Ce qui est marrant, dans cet article, c'est que l'on stigmatise les vélos, alors que les deux roues motorisés font l'objet d'un bien plus grand nombre de victimes en la matière. En effet, ils sont
sur-représentés à la fois dans les grands blessés et dans les décès dus à la circulation...
Mais c'est vrai que, comme il est bien plus facile d'arrêter un cycliste qu'un motard, quand on est flic, on se prive pas : même si la population est moins à risque, le fait qu'il suffise de se
baisser pour verbaliser fait qu'on n'est pas très regardant en la matière... La prioritisation du ciblage par risque d'accidents est moins prioritaire que le chiffre : encore une bien belle preuve
de la bêtise de notre pouvoir répressif !
Un article du journal 'Le Monde' daté du 07/06/2008.
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Cyclistes en ville et à la campagne : attention aux contraventions
Vie quotidienne, formalités... " Le Monde " répond aux questions des lecteurs
De plus en plus nombreuses,
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les amendes infligées aux cyclistes indisposent ces derniers. Pourtant, il en va de leur sécurité... et de celle des autres.
Pour avoir roulé à vélo sur le trottoir, mon fils, étudiant, a écopé d'un PV de 90 euros ", déplore Martine, notre lectrice. Elle ne conteste pas l'amende, mais " estime que le montant est excessif
".
La tentation est grande, en effet, d'emprunter le trottoir dans une rue à sens unique, plutôt que de faire un détour. Or, selon le code de la route, le vélo est considéré comme un véhicule normal.
Le cycliste a donc les mêmes obligations et encourt les mêmes sanctions que l'automobiliste, à l'exclusion du retrait de points sur le permis de conduire.
Seuls les enfants de moins de 8 ans ont le droit de rouler sur le trottoir. Hors agglomération, le long des routes pavées ou en état de réfection, les cyclistes sont autorisés à circuler sur les
trottoirs et contre-allées, " à l'allure du pas et à la rencontre des piétons " (article R.431-10 du code de la route).
En ville, ils peuvent, sauf dispositions différentes prises par la municipalité, emprunter les aires piétonnes " à condition de conserver l'allure du pas et de ne pas occasionner de gêne aux
piétons " (article R. 431-9). Il faut donc se renseigner en mairie.
S'il conduit son vélo à la main, pour traverser sur le passage protégé par exemple, le cycliste redevient piéton (article R.412-34). La Prévention routière conseille de procéder ainsi pour tourner
à gauche en toute sécurité.
La liste des infractions fréquentes commises par les cyclistes ne s'arrête pas là. On les voit brûler les feux rouges, circuler en sens interdit, téléphoner en roulant. Ils oublient qu'ils font
courir des risques à eux-mêmes, aux piétons et aux automobilistes, qu'ils obligent à de dangereuses manoeuvres d'évitement. Téléphoner n'entraîne qu'une amende de 22 euros (contravention de
deuxième classe). Les autres infractions sont passibles d'une contravention de quatrième classe : 90 euros.
Selon la préfecture de police de Paris, le nombre d'infractions commises par les cyclistes est passé de 3 904 en 2006 à 11 269 en 2007. Cette augmentation est due en partie aux consignes de
sévérité de la police et peut-être au succès du Vélib', lancé en juillet 2007.
Une étude de l'Observatoire national interministériel de sécurité routière (Onisr, février 2008) indique que 181 cyclistes sont morts et 1 745 ont été grièvement blessés dans les 4 979 accidents de
la circulation qui ont eu lieu en 2006. Le taux de responsabilité des cyclistes était de 44,4 % dans les accidents survenus avec un piéton. Les plus graves concernaient les hommes âgés de plus de
65 ans (83 % des cyclistes tués), suivis des 15-25 ans. Enfin, le taux de gravité des accidents est cinq fois plus élevé en rase campagne qu'en ville.
C'est pourquoi la Prévention routière conseille aux cyclistes de ne jamais rouler à plus de deux de front (article R.431-6 et 7 du code de la route), et de se mettre en file indienne dès la tombée
du jour ou lorsqu'un véhicule s'apprête à les dépasser. Elle les invite aussi à veiller à leur équipement. La sonnette, qui doit être entendue à plus de 50 mètres, l'éclairage (feux de position
avant et arrière) et les catadioptres sont obligatoires (articles R.313-3 et 5, R.313-18 à 20 et R.313-33). Leur absence est passible d'une amende de 33 euros.
On peut y ajouter un écarteur de danger à l'arrière et à gauche (R.313-20), un rétroviseur, un gilet réfléchissant pour être vu de loin et, surtout, un casque. Selon la Commission de la sécurité
des consommateurs (CSC), les traumatismes crâniens représentent 80 % des décès à vélo. Au Canada, dans les provinces qui avaient rendu le port du casque obligatoire, le nombre de traumatismes
crâniens a été réduit d'environ 80 %.
La sécurité dépend aussi des automobilistes qui, trop souvent, ne respectent pas la distance minimale de 1 mètre à laisser entre leur véhicule et les cyclistes. Quant aux piétons, ils empruntent ou
traversent les pistes réservées aux cyclistes sans égard pour ces derniers, qui risquent des chutes graves.
Michaëla Bobasch
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