Mardi 22 juillet 2008
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2. L'Etat doit se désengager complètement et laisser faire...
M'est avis qu'entre la première méthode et la deuxième, on peut avoir une troisième voie : aider au financement de la recherche pour le développement de solutions vertes : ce que l'on appelle un
investissement vert.
On pourrait aider les entreprises à développer des alternatives aux moteurs fonctionnant à l'énergie fossiles actuels.
On pourrait aider les consommateurs à acquérir un véhicule vert.
Mais le financement ad-hoc de l'essence ne me paraît pas être une bonne idée car l'essence ne baissera jamais dû au fait que la disponibilité de l'essence n'est pas infinie. Cela reviendrait à
essayer de vider une baignoire avec une petite cuillère, tout en ayant oublié de fermer le robinet...
Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Juin 2008
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Ecofrictions
Finalement, l'essence n'est pas si chère
L'essence coûte-elle trop chère ? Lorsqu'on se place du côté des pêcheurs, routiers, taxis et automobilistes, la réponse est assez évidente. La hausse des prix des carburants est en train de mettre
en péril quantité de professions, créant des situations individuelles dramatiques. Pourtant, lorsqu'on remet les choses en perspective, la réponse n'est pas si limpide.
Tout un chacun est persuadé que le budget consacré à ses déplacements a explosé. C'est vrai sur le très court terme, mais lorsqu'on prend un peu de recul, cette impression se révèle fausse. Prenons
le coût d'usage d'une voiture, qui comprend l'amortissement du prix d'achat, l'entretien, l'assurance, le carburant, les taxes et réglementations. Dans cette enveloppe, le carburant compte pour
environ un tiers. Or, malgré la flambée récente des prix du baril, le cabinet Arthur D. Little a calculé que le coût d'usage actuel d'un véhicule est encore de 30 % à 35 % inférieur à celui de
1984. " Il faudrait que le prix de l'essence atteigne 2,5 euros le litre pour retrouver le niveau du coût d'usage de 1984, soit un baril à 200 dollars ! " note le cabinet.
Autre façon d'aborder le problème : sur une longue période, se déplacer coûte de moins en moins cher. Deux indices tendent à le prouver. Le parc automobile a littéralement explosé. En
Ile-de-France, en vingt ans, le taux d'équipement automobile des ménages a augmenté de l'ordre de 30 % et la proportion de ceux possédant plusieurs voitures a doublé.
La raison : le pouvoir d'achat a progressé à un rythme infiniment plus rapide que le prix de l'énergie. Le consultant Jean-Marc Jancovici s'est livré au calcul suivant : selon lui, le prix du baril
de pétrole en monnaie constante valait 20 dollars en 1880, moins de 20 dollars en 1970 et en 1990. Or depuis 1880, le pouvoir d'achat a été multiplié par dix ! " L'énergie abondante et à bas prix a
progressivement permis au consommateur occidental de se retrouver à la tête d'une armée d'"esclaves énergétiques", qui nous fournissent objets et nourriture à profusion, mobilité à bas prix et tout
ça pour juste 35 heures par semaine ", résume M. Jancovici.
La logique du système pourrait être, d'une certaine façon, vertueuse, si elle n'était pas bâtie sur une ressource non renouvelable. A partir du moment où les perspectives d'extraction sont
inférieures aux anticipations de consommation, tout bascule et le système est rattrapé par une vérité des prix. Il va donc falloir travailler plus pour obtenir autant d'énergie, en attendant de
trouver des solutions alternatives aux hydrocarbures.
Refuser de regarder cette réalité en face en demandant aux pouvoirs publics de subventionner les carburants ne fait que déplacer le problème dans le temps, mais ne le règle pas. Ce que l'on peut
leur reprocher en revanche, c'est de n'avoir pas suffisamment anticipé l'ère de l'après-pétrole. Accepter de payer le baril plus cher est douloureux au quotidien, déstabilisant sur le plan
économique, mais c'est le seul moyen de repenser vraiment les modes de développement. Le temps de la désintoxication des consommateurs est sans doute venu.
Stéphane Lauer
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