Texte Libre

...Mes coups de coeur
...Mes coups de gueule
...Mes joies
...Mes peines
...Mes espoirs
...Mes désespoirs
La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Divers

Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 07:00

Aux dernières nouvelles cependant, j'ai cru comprendre que le sort de "La Boudeuse" était largement amélioré. Il me semble aussi que c'est grâce à la médiation de cette affaire que les choses se sont améliorées.

En tous cas, en date du 7 Janvier, c'était une situation honteuse...


Un article du journal 'Le Monde' daté du 7 Janvier 2011

*******

" La Boudeuse " menée en bateau
Le sort du navire et de son expédition écologique unique au monde va se décider au tribunal. L'argent promis par le gouvernement n'est pas arrivé

Cette fois-ci, ce sont les huissiers qui sont à la manoeuvre. Lundi 13 décembre 2010, à 11 h 30, deux costumes gris sont montés à bord de La Boudeuse amarrée au quai des Chantiers à Nantes, et ont remis en main propre à Amaury Bironneau, unique membre de l'équipage à la veille, un " procès-verbal de saisie-exécution de navire ".

Me Christophe Leblanc et son collègue agissaient à la demande de la direction générale des impôts de Corte (Haute-Corse), commune où se trouve le siège de l'Ecole de l'aventure, propriétaire du bateau. Le Trésor public réclame aux trois fondateurs de l'association - Patrice Franceschi, commandant du trois-mâts goélette, " caution personnelle sur tout " ; son frère cadet Eric, cadre dans une grande entreprise ; et Bernard Wolfrom, ami du premier et trésorier - 66 783,16 euros de remboursements de TVA.

Dans quelques semaines ou peut-être plus, un tribunal de grande instance fixera la mise à prix et les conditions de la vente aux enchères du magnifique navire de 46 mètres. Au gré des acheteurs, La Boudeuse, dernier trois-mâts encore consacré à l'aventure scientifique dans le monde, et battant pavillon français, deviendra peut-être un hôtel flottant dans les Caraïbes ou le yacht privé d'un magnat russe. Loin, très loin du souffle épique qui avait fait du voilier, deux ans auparavant, l'un des projets phares du Grenelle de la mer.

Raconter l'histoire de ce naufrage, c'est passer de Bougainville à Courteline. Le 7 janvier 2009, Patrice Franceschi reçoit une lettre de mission signée par Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports, et Nathalie Kosciusko-Morizet (encore secrétaire d'Etat à l'écologie pour quelques jours avant d'être remplacée à ce poste par Chantal Jouanno) afin de lancer l'expédition scientifique Terre-Océan, chargée d'étudier, entre autres, les effets du changement climatique dans le bassin amazonien et dans les petites îles de l'océan Pacifique.

Le 3 juin, Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, y va lui aussi de sa missive. Patrice Franceschi reçoit un passeport diplomatique : le bateau représente désormais officiellement le drapeau tricolore. Enfin, le 8 juin, Hervé Morin, ministre de la défense, assure dans une lettre adressée au capitaine du navire qu'il peut compter sur le soutien des forces armées. Bref, comme l'écrira dans un document officiel Jean-François Carenco, directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, la mission Terre-Océan " représente une grande "Aventure France" ".

Inscrite dans la tradition de l'explorateur Louis-Antoine de Bougainville qui, à la demande de Louis XV, avait guidé sa frégate La Boudeuse autour du globe avec, à son bord, une armée de savants.

Courteline entre en scène quelques semaines plus tard quand la question délicate du budget de l'expédition, soit 2,5 millions d'euros, vient à l'ordre du jour. Partenaire historique de La Boudeuse depuis une quinzaine d'années, BNP Paribas accepte d'être le banquier de l'opération, avec l'ouverture d'une ligne de crédit équivalente " aux engagements de l'ensemble des partenaires ".

Grâce, notamment, à l'aide de Jean-Louis Borloo, plusieurs sponsors se mobilisent : la RATP, EDF, Total, Veolia, Schneider Electric, DCNS, Altran, la Caisse des dépôts et consignations, la ville de Fécamp, port d'attache du navire, etc. D'autres - Honda Marine, Uship... - offrent leur appui technique. Pourtant le compte n'y est pas. L'ensemble des soutiens frôle à peine le million d'euros. Or, le départ de la mission approche. En novembre, il faut larguer les amarres et ne pas prendre de retard sur le programme de navigation. Patrice Franceschi alerte Jean-Louis Borloo et affirme qu'à l'issue de la conférence de presse du 14 octobre 2009, date de lancement de l'opération, le ministre lui promet un versement de 300 000 euros.

Rassuré, le capitaine du bateau quitte Brest le 9 novembre pour rejoindre la Guyane. " Je n'aurais jamais pris, sinon, la décision de partir ", insiste-t-il. Arrivé en Guyane, l'argent n'étant toujours pas là, il prend l'avion pour Paris, début janvier.

Nouveau rendez-vous, nouvelles promesses. Une lettre, surtout, déterminante, datée du 7 janvier 2010, signée par M. Borloo et adressée à Philippe Van de Maele, président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), un établissement public dont le ministère de l'écologie est l'une des autorités de tutelle : " Dans le cadre de la politique de communication de l'Ademe, je souhaite que cette institution (...) puisse être plus visible. A cet égard, il m'apparaît opportun compte tenu de la notoriété de cette expédition et de sa durée dans le temps, que l'Ademe puisse apporter son soutien à la mission de La Boudeuse. Ainsi, je souhaite que vous passiez à votre prochain conseil d'administration si nécessaire, mais je pense qu'il suffit de rendre compte au conseil d'administration, sans chercher à avoir un accord préalable, la décision d'accorder une somme de 250 000 euros par an, pour une visibilité de deux ans à cette expédition(...). Merci de me tenir informé de la mise en oeuvre de cette instruction. "

Muni de cette lettre que lui remet le cabinet de M. Borloo, Patrice Franceschi obtient de BNP Paribas une ligne de crédit supplémentaire. " Nous avons même accepté de payer les billets d'avion des scientifiques qui devaient rejoindre le bateau en Guyane ", confirme aujourd'hui la banque. L'argent ne sera jamais versé. L'Ademe (784 millions d'euros de budget en 2010), comptable des deniers publics, se refuse à tout sponsoring. " Nous étions prêts à élaborer avec les responsables de La Boudeuse un carnet de commandes scientifiques précis et à bâtir un budget prévisionnel ", explique-t-on toutefois à l'agence. Trop long, trop tard.

Mardi 1er juin 2010, à minuit, Patrice Franceschi met fin à Terre-Océan et à sa fuite en avant financière. L'ensemble des créances exigibles s'élève à 500 000 euros. Comble de l'ironie, c'est à lui, maintenant, que l'Etat non payeur demande de payer.

La Boudeuse sacrifiée sur l'autel de la crise économique et des resserrements budgétaires ? Sur celui de la défaite de la droite aux élections régionales de mars 2010 qui avait conduit Jean-François Copé, alors président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, à expliquer que cela ne servait à rien de faire de l'écologie puisque les écologistes votent à gauche ? Le 6 mars 2010, au Salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy expliquait lui-même que " l'environnement, ça commence à bien faire ".

Jean-Louis Borloo balaie de la main ces explications. Refusant de polémiquer sur qui a cru aux promesses de qui, l'ancien ministre d'Etat rappelle qu'il a essayé " d'aider Patrice Franceschi jusqu'au bout. Mais aurait aimé que les choses soient un peu plus formalisées... " Dominique Bussereau se dit, lui, " atterré qu'on en soit arrivé là et que les promesses n'aient pas été tenues ". " L'idée était belle et généreuse ", insiste-t-il.

Sur La Boudeuse, personne n'est prêt à renoncer. Mercredi 5 janvier, Patrice Franceschi a rencontré Nathalie Kosciusko-Morizet, la nouvelle ministre de l'écologie, pour lui demander un coup de main. Elle a répondu qu'elle allait entrer en contact avec les services de François Baroin, au ministère du budget, pour évoquer cette affaire de saisie. Mais n'a donné aucune garantie quant au succès de sa démarche. Bref, elle n'a rien promis. Pendant ce temps, La Boudeuse coule en silence.

Marie-Béatrice Baudet

Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 07:00

Et si c'était cela la solution au Proche-Orient ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 décembre 2010

*************


Conflit au Proche-Orient : surtout ne faites rien !
La logique des extrémistes doit-elle prévaloir ?

Depuis que l'administration américaine a reconnu son échec dans sa volonté de convaincre le gouvernement israélien de geler la colonisation dans les territoires disputés, tout le monde s'accorde à dire que le processus de paix au Proche-Orient est à nouveau dans l'impasse. Cet " à nouveau " prête néanmoins à confusion, et il serait plus vrai de dire que pas une seule fois depuis la fin de la guerre froide le processus de paix au Proche-Orient ne sera sorti de l'impasse.

Contrairement à la péninsule Arabique qui le borde au sud et à l'ensemble irako-iranien qui le prolonge à l'est, le Proche-Orient est en effet relativement pauvre en ressources naturelles, peu de flux énergétiques ou migratoires y transitent et, si l'on excepte le canal de Suez, dont l'importance pour le commerce international ne cesse de décroître, aucune artère vitale ne le traverse.

Cette région, qui fut jadis l'objet de toutes les convoitises, est aujourd'hui un grenier à blé vide, un sous-sol plus archéologique que minéralogique et, depuis l'implosion de l'Union soviétique, un vrai trou perdu géostratégique. La Méditerranée orientale ne présente plus aucun intérêt aux yeux des grandes puissances, et sa marginalisation sur l'échiquier mondial devrait se poursuivre au fur et à mesure que le poids de la planète se déplacera vers l'est du continent asiatique.

C'est sans doute pourquoi nos gouvernants font preuve d'un tel manque d'imagination, comme de détermination, dès qu'il s'agit pour eux de trouver puis d'imposer une solution au conflit. Leur quête d'une paix au Proche-Orient s'apparente en réalité plus au luxe qu'à la nécessité. Velléitaire, elle entraîne les improvisations, les tergiversations, les atermoiements et, plus généralement, l'amateurisme diplomatique que l'on sait.

Au vu de quoi et en l'absence d'enjeux et d'objectifs stratégiques évidents, il serait bon qu'ils s'abstiennent de prendre quelque initiative que ce soit au Proche-Orient : qu'ils cessent de supplier, de promettre, de menacer, de sanctionner, de tracer des " feuilles de route " au crayon mine et de tirer des plans sur la comète, et qu'ils érigent plutôt le farniente (le " faire rien ") en véritable politique, permettant ainsi aux belligérants de donner libre cours à leur démesure. Car, comme le disait jadis Areus, le très sagace roi de Sparte, la tyrannie, il ne faut surtout pas chercher à l'éteindre : bien au contraire, il faut la laisser brûler tout entière.

Ainsi désentravés, les belligérants proche-orientaux pourront vivre pleinement leurs idées fixes et leurs obsessions et aller jusqu'au bout de leurs logiques respectives. Le Hamas s'arc-boutant sur Gaza et accentuant sa pression sur une Autorité palestinienne prise entre l'enclume et le marteau, les colonies israéliennes de peuplement continueraient, de leur côté, d'essaimer dans les territoires disputés, lesquels deviendraient ethniquement et religieusement mélangés. Comme la frontière entre ces territoires-là et l'Etat d'Israël demeurera, de par le souhait des dirigeants israéliens actuels, diffuse, pour ne pas dire inexistante, à terme, toute la région qui s'étend entre la Méditerranée et la vallée du Jourdain prendra l'aspect d'un patchwork communautaire.

Après quoi, les courbes démographiques étant, depuis l'assèchement du vivier juif de Russie, nettement favorables aux musulmans, combien de temps faudra-t-il avant que les juifs ne cessent d'être majoritaires dans cette région, qu'ils continueraient néanmoins de dominer militairement ? Trente ? Cinquante ? Cent ans ? Cent ans, c'est certes trop dans la vie d'un politicien israélien. Mais c'est trop peu dans la vie d'un peuple.

Tandis que la natalité et le temps feraient lentement mais sûrement leur oeuvre, un dirigeant palestinien avisé aura peut-être eu l'excellente idée de reconnaître officiellement Israël comme Etat juif. Mais, en même temps, il annoncera aussi la naissance, en Cisjordanie, d'un Etat pluricommunautaire, musulman, juif et chrétien, dans lequel tous ceux qui, dans cette région, ne se reconnaîtraient ni dans le projet sectaire du Hamas ni dans la politique expansionniste des dirigeants israéliens, finiront par se reconnaître, entraînant, à terme, un vaste mouvement de désaffection et de désobéissance civile en Israël même.

A moins qu'une telle initiative novatrice n'émane de la dynastie hachémite qui règne sur la Transjordanie. Auquel cas ce royaume arabe, qui doit son nom au Jourdain, se verrait promu au rang d'un Etat pluricommunautaire, comme le furent, avant lui, les royaumes arabes de Grenade, de Cordoue ou de Séville.

En poursuivant une politique de colonisation à outrance qui ne fait que repousser indéfiniment les frontières de leur Etat idéal tout en le vidant, faute de moyens humains, de sa substance démographique, les ultras israéliens contribuent à l'avènement d'un tel scénario, néo-andalou.

Avant de persister dans cette voie, ils seraient bien inspirés de se pencher sur le sort qui aura finalement échu aux chrétiens libanais. En 1920, alors qu'ils étaient dominants, ces derniers avaient eu le choix entre un Petit Liban où ils seraient majoritaires, et un Grand Liban où ils le seraient à peine.

A l'époque, leur démesure les avait poussés à choisir le Grand Liban, avec pour résultat qu'aujourd'hui, moins d'un siècle après, ils ne sont plus qu'une minorité au Liban et ont d'ores et déjà perdu toute prépondérance dans le pays. A croire qu'Eschyle avait eu raison de dire que, lorsqu'un mortel s'emploie à sa propre perte, les dieux se font un plaisir de lui donner un coup de main.

Percy Kemp

Ecrivain, consultant pour une société spécialisée dans le renseignement stratégique, Middle East Tactical Studies

Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 07:00

Ca, c'est super marrant

 

http://www.youtube.com/watch?v=4ba1BqJ4S2M&feature=player_embedded

 

J'ai essayé :

fuck
eat
give hug
play with

 

Mais doit y en avoir plein d'autres ;)

Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 07:00

Je suis inscrit à ce blog

http://dhorasoo.blog.lemonde.fr/

C'est le blog de Vikash Dhorasoo, joueur de foot à la retraite.

Il a un discours qui me dérange : pour lui, le joueur de foot est un salarié comme un autre qui mérite à 100% son salaire et dont le seul boulot est de jouer au foot et rien d'autre. Pas d'autres responsabilités. Il n'a pas à respecter le maillot qu'il porte, il n'a pas à donner une image d'exemplarité à la jeunesse, il n'a pas à être exemplaire, seul compte le fait qu'il joue au foot, point.

Pour moi, cette logique est plus que limite...

Payer un type aussi cher qui va déclarer que le joueur de foot n’est payé que pour jouer au foot et non pas pour donner une image à la jeunesse, c’est un peu du foutage de gueule…
Hier, mon gamin (4 ans) est venu me voir avec tous les magnets de l’équipe de France distribués par Carrefour :
“Et celui-là, il est bon ? (Gallas)
- Ben non, il est nul
- Et celui-là ? (Benzema)
- Il a pas joué
- Et celui-là, lui il est bon ? (Toulalan)
- Ben non…
- Et celui-là ? (Ribéry)
- C’est un connard…
- C’est un gros mot papa ! Il faut pas dire ça !
- Ouais je sais, mais j’ai pas d’autres mots qui me viennent, là…
- Et celui-là ? (Henry)
- Ben lui, il marque des buts avec la main
- Il est gardien alors ?
- Ben non…
- Mais on peut pas jouer à la main quand on n’est pas gardien !
- Ben oui, mais lui, il l’a fait, et il l’a même pas dit à l’arbitre…
- Ben ils sont tous nuls alors ?
- Ben ouais… Tu sais, gamin ? Je vais t’inscrire au foot et on fera des magnets avec toi dessus… Et quand tu seras papa, j’espère que l’on pourra dire, que celui-là, il est super bon et qu’on pourra mettre des posters de toi dans la chambres des enfants…”

Et après ça, le boulot d’un joueur de foot est uniquement de jouer au foot ?
C’est ça oui… En tous cas, si je tombe sur un magnet de Vikash, je ne mentirai pas à mon gosse en lui disant que ce joueur était un super type.

Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 07:00

Les labos pharmaceutiques sont indispensables. Ils permettent le développement de médicaments permettant de prolonger l'espérance de vie et la santé de nos concitoyens... En théorie...

Mais les labos ont aussi leur pourriture et leurs brebis galeuses. La plus fameuse et la plus détestable d'entre elles est sans doute Servier.

Ces bandes de pourris ont pris le parti assuré et assumé de faire passer leurs intérêts personnels, c'est à dire financier, avant la vie humaine.

Honteux et révoltant.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 décembre 2010

***********

Les intrigues des laboratoires Servier
Le deuxième groupe pharmaceutique français, pris dans la tourmente de l'affaire du Mediator, a toujours eu recours à une politique commerciale agressive et s'est construit un solide réseau d'influence

Le Mediator, ce médicament des laboratoires Servier accusé d'avoir causé la mort d'au moins 500 patients en France, a engendré un grand embarras au sein de la sphère politique, mais aussi une grande colère au sein du monde feutré des laboratoires pharmaceutiques. " Tous nos efforts pour réduire les risques, moraliser la visite médicale, améliorer notre image sont jetés à bas avec le Mediator ", affirme le représentant d'un laboratoire. Nombreux sont les professionnels qui reprochent à Servier d'avoir " raté le tournant de la sécurité ". " Depuis l'affaire du Vioxx - un antidouleur retiré du marché mondial, en 2004, en raison de risques cardio-vasculaires - , plus personne ne se bat pour maintenir un médicament à risque sur le marché. On est les premiers à informer et on retire ", assure un autre laboratoire.

Les reproches sont d'autant plus vigoureux que Servier - une des plus belles réussites de l'industrie pharmaceutique française avec 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, en 2009, et 20 000 salariés - n'en est pas à son premier scandale sanitaire. En août 1997, le New England Journal of Medicine avait détaillé 24 cas de déformations graves des valves cardiaques chez des femmes âgées de 40 à 50 ans. Toutes avaient commencé à souffrir du coeur à la suite d'un traitement amaigrissant associant deux coupe-faim de Servier, Isoméride (mis en vente sous la marque Redux aux Etats-Unis) et Pondéral.

Les deux coupe-faim ayant été commercialisés sous licence aux Etats-Unis, c'est donc le distributeur américain, le laboratoire Wyeth (aujourd'hui fusionné avec Pfizer) qui a subi le poids des nombreuses actions en justice menées par les patients américains. " Nous ne souhaitons pas commenter. Sachez juste que nous avons provisionné jusqu'à aujourd'hui 21,1 milliards de dollars pour faire face aux demandes de dommages et intérêts des patients ", dit un porte-parole de Pfizer en France.

Outre l'Isoméride et le Mediator, le Protélos, un médicament commercialisé par Servier pour lutter contre l'ostéoporose, a provoqué 16 cas de réactions allergiques graves - 13 en France, dont " deux décès du patient ", indiquait l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un communiqué de 2007. Le produit a été maintenu sur le marché avec de nouvelles précautions d'emploi.

Cette régularité du risque encouru par les patients de Servier n'a pas amené le laboratoire à repenser sa politique de communication offensive auprès des prescripteurs de médicaments, les médecins. " Les visiteuses médicales de Servier ont toujours eu la réputation d'être jolies et habillées pour séduire ", dit le responsable commercial d'un laboratoire étranger qui ne souhaite pas être cité. Des pratiques auxquelles les autres laboratoires affirment avoir renoncé depuis quelques années.

Pour affirmer sa présence dans le monde médical, Servier est aussi l'un des plus gros investisseurs publicitaires de la presse médicale française : entre 2,5 et 3 millions d'euros par an en moyenne sur les trois dernières années. Presque autant que Sanofi Aventis.

Enfin, à en croire ses concurrents, Servier pratique les " études observationnelles ". Le laboratoire rémunère les médecins pour qu'ils remplissent un questionnaire sur d'éventuels effets secondaires d'un médicament récemment commercialisé. Une technique de pharmacovigilance, certes, mais aussi une incitation à prescrire. " C'est une pratique légale quand elle n'est pas le fait d'un visiteur médical ", dit un patron de labo. Tous les laboratoires agissent de même, mais Servier, de l'avis général, plus systématiquement que d'autres.

Les subventions aux associations de médecins, les invitations à des congrès, les rémunérations pour conférences, les travaux d'expert, les aides à publication pour des lettres professionnelles, des bulletins d'adhésion - en 2010, Servier a même financé la Lettre de l'Académie de médecine - représentent depuis longtemps chez Servier des budgets conséquents. En 1986, dans le South African Medical Journal, Jacques Servier reconnaissait que son laboratoire organisait 40 000 contacts par an avec la profession médicale.

L'Afssaps a souvent tapé sur les doigts de Servier pour ses publicités non conformes à l'autorisation de mise sur le marché. Vastarel, Protélos, Mediator, Procoralan : ces quatre produits ont été interdits de publicité. Vastarel parce que la présentation laissait supposer que ce médicament évitait les accidents cardio-vasculaires. Protélos parce qu'il laissait croire au médecin que le produit reconstruisait l'os frappé d'ostéoporose, ce qui était tendancieux. Mediator parce qu'il tentait de se faire passer pour un antidiabétique de première prescription alors qu'il n'est qu'un adjuvant du traitement. Procoralan parce qu'il laissait supposer que ses effets bénéfiques étaient supérieurs à ceux générés par un produit concurrent. Servier s'est même vu infliger une amende d'1,3 million d'euros, en 2009, par le Comité économique des produits de santé pour une publicité sur le Vastarel.

Cette stratégie de communication a aussi provoqué l'irritation de la Commission européenne. Le 26 juillet, elle déclarait publiquement, au vu des réponses fournies par Servier à un questionnaire sur d'éventuelles " pratiques commerciales restrictives et abus de position dominante ", qu'elle disposait " de preuves selon lesquelles Servier a fourni des renseignements inexacts et dénaturés ".

Deuxième trait du système Servier : l'utilisation systématique de l'arme juridique. En 1996, quand l'affaire de l'Isoméride éclate, Servier entame un recours contre le retrait du médicament. Recours et procédures se succèdent : en 1998, contre une demande de retrait de la publicité sur le Coversil ; en 2000, contre le jugement d'un service médical rendu insuffisant sur le Mediator ; en 2002, quand la publicité Mediator est jugée inadéquate ; en 2003, contre le taux de remboursement jugé insuffisant de son médicament Duxil ; en 2005, contre la baisse de prix de son veinotonique Daflon ; en 2006, contre le retrait de publicité de Procoralan ; en 2009, pour le Vastarel...

Troisième trait du système : lorsque la loi ne paie pas, Jacques Servier, 88 ans, utilise son carnet d'adresses. " Si j'habite Paris depuis longtemps, c'est pour la seule raison que, dans notre pays, il faut constamment intriguer dans la capitale, multiplier les pas et les démarches, se débattre toujours ", écrit Jacques Servier dans Le Médicament et la Vie (Perrin, 2007).

Jacques Servier connaît Nicolas Sarkozy depuis 1983. Le 29 juillet 2009, le président de la République l'a décoré de la grand-croix de la Légion d'honneur. Le siège du laboratoire est à Neuilly (Hauts-de-Seine), la ville dont M. Sarkozy fut le maire. Et Jacques Servier est le client du cabinet d'avocats fondé par Nicolas Sarkozy. " Vous avez fait de votre groupe une fondation. Raymond - Soubie - et moi, on y a joué un rôle ", reconnaissait Nicolas Sarkozy en 2009. Quand l'affaire du Mediator éclate, Jacques Servier déclare au Monde qu'il s'agit d'une " fabrication " contre le gouvernement. Il ne pense pas aux patients, mais au fait qu'à travers lui certains veulent nuire à Nicolas Sarkozy.

L'influence prêtée aux laboratoires Servier n'émane pas seulement du fondateur. Elle s'exerce aussi à travers des personnes et des fonctions. Michel Hannoun, directeur des études Servier monde, a été député RPR (de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1997) et président du conseil général de l'Isère, de 1997 à 1998. Depuis 2008, il est aussi président de l'Association des cadres de l'industrie pharmaceutique, un organisme de rencontre entre industriels et politiques ; depuis 2010, il a un siège au conseil de surveillance de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pierre Schiavi, directeur gériatrie de Servier, est aussi le trésorier de la Société française de pharmacovigilance et de thérapeutique. Marie-Noëlle Banzet, directrice des affaires publiques de Servier, est à la tête de la commission économique du Leem, le syndicat professionnel de la pharmacie.

Henri Nallet, ex-ministre socialiste, a exercé pendant dix ans la fonction de conseiller de Jacques Servier pour les affaires internationales et communautaires. " Je n'étais pas là pour ouvrir des portes, se justifie-t-il, mais pour développer les affaires européennes. " D'autres laboratoires emploient des ex-politiques - Michèle Barzach, ancienne ministre de la santé (1986-1988), est présidente de la fondation GlaxoSmithKline. " C'est bien leur carnet d'adresses qu'on vise, précise un patron de laboratoire. Le jour où une crise éclate, on leur demande un coup de main. "

Cet entregent politique s'est-il révélé utile ? En 1999, quand la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) opère une mission de contrôle chez Servier, elle trouve un fichier manuel recensant 50 000 actes de candidature annotés de façon personnelle : " un peu mémère ", " profil pas clair " ; " pas le profil " (pour un homosexuel) qui en dit long sur les critères de recrutement. La CNIL a transmis le dossier au parquet, mais celui-ci " a classé sans suite ".

L'affaire du Mediator va-t-elle obliger Servier à réformer le système sur lequel il fonctionne depuis ses origines ? L'embauche d'Anne Méaux, présidente et fondatrice d'Image Sept, l'une des plus influentes agences de communication parisienne, montre que le laboratoire privilégie, pour l'heure, la protection de son image.

Yves Mamou

Par James Hetfield - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

De la pub




Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés