonce met en danger les principes fondamentaux de la République. L'indignation serait, dit-on, souhaitée par le pouvoir. Peu importe. La tactique n'est pas le tout de la politique. Et de plus, n'arrive-t-il pas aux tacticiens de se tromper ?

Géraldine Muhlmann

Professeur de science politique et de philosophie politique à l'université Paris-II-Panthéon-Assas

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 07:00

Je suis tombé par hasard sur cette musique et ce groupe... Quand on est fan de rock, comme je le suis, ça vaut le détour ;)

Par James Hetfield - Publié dans : Musique
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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 07:00

Voici un article qui montre et démontre que la délinquance n'est pas liée à la couleur de la peau ! Qu'on en juge : il y a 50 casse-couilles, pour 11000 habitants ! Soit, un taux de casse-couille de 0.5% ! Si on pense que la grosse majorité des habitants de la Villeneuve est issue de l'imigration on a donc l'équation : 0.5% des Auvergnats posent problème ! CQFD !

Pendant ce temps, il est vrai que ces 50 enculés favorisent l'amalgamme à tout va ! Ils servent de prétexte à ces enculés de Hortefeux, Lefebvre et consorts à dire que les arabes posent problème et que la délinquance vient toujours de l'immigration.

Même Destot, maire de Grenoble s'y perd quand il dit : " Qu'est-ce qu'on doit faire ? Je ne sais pas si on est capables de faire quelque chose pour cette génération-là. ". Mais putain Destot, t'es con ou quoi ? La génération n'a rien à voir là dedans ! T'as 50 types qui te font chier, tu envoies (ou tu fais envoyer) 2 compagnies de CRS et tu l'as ton coup de Karcher ! T'as 50 types à résoudre, tu les résous, et point barre ! Suite à ça, y'aura qu'à dire que les délinquants ont été arrêtés, tout en n'épiloguant pas plus sur la couleur de la peau et l'origine des individus. Après tout : il y a 10950 personnes issues de l'immigration qui ne pose pas problème, pourquoi parler de l'immigration de ceux qui posent problème ?

Allez, y'a qu'à !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 07 Août 2010

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Dans le quartier de la Villeneuve, la dérive violente de jeunes en complète rupture
Une petite cinquantaine d'hommes, de 15 à 25 ans, sont à l'origine des émeutes qui ont touché l'ancien quartier modèle de Grenoble, mi-juillet
Grenoble Envoyé spécial

REPORTAGE

Ces jeunes-là ont pris le pouvoir. Pas le jour, où le quartier de la Villeneuve à Grenoble vit tranquillement, desservi par le tramway, largement doté en services publics, fort de ses nombreuses associations. Ils ont pris le pouvoir la nuit, lorsque les parents rentrent dans leurs appartements. Des petits groupes d'hommes, âgés de 15 à 25 ans, qui traînent au quotidien dans quelques-uns des halls, passant de l'un à l'autre selon leurs envies. Des adolescents ou des jeunes adultes, déscolarisés, sans emploi, sans repères, attirés par l'argent facile du " bizness ".

Une poignée de jeunes à l'échelle du quartier - de trente à cinquante garçons, essentiellement d'origine maghrébine, sur 11 000 habitants. Des bandes qui ont franchi un cap dans la violence avec les émeutes provoquées, mi-juillet, par la mort d'un jeune du quartier, Karim Boudouda, 27 ans, tué par la police après avoir braqué un casino puis tiré sur les forces de l'ordre avec des armes de guerre. Par petits groupes, les copains de la victime se sont organisés, ont brûlé une soixantaine de voitures et attaqué les forces de l'ordre - tirant à plusieurs reprises à balles réelles.

L'émeute n'a pas mobilisé au-delà de la petite cinquantaine de jeunes. Elle est restée explosion de colère d'une minorité en rupture. " Il s'agit beaucoup plus de représailles d'une bande contre la police que d'une émeute sociale ", souligne un magistrat chargé du dossier. " On n'est pas dans le scénario de la mobilisation d'un quartier dans son ensemble contre la police ou contre l'Etat. Mais dans la colère et la violence d'un petit groupe ", ajoute un éducateur, réfutant le parallèle avec les émeutes urbaines de l'automne 2005.

Est-ce plus rassurant ? Pas sûr. La gauche grenobloise - municipale et associative - s'est réveillée avec la gueule de bois. Les nuits d'émeutes ont mis en évidence ce que les habitants savaient depuis longtemps, mais que les pouvoirs publics n'avaient pas forcément envie de voir : la Villeneuve, citée imaginée et mise en oeuvre dans les années 1970 pour faire vivre ensemble des classes sociales très différentes, n'est plus le quartier modèle. La mixité sociale a pratiquement disparu, les classes moyennes et supérieures ayant été progressivement remplacées par des familles en difficulté ou issues de l'immigration.

Surtout, une partie de la jeunesse, certes très minoritaire, échappe à tout contrôle. Prête à tirer sur les forces de l'ordre pour venger un copain. Prête aussi à menacer les policiers, nominativement, comme s'il s'agissait d'une bande adverse. Des travailleurs sociaux le disaient depuis des mois, multipliant les alertes sur les dérives de ces petits groupes. Sans être entendus.

Depuis son bureau anonyme au milieu de la cité, Denis Setboune, responsable des médiateurs de nuit, chargés d'aller à la rencontre des jeunes, en cas de problèmes, jusqu'à 3 heures du matin, n'a pas cessé d'envoyer des rapports sur les incidents rencontrés. " Nos partenaires n'ont pas mesuré la gravité de la situation ", explique-t-il de manière diplomatique.

Son constat est terrible. Des habitants ulcérés mais qui n'osent plus rien dire face aux tapages nocturnes et aux halls squattés. Et, face à eux, face aux médiateurs, ces poignées de jeunes complètement imprévisibles. Occupant les coursives par groupes de quatre, cinq, parfois dix ou quinze. Abandonnant leurs déchets - " sacs McDo ", " canettes ", " bouteilles ", " mégots ", " crachats "... " complètement ivres " ou " embrumés par les stupéfiants ", un soir. " Surexcités " ou " déchaînés " le lendemain. Calmes pendant quelques jours puis agressifs. Capables de basculer dans la violence. Voire de se comporter comme une " horde de sauvages " lorsqu'ils agressent les médiateurs - à neuf contre deux. Subitement. Sans raison.

" On se trouve face à des gamins en complète rupture, qui ne vivent même pas au jour le jour, mais heure par heure. Ils n'ont pas de vision, pas de projet ", explique le médiateur. Leur modèle ? Pas celui de leurs pères, écrasés par le chômage, dans l'incapacité d'assumer leur autorité face aux garçons, en particulier dans les familles maghrébines. Ni celui de leurs mères, souvent employées dans des métiers de service dévalorisés. Plutôt Al Pacino dans le film Scarface. Le mythe du gangster et de l'argent facile. La recherche du risque, le désir de consommer, de frimer. Peu importe les conséquences. Pour soi - si on doit passer des années en prison. Pour les autres - s'il faut tirer à l'arme de guerre pour tenter de s'échapper devant la police.

Une partie a basculé dans la délinquance, comme Karim Boudouda, condamné aux assises à plusieurs reprises pour des braquages. Des " smicards du crime ", comme les appelle un bon connaisseur de la vie souterraine grenobloise. Ou une nouvelle forme de " lumpenprolétariat ", comme le dit Claude Jacquier, une figure de la vie associative locale, vieux militant de gauche et chercheur au CNRS. Pas vraiment un habitué des formules chocs. Mais lui aussi n'a cessé d'alerter les pouvoirs publics ces derniers mois. Des courriers, prémonitoires, dans lesquels il parle de " bombe atomique sous les pieds " pour décrire la situation grenobloise. Au mieux a-t-il reçu des réponses polies.

" Ces jeunes sont dans la toute puissance. Ce qu'on voit là est à la limite du pathologique ", s'alarme aussi Jean-Paul Marry, directeur de service dans une des plus importantes associations de prévention de Grenoble, un autre ancien de la gauche, dans le social depuis trente-cinq ans. " Et dans quelle mesure ce petit noyau dur ne va pas servir de modèle pour les autres, ceux qui gravitent autour mais n'ont pas basculé dans ce type de comportements ? ", interroge-t-il.

Lui est partisan de faire voler les tabous de la gauche française : sur l'autorité des adultes ; sur l'éducation au respect ; sur l'immigration... " La gauche n'a pas de discours sur ces sujets ", regrette-t-il. Dans son bureau de l'hôtel de ville, Jean-Philippe Motte, autre militant historique de la gauche grenobloise, conseiller municipal chargé de la politique de la ville auprès du maire (PS) Michel Destot, se prend la tête entre les mains. " Qu'est-ce qu'on doit faire ? Je ne sais pas si on est capables de faire quelque chose pour cette génération-là. "

Luc Bronner

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 07:00

Les labos pharmaceutiques sont indispensables. Ils permettent le développement de médicaments permettant de prolonger l'espérance de vie et la santé de nos concitoyens... En théorie...

Mais les labos ont aussi leur pourriture et leurs brebis galeuses. La plus fameuse et la plus détestable d'entre elles est sans doute Servier.

Ces bandes de pourris ont pris le parti assuré et assumé de faire passer leurs intérêts personnels, c'est à dire financier, avant la vie humaine.

Honteux et révoltant.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 décembre 2010

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Les intrigues des laboratoires Servier
Le deuxième groupe pharmaceutique français, pris dans la tourmente de l'affaire du Mediator, a toujours eu recours à une politique commerciale agressive et s'est construit un solide réseau d'influence

Le Mediator, ce médicament des laboratoires Servier accusé d'avoir causé la mort d'au moins 500 patients en France, a engendré un grand embarras au sein de la sphère politique, mais aussi une grande colère au sein du monde feutré des laboratoires pharmaceutiques. " Tous nos efforts pour réduire les risques, moraliser la visite médicale, améliorer notre image sont jetés à bas avec le Mediator ", affirme le représentant d'un laboratoire. Nombreux sont les professionnels qui reprochent à Servier d'avoir " raté le tournant de la sécurité ". " Depuis l'affaire du Vioxx - un antidouleur retiré du marché mondial, en 2004, en raison de risques cardio-vasculaires - , plus personne ne se bat pour maintenir un médicament à risque sur le marché. On est les premiers à informer et on retire ", assure un autre laboratoire.

Les reproches sont d'autant plus vigoureux que Servier - une des plus belles réussites de l'industrie pharmaceutique française avec 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, en 2009, et 20 000 salariés - n'en est pas à son premier scandale sanitaire. En août 1997, le New England Journal of Medicine avait détaillé 24 cas de déformations graves des valves cardiaques chez des femmes âgées de 40 à 50 ans. Toutes avaient commencé à souffrir du coeur à la suite d'un traitement amaigrissant associant deux coupe-faim de Servier, Isoméride (mis en vente sous la marque Redux aux Etats-Unis) et Pondéral.

Les deux coupe-faim ayant été commercialisés sous licence aux Etats-Unis, c'est donc le distributeur américain, le laboratoire Wyeth (aujourd'hui fusionné avec Pfizer) qui a subi le poids des nombreuses actions en justice menées par les patients américains. " Nous ne souhaitons pas commenter. Sachez juste que nous avons provisionné jusqu'à aujourd'hui 21,1 milliards de dollars pour faire face aux demandes de dommages et intérêts des patients ", dit un porte-parole de Pfizer en France.

Outre l'Isoméride et le Mediator, le Protélos, un médicament commercialisé par Servier pour lutter contre l'ostéoporose, a provoqué 16 cas de réactions allergiques graves - 13 en France, dont " deux décès du patient ", indiquait l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un communiqué de 2007. Le produit a été maintenu sur le marché avec de nouvelles précautions d'emploi.

Cette régularité du risque encouru par les patients de Servier n'a pas amené le laboratoire à repenser sa politique de communication offensive auprès des prescripteurs de médicaments, les médecins. " Les visiteuses médicales de Servier ont toujours eu la réputation d'être jolies et habillées pour séduire ", dit le responsable commercial d'un laboratoire étranger qui ne souhaite pas être cité. Des pratiques auxquelles les autres laboratoires affirment avoir renoncé depuis quelques années.

Pour affirmer sa présence dans le monde médical, Servier est aussi l'un des plus gros investisseurs publicitaires de la presse médicale française : entre 2,5 et 3 millions d'euros par an en moyenne sur les trois dernières années. Presque autant que Sanofi Aventis.

Enfin, à en croire ses concurrents, Servier pratique les " études observationnelles ". Le laboratoire rémunère les médecins pour qu'ils remplissent un questionnaire sur d'éventuels effets secondaires d'un médicament récemment commercialisé. Une technique de pharmacovigilance, certes, mais aussi une incitation à prescrire. " C'est une pratique légale quand elle n'est pas le fait d'un visiteur médical ", dit un patron de labo. Tous les laboratoires agissent de même, mais Servier, de l'avis général, plus systématiquement que d'autres.

Les subventions aux associations de médecins, les invitations à des congrès, les rémunérations pour conférences, les travaux d'expert, les aides à publication pour des lettres professionnelles, des bulletins d'adhésion - en 2010, Servier a même financé la Lettre de l'Académie de médecine - représentent depuis longtemps chez Servier des budgets conséquents. En 1986, dans le South African Medical Journal, Jacques Servier reconnaissait que son laboratoire organisait 40 000 contacts par an avec la profession médicale.

L'Afssaps a souvent tapé sur les doigts de Servier pour ses publicités non conformes à l'autorisation de mise sur le marché. Vastarel, Protélos, Mediator, Procoralan : ces quatre produits ont été interdits de publicité. Vastarel parce que la présentation laissait supposer que ce médicament évitait les accidents cardio-vasculaires. Protélos parce qu'il laissait croire au médecin que le produit reconstruisait l'os frappé d'ostéoporose, ce qui était tendancieux. Mediator parce qu'il tentait de se faire passer pour un antidiabétique de première prescription alors qu'il n'est qu'un adjuvant du traitement. Procoralan parce qu'il laissait supposer que ses effets bénéfiques étaient supérieurs à ceux générés par un produit concurrent. Servier s'est même vu infliger une amende d'1,3 million d'euros, en 2009, par le Comité économique des produits de santé pour une publicité sur le Vastarel.

Cette stratégie de communication a aussi provoqué l'irritation de la Commission européenne. Le 26 juillet, elle déclarait publiquement, au vu des réponses fournies par Servier à un questionnaire sur d'éventuelles " pratiques commerciales restrictives et abus de position dominante ", qu'elle disposait " de preuves selon lesquelles Servier a fourni des renseignements inexacts et dénaturés ".

Deuxième trait du système Servier : l'utilisation systématique de l'arme juridique. En 1996, quand l'affaire de l'Isoméride éclate, Servier entame un recours contre le retrait du médicament. Recours et procédures se succèdent : en 1998, contre une demande de retrait de la publicité sur le Coversil ; en 2000, contre le jugement d'un service médical rendu insuffisant sur le Mediator ; en 2002, quand la publicité Mediator est jugée inadéquate ; en 2003, contre le taux de remboursement jugé insuffisant de son médicament Duxil ; en 2005, contre la baisse de prix de son veinotonique Daflon ; en 2006, contre le retrait de publicité de Procoralan ; en 2009, pour le Vastarel...

Troisième trait du système : lorsque la loi ne paie pas, Jacques Servier, 88 ans, utilise son carnet d'adresses. " Si j'habite Paris depuis longtemps, c'est pour la seule raison que, dans notre pays, il faut constamment intriguer dans la capitale, multiplier les pas et les démarches, se débattre toujours ", écrit Jacques Servier dans Le Médicament et la Vie (Perrin, 2007).

Jacques Servier connaît Nicolas Sarkozy depuis 1983. Le 29 juillet 2009, le président de la République l'a décoré de la grand-croix de la Légion d'honneur. Le siège du laboratoire est à Neuilly (Hauts-de-Seine), la ville dont M. Sarkozy fut le maire. Et Jacques Servier est le client du cabinet d'avocats fondé par Nicolas Sarkozy. " Vous avez fait de votre groupe une fondation. Raymond - Soubie - et moi, on y a joué un rôle ", reconnaissait Nicolas Sarkozy en 2009. Quand l'affaire du Mediator éclate, Jacques Servier déclare au Monde qu'il s'agit d'une " fabrication " contre le gouvernement. Il ne pense pas aux patients, mais au fait qu'à travers lui certains veulent nuire à Nicolas Sarkozy.

L'influence prêtée aux laboratoires Servier n'émane pas seulement du fondateur. Elle s'exerce aussi à travers des personnes et des fonctions. Michel Hannoun, directeur des études Servier monde, a été député RPR (de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1997) et président du conseil général de l'Isère, de 1997 à 1998. Depuis 2008, il est aussi président de l'Association des cadres de l'industrie pharmaceutique, un organisme de rencontre entre industriels et politiques ; depuis 2010, il a un siège au conseil de surveillance de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pierre Schiavi, directeur gériatrie de Servier, est aussi le trésorier de la Société française de pharmacovigilance et de thérapeutique. Marie-Noëlle Banzet, directrice des affaires publiques de Servier, est à la tête de la commission économique du Leem, le syndicat professionnel de la pharmacie.

Henri Nallet, ex-ministre socialiste, a exercé pendant dix ans la fonction de conseiller de Jacques Servier pour les affaires internationales et communautaires. " Je n'étais pas là pour ouvrir des portes, se justifie-t-il, mais pour développer les affaires européennes. " D'autres laboratoires emploient des ex-politiques - Michèle Barzach, ancienne ministre de la santé (1986-1988), est présidente de la fondation GlaxoSmithKline. " C'est bien leur carnet d'adresses qu'on vise, précise un patron de laboratoire. Le jour où une crise éclate, on leur demande un coup de main. "

Cet entregent politique s'est-il révélé utile ? En 1999, quand la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) opère une mission de contrôle chez Servier, elle trouve un fichier manuel recensant 50 000 actes de candidature annotés de façon personnelle : " un peu mémère ", " profil pas clair " ; " pas le profil " (pour un homosexuel) qui en dit long sur les critères de recrutement. La CNIL a transmis le dossier au parquet, mais celui-ci " a classé sans suite ".

L'affaire du Mediator va-t-elle obliger Servier à réformer le système sur lequel il fonctionne depuis ses origines ? L'embauche d'Anne Méaux, présidente et fondatrice d'Image Sept, l'une des plus influentes agences de communication parisienne, montre que le laboratoire privilégie, pour l'heure, la protection de son image.

Yves Mamou

Par James Hetfield - Publié dans : Divers
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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 07:00

C'est une mesure à 100% populiste qu'à prise l'UMP récemment : on assouplit le régime du permis à points.

On a oublié que l'on avait réussi à faire baisser le nombre de morts sur les routes en étant ferme et en faisant passer l'automobiliste récalcitrant à la caisse. Force est de constater que les députés UMP oublient qu'il n'y a rien de plus précieux que la vie humaine. Pour eux, rien n'est plus précieux que leur petit mandat et s'il faut draguer l'électorat à l'aide de mesures démagogiques, ils ne s'en privent pas...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 décembre 2010

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Permis : l'UMP bat le gouvernement aux points

Les députés de l'UMP ont contraint l'exécutif, jeudi 16 décembre, à un recul sur le permis à points. La veille encore, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, avait assuré, à la sortie du conseil des ministres, que le gouvernement "s'opposerait clairement à des amendements susceptibles de remettre en cause non seulement le principe du permis à points mais ses modalités d'application". Nicolas Sarkozy lui-même s'était prononcé contre "un message de nature à être interprété de façon laxiste".

La majorité, elle, a voulu se faire l'écho de "ce sentiment de chasse aux automobilistes qui s'est insinué dans notre pays", selon Claude Bodin (UMP, Val-d'Oise). "Un peu de souplesse", "davantage de tolérance", ont réclamé tour à tour les députés de l'UMP. "Cessez d'emmerder les Français", s'est exclamé Jacques Myard (UMP, Yvelines). La réduction des délais nécessaires pour reconstituer son capital de points, introduite par un amendement de l'UMP au Sénat, a été confirmée.

Le dispositif voté à l'Assemblée fait passer de trois ans à deux ans le délai nécessaire pour récupérer l'intégralité des points perdus si aucune nouvelle infraction n'a été commise : le Sénat avait voulu aller plus loin en l'abaissant à un an. Lorsqu'un conducteur commet une infraction entraînant la perte d'un point, celui-ci est récupéré au bout de six mois au lieu d'un an en l'absence de nouvelle infraction. Il sera possible d'effectuer un stage de récupération des points une fois par an, au lieu de deux ans actuellement.

Le gouvernement a mollement résisté. Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a certes rappelé que l'objectif fixé par M. Sarkozy était de passer sous la barre des 3 000 morts par an sur les routes, alors qu'en 2009 ce nombre s'élevait encore à 4 273. Mais, "le gouvernement (...), a-t-il répété, est ouvert à un assouplissement des règles de retrait qui ne remet pas en cause fondamentalement cette politique."

La messe était dite. L'amendement du gouvernement, permettant la réattribution d'un point chaque année si aucune infraction n'était commise, a été rejeté. Et la position de la majorité confortée. Seul aménagement consenti : pour les infractions les plus graves, sanctionnées par une contravention de 5e ou de 4e classe, le délai de récupération des points est maintenu à trois ans.

"Sagesse contre courage"

Delphine Batho (PS, Deux-Sèvres) s'est étonnée de "ce concert de propos laxistes" sur les bancs de la majorité quand cette dernière, par ailleurs, n'a cessé de faire assaut de sévérité. Emboîtant le pas des députés membres du collectif de la Droite populaire, elle a ainsi adopté un amendement qui autorise les jurys de cour d'assises à prononcer une peine complémentaire d'interdiction du territoire à l'encontre d'un étranger déclaré coupable. "Le seul objet de cet amendement, c'est un clin d'oeil en direction du Front national", s'est indignée Mme Batho.

Le gouvernement s'est contenté de s'en remettre à la "sagesse" de l'Assemblée, laissant de fait la voie libre à sa majorité. "Plutôt que de la sagesse, j'aurais aimé un peu plus de courage", a souligné Patrick Braouezec (Gauche démocrate et républicaine, Seine-Saint-Denis). L'amendement a été adopté avec les seules voix de l'UMP.

Le scrutin public sur l'ensemble du texte aura lieu mardi 21.
Patrick Roger

Par James Hetfield - Publié dans : Société
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