Texte Libre

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La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Jeudi 7 juin 2007 4 07 /06 /Juin /2007 13:40
Alors, pour en revenir à l'article d'hier voici un peu plus concrètement comment ça s'est passé. On a donc une place pour deux hommes pour être député dans la 1ère circonscription de l'Isère à l'UMP :

- Le député sortant Richard Cazenave
- Alain Carignon ancien Maire de Grenoble et accessoirement président de l'UMP Isère

Pour les investitures, en théorie, les choses sont claires : priorité au député sortant.

Il est donc clair que si Carignon avait demandé à la commission d'investiture, tel quel, de pouvoir se présenter avec l'appui du parti, on lui aurait opposé une fin de non-recevoir.

Ceci dit, c'est très mal connaitre ce lion de la politique. Les casseroles qu'il traine au cul par sa condamnation en 1996 pour corruption (rien que ça ;), ne l'empêche pas de réfléchir et d'user de la plus fine des tactiques quand il s'agit de revenir à un pouvoir qui l'a lâchement abandonné depuis 10 ans...

Pour en revenir à sa condamnation, il a en effet été condamné en 1996 pour "corruption et abus de biens sociaux", lui ayant permis un enrichissement personnel. Il a effectué 29 mois de prison avant de retrouver ses droits civils et civiques, dont il avait été privé en octobre 2002. Philippe de Longevialle, candidat UDF-MoDem dans la première rappelle aussi une partie du texte de la condamnation : "Il n'a pas hésité à trahir la confiance que ses électeurs lui manifestaient en monnayant le pouvoir qu'il tenait du suffrage universel, afin de bénéficier d'avantages matériels qui se sont élevés à 2.907.683 euros et de satisfaire ses ambitions personnelles: il a commis l'acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu". Là aussi, rien que ça ;)

Voici donc notre Carignon qui veut être investi par le parti (...et, accessoirement obtenir le financement qui va avec...) mais qui a un obstacle sur sa route en la personne du député sortant. Avec un bagou extraordinaire, il a déjà réussi à prendre la fédération UMP de l'Isère en ramenant et rameutant une partie impressionnante de souscriptions au parti. Mais être à la tête d'une fédération de suffit pas, il faut être investi nationallement. Et c'est là qu'il va savoir saisir la chance de sa nomination : les méthodes de Nicolas Sarkozy lui même...

Souvenez vous, Nicolas Sarkozy, ayant réussi à prendre l'UMP a décidé de changer les méthodes du parti : dorénavant, le militant votera pour le candidat à l'élection présidentielle ! La démocratie sera de règle jusqu'au militant à qui l'on donnera la parole et à qui on demandera régulièrement son avis par des votes réguliers... Je vous rassure, tout ça c'est de la com'. On l'a vu dans le cas du Sarko, le lobbying a été tel, qu'il s'est bel et bien retrouvé seul candidat à l'investiture et le militant de base n'a eu d'autres choix que d'avoir à choisir Sarko ou blanc... Bref, passons... Il n'empêche que la bonne parole a été donnée au niveau national : plus de démocratie envers les militants...
La suite demain...

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Par James Hetfield - Publié dans : Société
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 08:50
En tous cas, moi, ça me fait bien marrer ces petits coups bas et ces petites vacheries entre des personnes qui ne peuvent vivre que par la politique.

C'est le niveau politicien le plus bas, déconnecté à 100% des électeurs : "En tant que politicien, comment je peux gagner ma vie et les 10 000Euros/mois qui vont avec ?"

Alors on se canarde, on se tire dans les pattes en revendiquant l'étiquette UMP tant convoitée...

Demain, je vous en dirai un peu plus car cet article du Monde ne dit pas tout. En effet, j'ai eu la chance de vivre ces évènements de très près et je pourrai vous apporter des précisions très utiles si vous voulez vous marrer un bon coup...

M'enfin, le rire ça dure qu'un temps quand on pense qu'ils font ce genre de conneries avec l'argent du contribuable :s

Article du journal 'Le Monde' daté du 06 Juin 2007

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Guerre ouverte entre UMP pro- et anti-Carignon à Grenoble    

1re de l'Isère

Alain Carignon (UMP)

Richard Cazenave (UMP-diss)

Philippe de Longevialle (MoDem)

Geneviève Fioraso (PS)

LA GAUCHE redoutait qu'il ne lâche prise mais il a tenu bon. Richard Cazenave a décidé d'aller jusqu'au bout pour défendre son siège de député de la 1re circonscription de l'Isère, convoité par son ancien compagnon de route, Alain Carignon, investi par l'UMP. Le chemin est rude : le 15 mai, le président délégué de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, lui a signifié par courrier son exclusion. Richard Cazenave n'a pas déposé de recours. " Ce sont aux électeurs de trancher ", explique-t-il un peu las. Le 4 juin, l'UMP lui a fait une dernière " saloperie ", accuse-t-il en déposant contre lui un référé pour " usage fallacieux du sigle UMP et trouble destiné à fausser la sincérité du scrutin ". Blog rageur, phrases assassines, rumeurs, le climat de la campagne est délétère à Grenoble et le duel entre les deux anciens amis du RPR a déjà laissé des traces. Le 6 mai, Nicolas Sarkozy n'a recueilli que 50,68 % des voix dans ce fief de la droite qui couvre Grenoble et le Grésivaudan, refuge d'une population aisée. " Ces résultats traduisent le rejet de Carignon qui avait pris en otage la campagne présidentielle à son profit ", accuse le député sortant.

Alain Carignon, 58 ans, n'a que faire de la critique. Soucieux de laver la " tache " de son passé, l'ancien maire de Grenoble, condamné en 1996 à quatre ans de prison ferme pour corruption, espère retrouver une légitimité dans les urnes. Depuis quatre ans, l'ancien homme fort de l'Isère, qui vit entre Marrakech et Grenoble, a méthodiquement organisé son retour. En 2002, recouvant ses droits civiques, et jurant n'avoir " aucune ambition électorale ", il avait réussi, malgré l'opposition d'Alain Juppé, à réintégrer sa famille politique à la faveur de la constitution de l'UMP. Un an plus tard, le " candidat à rien " s'était fait élire à la tête de la fédération de l'Isère.

Puis, en novembre 2006, alors que la commission nationale de l'UMP avait désigné le député sortant Richard Cazenave, M. Carignon avait réussi à décrocher l'investiture aux législatives en organisant un vote des militants de la 1re circonscription. " Une pseudo-consultation ", selon M. Cazenave qui accuse son adversaire d'avoir inscrit en masse de faux militants.

" RIDICULE "

Le 9 mai, bouclant la boucle, Alain Carignon a annoncé, dans Le Dauphiné libéré, sa candidature en 2008 à la mairie de Grenoble. Isolé - la quasi-totalité des élus de la circonscription ont apporté leur soutien à Richard Cazenave -, Alain Carignon tente désormais d'organiser ses soutiens de Paris. Son blog affiche des lettres de Bernard-Henri Lévy, de Marek Halter et de François Fillon.

Un troisième larron, Philippe de Longevialle, 46 ans, le président de l'UDF de l'Isère, espère arbitrer le duel. " Les élus condamnés par la justice dans l'exercice de leur fonction doivent se retirer et faire place à de nouvelles générations, sans lesquelles Grenoble et l'agglomération s'enfonceront un peu plus dans le ridicule ", tempête cet expert immobilier, qui fut lui même le chef de cabinet... d'Alain Carignon.

Face à ce spectacle, la gauche espère faire élire sa candidate, Geneviève Fioraso, adjointe du maire de Grenoble, et tourner définitivement " la page Carignon ". Vendredi 1er juin, des acteurs du monde universitaire et culturel, anciens résistants, regroupés dans une association baptisée Barnave, devaient lancer à Grenoble un appel " pour un débat public digne ". " Nous ne laisserons pas Grenoble être l'otage de méthodes politiques qui lui ont déjà causé un tort considérable ", affirment les signataires.

Sophie Landrin (Lyon, correspondante régionale)

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Mardi 5 juin 2007 2 05 /06 /Juin /2007 17:30
Quand l'OCDE agace Londres...

C'est marrant et c'est un article tiré du journal 'Le Monde' d'il y a un mois...

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L'Organisation n'a pas apprécié l'abandon par la justice britannique d'une enquête sur des pots-de-vins versés par le fabricant d'armes BAE. Elle accuse le Royaume-Uni de vouloir la déstabiliser
L'OCDE agace Londres... et vice-versa

Rien ne va plus entre la Grande-Bretagne et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au coeur du conflit : l'abandon en décembre 2006 par la justice britannique - et ce à la demande de Tony Blair, qui a invoqué " l'intérêt général " - d'une enquête portant sur un contrat d'armement entre le groupe britannique BAE Systems et Riyad. Celui-ci se serait accompagné de pots-de-vin à des membres de la famille royale saoudienne.

L'organisation internationale ne cache pas son irritation alors que la Grande-Bretagne a signé, en 1997, la convention de l'OCDE contre la corruption, comme les 29 autres membres de l'institution ainsi que l'Argentine, le Brésil, la Bulgarie, le Chili, l'Estonie et la Slovénie. Celle-ci interdit justement la corruption de représentants des Etats étrangers dans les transactions commerciales internationales.

A deux reprises, le groupe de travail de l'OCDE sur la corruption a fait connaître son irritation. Une première fois le 18 janvier, où il a exprimé " ses graves inquiétudes " sur la volonté réelle de Londres de lutter contre la corruption. Une seconde, le 14 mars, où il a " souligné les lacunes persistantes de la législation britannique anticorruption ". Et décidé d'envoyer une équipe à Londres, au plus tard d'ici à un an, pour faire le point sur les efforts britanniques accomplis dans la lutte anticorruption. Un traitement sévère, dont seul le Japon a jusqu'ici fait l'objet et qui pourrait bientôt être appliqué à l'Irlande.

Au-delà de l'affaire BAE Systems, l'OCDE juge que la Grande-Bretagne traîne les pieds pour respecter ses engagements. Et pour transposer dans sa loi le texte qu'elle a signé. Après lui avoir demandé, en 2003 comme en 2005, d'" adopter une législation moderne sur la corruption transnationale ", elle se dit désormais " gravement préoccupée par le fait que cette recommandation reste inappliquée ". " En outre, ajoute le groupe de travail, la loi britannique sur la responsabilité des personnes morales demeure déficiente " dans la mesure où elle ne s'applique pas aux cas de corruption transnationale.

Autant de remontrances que la Grande-Bretagne n'apprécie pas du tout. Au château de la Muette, siège de l'OCDE à Paris, on se dit persuadé qu'elle cherche désormais à déstabiliser l'institution.

Le Suisse Mark Pieth, professeur de droit à l'Université de Bâle, reconduit chaque année depuis dix-huit ans à la tête du groupe anticorruption de l'OCDE, affirme que les autorités britanniques tenteraient de l'évincer. Les plénipotentiaires de sa Majesté ont laissé entendre qu'ils pourraient mettre leur veto au renouvellement de son mandat qui vient à terme en janvier 2008.

" J'ai appris que l'ambassadeur de Grande-Bretagne, début mars au détour d'un couloir de l'Organisation, a demandé qu'il soit fait quelque chose pour que je sois démis de mes fonctions ", déclare M. Pieth. Des accusations démenties par le Foreign Office. Toujours est-il que, lors d'une récente réunion de l'OCDE à Paris, les représentants britanniques l'ont empêché de tenir une conférence de presse.

Le secrétaire général de l'OCDE - Angel Gurria, l'ancien ministre des finances mexicain, entré en fonctions en juin 2006 - se dit également victime des foudres londoniennes. Et c'est à elles qu'il attribue les accusations de népotisme parues, le 20 avril dans le magazine britannique The Economist. Celui-ci a révélé que M. Gurria avait fait faire des travaux somptuaires dans son appartement de fonction et fait employer sa fille par l'OCDE.

Ces attaques, " mêlant les insinuations, les ragots et les demi-vérités ", ne sont pas tout à fait innocentes, juge M. Gurria dans un communiqué : " Il n'y a rien d'étonnant " à ce qu'elles se produisent maintenant alors que " ces derniers mois, plusieurs affaires importantes ont été mises au jour et examinées par le groupe de travail de l'OCDE sur la corruption ".

L'institution reconnaît qu'il y a eu des travaux importants dans la résidence de M. Gurria, pour 1 186 000 euros, avec un dépassement de 160 000 euros. L'hebdomadaire britannique affirme, pour sa part, que le dépassement est près de trois fois plus important. L'OCDE tient à préciser que la décision d'entreprendre ces travaux a été prise avant l'entrée en fonctions de M. Gurria et que, l'Organisation étant propriétaire de ce bien de grande valeur, il est de son devoir d'y effectuer des travaux de maintenance.

" Ce travail de rénovation représente un investissement légitime pour garantir la valeur d'un bien de l'organisme ", souligne-t-on au service de la communication. Cet appartement de 480 mètres carrés " n'avait fait l'objet d'aucune maintenance sérieuse pendant plus de vingt ans ", répond M. Gurria. Quant à l'entreprise retenue, elle a parlé de " gros travaux de rénovation, de retrait d'amiante, de renforcement de la sécurité et de modernisation de l'organisation du réseau de communication ".

Le secrétaire général admet, par ailleurs, que sa fille Eva a bien été employée à la direction de l'éducation de l'OCDE, pour un salaire mensuel imposable de 1 342 euros. Mais elle a quitté ce poste au bout de deux semaines pour mettre fin à la polémique qui montait à son sujet.

The Economist accuse également M. Gurria d'avoir favorisé l'embauche du mari de sa chef adjointe de cabinet, Ricardo Lopez. Ce dernier était pressenti pour un poste administratif de rang 4 (les fonctionnaires seniors atteignant le rang 7) au Centre de développement de l'OCDE. Soumise, parmi d'autres, à l'approbation de la directrice du centre, le professeur Louka Katseli, sa candidature a, toutefois, été rejetée. Depuis, il a trouvé une autre affectation contractuelle d'un an, comme leveur de fond pour le même service.

M. Gurria défend les compétences de M. Lopez, auparavant directeur financier d'une coopérative agricole au Mexique et qu'il considère comme " hautement qualifié " pour ce travail. Et de préciser qu'en raison de la difficulté à obtenir un permis de travail en France " l'OCDE a pour politique d'aider les conjoints de ses employés à trouver un emploi à Paris, en particulier lorsqu'ils ne sont pas ressortissants d'un pays de l'Union européenne ".

Les accusations de The Economist n'ont manifestement pas déstabilisé M. Gurria en interne. L'Association du personnel de l'institution, qui fait office de syndicat au sein de l'Organisation, juge que le magazine britannique a attaqué " violemment et de façon malveillante l'institution de l'OCDE et son secrétaire général ". " Nous considérons tous que mettre en cause l'intégrité et la crédibilité de l'OCDE équivaut à jeter un discrédit sur l'ensemble du personnel ", précisent les salariés dans une note exceptionnellement mise en ligne sur le site Internet de l'OCDE.

Les hauts fonctionnaires de l'institution considèrent dans leur majorité que la plaisanterie est de mauvais goût. " Ce ne sont que des commérages préjudiciables à l'institution, à une période où elle doit se réformer, ouvrir la porte à de nouveaux membres et définir de nouvelles priorités pour devenir un think tank intelligent et audacieux ", s'indigne Michel Vanden Abeele, chef de la délégation de la Commission européenne auprès de l'OCDE. Et de souligner : " J'étais dans le comité de sélection du secrétaire général et Angel Gurria était le meilleur des six candidats. "

Maguy Day

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Lundi 4 juin 2007 1 04 /06 /Juin /2007 14:00
C'est un peu limite ça comme décision... Je croyais que ce genre de cas relevait de la liberté d'expression...

A méditer...

Je vous le mets car ça vient de ma région natale ;)

Un article du journal 'Le Monde' du 05 Mai 2007

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JUSTICE LA DIRECTION AVANCE L'INSUFFISANCE PROFESSIONNELLE
A Metz, un professeur de dessin a été licencié pour une caricature

METZ CORRESPONDANT

Auteur de bandes dessinées chez Fluide glacial et professeur vacataire à l'Ecole municipale des beaux-arts de Metz, Yann Lindingre, 37 ans, vient d'être licencié pour " insuffisance professionnelle ". Un motif couperet qui dispense l'employeur de toute justification et prive sur le champ l'intéressé de son poste, alors que sa titularisation semblait imminente.

" Je venais de réussir le concours de la fonction publique territoriale et j'ai toujours été très bien noté ", s'étonne le dessinateur, " convaincu " que c'est dans son dernier album, Titine au bistrot, que se trouve la clé de son licenciement. " Le directeur me l'a dit verbalement : "T'es viré parce que t'as caricaturé des collègues." J'ai aussitôt fait intervenir le service juridique de Flammarion - maison mère de Fluide glacial - , à la suite de quoi mon "insuffisance professionnelle" fut invoquée ", relate Yann Lindingre.

Défendu par une partie de ses collègues et de nombreux étudiants, qui ont fait circuler une pétition en sa faveur et qui ont manifesté devant l'école, l'auteur est également encouragé par plusieurs de ses confrères (Baru, Lefred-Thouron...), dont les dessins sont publiés depuis jeudi 3 mai sur un " blog de soutien ".

Une planche relatant une scène de vernissage d'exposition, où deux arrivistes affublés d'un groin devisent de manière grossière sur l'art contemporain, serait à l'origine des ennuis du dessinateur-enseignant. " Le directeur de l'école et son adjointe ont cru s'y reconnaître mais cette extrapolation n'engage qu'eux, se défend Yann Lindingre. " C'est vrai que, lorsque quelqu'un me tape sur le système, il peut m'inspirer, mais rien, dans cet album, ne permet d'affirmer que c'est untel ou untel qui était visé ", ajoute l'auteur, qui ne nie pas, pour autant, être en " désaccord total " avec la hiérarchie de l'école.

Interpellé sur ce sujet par un conseiller municipal d'opposition, Jean-Marie Rausch (d. dr.) maire de Metz et président de la communauté d'agglomération qui gère directement l'école, a répondu, que de telles caricatures étaient " inacceptables ".

L'élu stigmatise, en particulier, une croix gammée nazie glissée dans une bulle attribuée à l'un des personnages. " C'est, j'en conviens, un procédé un peu couillon pour suggérer l'accent allemand mais ce raccourci a déjà été utilisé dans des centaines de BD ", se justifie le dessinateur. Le maire, de son côté, dément avoir voulu exercer une quelconque " censure " à son encontre. " Ce monsieur m'a adressé une lettre avec des mots très durs contre la direction de l'école où il prétendait être embauché. Il n'est pas acceptable de cracher ainsi dans la soupe ", a-t-il expliqué.

Yann Lindingre a saisi le tribunal administratif de Strasbourg d'un recours en excès de pouvoir.

Nicolas Bastuck

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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /Juin /2007 12:30
Je vous laisse le soin de penser ce que vous voulez de cet article du journal 'Le Monde' qui est paru il y a tout juste un mois...

A bientôt ;)

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Jean-Philippe Bouilloud :
" Des rémunérations sans rapport avec le risque encouru "

Les dirigeants tendent à justifier le niveau de leur rémunération par l'existence d'un " marché international ", sur lequel les entreprises françaises doivent attirer les meilleurs. Qu'en pensez-vous ?

Le problème posé par la rémunération des dirigeants est de savoir si cette rémunération représente un prix ou une valeur. Si la notion de valeur renvoie aux qualités intrinsèques d'une personne, celle de prix renvoie effectivement à un échange, à un marché. Celui-ci existe dans le cas des cadres dirigeants : directeur financier, directeur de recherche, des achats, etc. Les effectifs sont nombreux, la mobilité est forte et internationale, l'information sur les rémunérations existe, les comparaisons sont possibles. Mais ce n'est pas le cas pour la poignée de patrons de groupe : il n'y a pas de transparence et très peu de mobilité. Dans les pays développés, les grandes entreprises sont dirigées, à quelques exceptions près, par des nationaux. Sauf peut-être aux Etats-Unis, où les grosses sociétés sont suffisamment nombreuses et la fonction suffisamment volatile pour que les échanges soient nombreux, dire qu'il y a en France, ou même en Europe, un marché des patrons est tout simplement faux. Car leur désignation obéit aux lois des réseaux d'influence propres à chaque pays et pas à celles du marché. De plus, leur rémunération est déterminée par les conseils d'administration, et non, comme ce devrait être le cas sur un marché, par ceux qui paient, à savoir les actionnaires.

    CV

2004
Jean-Philippe Bouilloud, professeur à l'ESCP-EAP, est coauteur d'Argent : valeurs et sentiment (L'Harmattan,

coll. " Changement social ").

1999
Il devient codirecteur du Centre d'études et de recherches sociologiques, commun

à l'ESCP-EAP et au Laboratoire

de changement social

(université Paris-VII).

1990
Il entre au département stratégie, hommes

et organisations de l'ESCP-EAP.
[-] fermer



La rémunération n'est-elle pas alors gagée sur la valeur créée par les dirigeants au bénéfice des actionnaires ?

C'est en effet l'autre argument avancé par les patrons pour justifier leurs revenus : il pose la question de l'évaluation du travail du dirigeant. Mais, premièrement, un patron ne travaille jamais seul, mais avec des collaborateurs, qui préparent l'information et proposent des décisions. La responsabilité du dirigeant est d'arbitrer, mais il le fait en interaction avec son environnement. Rémunère-t-on alors cette valeur de coordination, d'arbitrage ? C'est difficile à dire. Il est en revanche plus clair que le fait d'assumer la responsabilité des décisions, portée par le seul patron, puisse avoir une valeur. D'autant que les occasions de mise en cause juridique de cette responsabilité se multiplient dans le monde des affaires.



Il s'agirait donc de couvrir un risque ?

En quelque sorte, mais il ne faudrait tout de même pas croire que c'est le salaire de la peur ! Surtout en France. Les ex-dirigeants d'Enron sont en prison, mais ceux du Crédit lyonnais n'ont guère eu de problèmes judiciaires. Il est difficile, aux Etats-Unis, de retrouver la confiance d'actionnaires après un échec, mais en France, on retourne tout simplement dans son corps d'origine. Et on ne risque pas de " class action ". Les rémunérations versées aux dirigeants n'ont en réalité guère de rapport avec le risque encouru. Il n'existe aucun fondement théorique, économique, organisationnel pour expliquer que la rémunération d'un patron soit tout à coup multipliée par 30 ou 50.



Peut-on dire que ces rémunérations ne sont pas légitimes ?

Il est incontestable que la fonction de dirigeant exige un sacrifice personnel énorme, un travail éreintant. Mais le problème vient du différentiel trop important entre la rémunération de cet effort et le salaire moyen de l'entreprise, ou même de son équipe de direction. Les salariés ont inévitablement le sentiment que leurs propres efforts contribuent à augmenter le salaire de leur patron, et non la valeur de l'entreprise. C'est un effet pervers dont les patrons peinent à se rendre compte, tant ils sont enfermés dans des logiques de comparaison entre pairs et dans des habitudes de " pas vu pas pris ", venues d'une époque où ces questions étaient encore frappées du sceau du secret, considérées comme strictement privées, et où il n'existait aucun contre-pouvoir. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Pour retrouver leur légitimité, les patrons doivent obtenir des rémunérations en continuité avec les autres postes de direction. Devenir patron est une progression de carrière comme une autre, qui mérite à ce titre une augmentation : cela, tout salarié peut l'entendre.

Propos recueillis par Antoine Reverchon

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