La réponse du berger à la bergère ! J'avais mis sur ce blog un article de Jean-Luc Martin qui était ancien rédacteur en chef d'" Auto Moto " et de " L'Automobile Magazine ". Force est de constater
que cet article a fait mouche et qu'il n'est pas passé dans l'oreille d'un sourd !
Bon, maintenant, il faut savoir que la réponse est donnée par France WolfPatrick Jacquot qui est coordinatrice du bureau de la FFMC et PDG de la Mutuelle des motards, c'est à dire que son discours
est TOUT SAUF INDEPENDANT ! Elle a des intérêts financiers évident à défendre ses contributeurs. Son discours est donc très clairement orienté et doit être pris avec d'énormes précautions. De prime
abord, en cernant les responsabilités des deux auteurs, la prime à l'indépendance viendrait plutôt au premier auteur qui est 'ex-' rédacteur, alors que sa consoeur, elle, est active dans ses
responsabilités.
Cependant, je crois que l'interlocutrice présente ne dit pas que des âneries :
- 'alors que les nouveaux conducteurs de deux-roues sont majoritairement des automobilistes lâchés sur la route sans la moindre formation'. Ceci est extrêmement vrai. Même si le phénomène est
d'autant plus marqué en région Parisienne où il est devenu invivable d'être automobiliste. Ceci est-il vrai ailleurs en France ? Je n'en suis pas sûr du tout. D'ailleurs, on voit que l'article est
très 'Parisianiste', et que l'on occulte les autres régions de France en voulant faire de Paris le modèle de ce qui se passe ailleurs. C'est l'une des nombreuses failles de cet article.
Elle dit aussi quelques bêtises :
- On commence par la plus grosse connerie en la matière : 'Dans plus de deux tiers des accidents, la responsabilité des deux-roues est nulle'. C'est oublier un peu rapidement que le motard part
avec un inconvénient de taille par rapport à ses copains les automobilistes : il n'a pas de protection constituée par une 'caisse' ! Dès lors, cet inconvénient doit passer par le fait qu'il doit
être plus prudent que les autres car il ne part pas avec les mêmes avantages. En clair, c'est pas parce que le code de la route lui donne raison, qu'il doit forcer ses droits... Un vieil adage dit
"Les cimetierres sont pleins de gens qui ont raison", et je pense que cet adage s'applique très bien avec le cas présent.
- Aux radars que je connais, il y en a encore énormément qui flashent par l'avant. On est donc loin 'des radars qui " flashent " majoritairement par l'arrière'.
- Quand elle dit : 'de rares parkings dédiés aux deux-roues, et flanqués d'horodateurs, comme à la Défense.', évidemment, si il y en a à la Défense, il y en a partout, car chacun sait que 'La
Défense' est le centre de la France, bien évidemment...
- Quand elle dit 'Ils y observeraient qu'un stationnement, même respectueux, n'empêche nullement un enlèvement par la fourrière.', on aurait bien aimé, ne serait-ce qu'un exemple prouvant ses
dires...
- Quand elle dit 'synonyme d'une multiplication aussi exponentielle qu'intéressée des radars.', là on touche à l'imbécilité pure ! Je rappelle que l'homme politique ne voit pas son salaire évoluer
en fonction des radars qu'il met en place ! Je rappelle aussi que l'argent de l'Etat...c'est l'argent du contribuable ! Donc, si il y a intéressement, c'est avant tout sur le contribuable qu'il est
et je ne vois certainement pas où est le mal...
- Quand elle dit 'Elle s'est longtemps doublée du refus catégorique d'engager des études sur l'accidentologie moto', j'aurais bien aimé avoir, là aussi un exemple. Car les chiffres sont connus :
sitôt qu'il y a un accident corporel (ce qui arrive quand même très souvent pour les motards), l'intervention des forces de l'ordre est obligatoire et donne lieu à un rapport, qui donne lieu à la
mise en place de statistiques. Les chiffres, on les a... Je ne vois donc pas ce que madame veut dire...
J'arrêterai là pour les imbécilités dites dans l'article, car, autrement, j'y passerai mon samedi. Je vois juste qu'après avoir épluché le tiers de l'article, je ne vois qu'une orientation très
clairement affirmée, ce, pour les motifs sus-cités.
Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Juillet 2008
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Deux-roues, zéro neurone ?
Dans plus de deux tiers des accidents, la responsabilité des deux-roues est nulle
L'insécurité routière a fait une victime de plus : Jean-Luc Martin, signataire dans ces colonnes (Le Monde du 24 juin) d'un article dénonçant le " vrai coupable " de l'insécurité routière, à savoir
le comportement des deux-roues : ils se garent n'importe où, nous explique-t-on ; ils ne respectent ni les limitations de vitesse, ni les feux rouges, font fi des radars, doublent à droite,
polluent plus que les voitures, montent sur les trottoirs et, pour finir, se comportent comme si la rue leur appartenait. Un tel individualisme rejailliraitt sur tous les conducteurs, nous dit-on.
Au contact des deux-roues, personne n'est épargné : cyclistes, piétons et, bien sûr, automobilistes n'ont pour alternative que de (se) conduire en véritables sociopathes.
Nous ne saurions trop conseiller aux " victimes " de ces préjugés une visite de la capitale. Ils y découvriraient des radars qui " flashent " majoritairement par l'arrière, de rares parkings dédiés
aux deux-roues, et flanqués d'horodateurs, comme à la Défense. Ils y découvriraient le fossé abyssal qui sépare les deux-roues du nombre de places qui leur est dédié. Ils y observeraient qu'un
stationnement, même respectueux, n'empêche nullement un enlèvement par la fourrière. Ils vérifieraient que les deux-roues ne bénéficient d'aucun traitement de faveur de la maréchaussée.
Il ne s'agit pas ici de nier des comportements asociaux, ils existent. Il s'agit plutôt de comprendre ce qui relève du mépris de l'autre d'une part, et ce qui relève de l'inadéquation des règles
actuelles de circulation d'autre part. La stigmatisation des motards est cyclique depuis trente ans : elle a permis la mise en place d'une politique de sécurité routière essentiellement répressive,
synonyme d'une multiplication aussi exponentielle qu'intéressée des radars. Elle s'est longtemps doublée du refus catégorique d'engager des études sur l'accidentologie moto, confinant le motard
dans le rôle du bouc émissaire, sur fond de dramatisation perpétuelle de l'insécurité routière et de diabolisation de la vitesse.
SCÉNARIO ÉCULÉ
Patatras ! En 2004, sous l'égide de la Commission européenne, une première grande étude sur l'accidentologie moto est venue bousculer ce scénario éculé, et confirmer ce que la Fédération française
des motards en colère (FFMC) et la Mutuelle des motards expliquent depuis près de trois décennies : dans 70 % des accidents impliquant un deux-roues, celui-ci roulait à moins de 50 km/h au moment
de l'impact. Et dans plus de deux tiers des cas, sa responsabilité est nulle. En droite ligne du continuum éducatif pour une éducation routière dès l'école prônée par la FFMC, la Mutuelle des
motards a ainsi proposé, dès 1996, lors du retour de l'équivalence permis auto-permis 125, un module de formation de douze heures ouvrant droit à une importante réduction de la cotisation annuelle.
En comparaison, en 2007, le gouvernement Villepin a imposé trois heures de " sensibilisation " à la conduite du deux-roues aux détenteurs du permis B.
L'ironie du sort veut que l'on accuse les motards ou les " scootards " de " contaminer " les autres usagers de la route au virus du chacun pour soi, alors que les nouveaux conducteurs de deux-roues
sont majoritairement des automobilistes lâchés sur la route sans la moindre formation. La même ironie conduit facilement à stigmatiser les jeunes, qui seraient intouchables, alors que l'âge moyen
du conducteur de deux-roues motorisé est, en France, de 39 ans. Il est urgent de prendre conscience de cette nouvelle démocratisation du deux-roues et de ses enjeux.
Il est urgent d'en finir avec le fantasme du motard hédoniste, irresponsable, qui conforte pouvoirs publics et " fins " observateurs de la société française dans leur refus de comprendre que le
deux-roues à moteur est devenu un mode de transport à part entière. Dans le cas contraire, on continuera longtemps encore à brandir la liste des morts sur la route en pointant du doigt motards et
scootards. Car, en cas d'accident mortel, le mort, c'est souvent le motard. Et il ne peut plus se défendre.
France WolfPatrick Jacquot
Coordinatrice du bureau de la FFMC
PDG de la Mutuelle des motards
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