Suite à l'article d'hier, voici de l'eau apportée à mon moulin : les motos forment un gros contingent de tués et de blessés en tout genre, mais, à Paris, l'attention se porte sur les vélos car ils
sont plus faciles à chopper...
Malheureusement pour cette situation, les faits semblent me donner raison d'après un rédacteur en chef dont on ne peut pas dire qu'il n'est pas un spécialiste en la matière !
Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 juin 2008
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Incivilités aujourd'hui, jungle demain
Le nombre de tués sur la route a augmenté à cause du comportement des deux-roues. La Sécurité routière devrait les inciter à une meilleure conduite
La ministre de l'intérieur s'interroge, et avec elle le gouvernement, sur les résultats de la Sécurité routière, les blessés graves sur les routes sont moins nombreux en mai 2008 qu'en mai 2007,
mais le nombre de tués a augmenté de 10 %. La violence routière monte d'un cran, les exemples de ces derniers jours (week-end du 15 juin) en témoignent. D'où vient cette brusque montée de la
violence routière ? Je risquerai une hypothèse : paradoxalement, du comportement des deux-roues.
Certes, les deux-roues sont souvent des victimes de premier rang. Quelques chiffres le disent : les deux-roues motorisés ne représentent que 0,8 % des transports privés français, mais 23 % des tués
et près de 30 % des blessés ! En rapportant la proportion au nombre de kilomètres parcourus, on a 20 fois plus de " chances " d'avoir un accident en tenant un guidon qu'un volant. Dans les
accidents corporels moto/voiture, les voitures sont plus souvent responsables (48 %) que les motos (31 %). Mais la proportion s'inverse pour les accidents mortels (47 % pour les motos contre 45 %
pour les voitures).
Les deux-roues sont donc victimes, mais ils sont aussi largement responsables. Quoi ? Comment ? Que dit-il ? Ces " pauvres " deux-roues, responsables de l'insécurité routière, alors que rien ne les
protège, sinon leur casque, et encore, quand ils ont un intégral ?
Et pourtant ? Depuis quelque temps, les autorités politiques, préfectures, municipalités, favorisent, en ville notamment (et plus d'un Français sur deux vit en ville), les deux-roues. La voiture
pollue, prend de la place, alors haro sur la voiture. Parking à 3 euros de l'heure, emplacement horodaté, parfois au même prix, radar, pluie de contraventions : la voiture a droit à un régime
spécial que les deux-roues ne connaissent pas.
LES DOIGTS D'HONNEUR
Quel est le régime de faveur des deux-roues ? Ils se garent n'importe où (et c'est gratuit), sont en permanence en excès de vitesse (si vous habitez à Paris, regardez autour de vous, rares sont les
deux-roues circulant à moins de 50 km/h), grillent des feux rouges, font fi des radars, oublient leur clignotant, prennent les sens interdits, doublent à droite, circulent sur les trottoirs,
prennent les couloirs de bus, polluent plus que les voitures (2,5 millions de deux-roues consomment 1 % du carburant utilisé, mais émettent plus de 10 % des polluants), font du bruit (tendez
l'oreille, on n'entend qu'eux), multiplient les doigts d'honneur pour vous faire comprendre, à vous les " caisseux ", cyclistes et piétons, que la rue leur appartient... Arrêtons-nous, la liste
serait trop longue.
Résultat, depuis l'essor du deux-roues motorisé, l'incivilité est devenue galopante. Car à qui les deux-roues donnent-ils le mauvais exemple ? Aux cyclistes, qui partagent maintenant la rue avec
eux, mais surtout aux automobilistes, qui deviennent frustrés à ne pouvoir se déplacer avec autant de liberté et se disent : " Après tout, pourquoi je ne me comporterais pas comme un deux-roues ? A
défaut de la rue, la route est à moi, alors sus à tous ceux qui voudraient me contraindre (la maréchaussée, mais surtout les autres, tous les autres, les automobilistes... et les deux-roues). " Et
parmi ces automobilistes frustrés et agressifs, figurent bien sûr d'anciens utilisateurs de deux-roues devenus " caisseux ", lorsque la famille s'agrandit, et qui conduisent leur voiture comme ils
ont toujours conduit... à l'inspiration. La boucle est bouclée. Résultat : un retour du refoulé meurtrier qui s'accélère en proportion du taux d'incivilités accepté venant des deux-roues.
Car finalement, au nom de quelle loi, de quelle liberté, un deux-roues a-t-il le droit de faire plus de bruit qu'une voiture et de conduire comme bon lui semble et comme ça l'arrange ? Mais voilà,
qui osera s'en prendre aujourd'hui aux jeunes, principaux conducteurs de deux-roues, dans une société où l'on estime qu'ils font déjà les frais de l'impéritie de leurs aînés ? Pourtant, la Sécurité
routière pourrait être inspirée de passer par ces mêmes jeunes pour éduquer tous les utilisateurs de la route à un meilleur comportement... Une décision courageuse qui n'est pas de saison.
Jean-Luc Martin
Ancien rédacteur en chef d'" Auto Moto " et de " L'Automobile Magazine "
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