Jeudi 11 décembre 2008
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Arf ! C'est marrant cette histoire qui se déroule dans mon département !
Où l'on voit que la Justice (...Grenobloise...) est plus zélée pour faire taire les revendications syndicales que les revendications patronales...
Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Octobre 2008
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Ecofrictions
Des syndicalistes trop curieux devant les juges
trop curieux devant les juges
Chez Becton Dickinson France, les fouineurs sont très mal vus, surtout lorsqu'ils se hasardent à déballer sur la place publique des documents qui n'auraient pas dû tomber entre leurs mains.
Implantée à Pont-de-Claix (Isère), dans la banlieue sud de Grenoble, cette entreprise de matériels et d'équipements médicaux a porté plainte contre dix syndicalistes de la CFDT, de la CGT et de FO
pour " soustraction frauduleuse de données informatiques ".
Grâce à un concours de circonstances plutôt cocasse, ces représentants du personnel avaient découvert et livré à la presse des écrits d'un responsable des ressources humaines, qui expliquaient
comment " contourner les syndicats ". Ils seront jugés, vendredi 31 octobre, par le tribunal correctionnel de Grenoble.
Les faits remontent à février 2005, raconte Jean-Jacques Benhamou, l'un des prévenus (membre de la CFDT). Durant une réunion de négociations sur un accord d'intéressement, le directeur des
relations sociales, Damien Froment, s'absente quelques minutes pour imprimer des documents dans une autre pièce. Lors de la suspension de séance, des élus du personnel continuent de travailler sur
son ordinateur portable qu'il avait accepté de mettre à disposition pendant la rencontre pour faire des présentations à l'aide de " slides " projetés sur le mur.
Installé devant l'appareil, l'un des syndicalistes clique sur une icône intitulée " relations sociales ". Le fichier qui s'ouvre détaille une " politique " inattendue. Partant du constat que la "
conflictualité " au sein de l'entreprise reste importante malgré un " fort investissement temps-énergie passé sur la relation syndicale ", le document préconise de changer de méthodes : il faut,
par exemple, " réduire la voilure syndicale ", c'est-à-dire passer moins de temps avec les élus du personnel et convoquer un moins grand nombre de comités d'entreprise extraordinaires. Les "
consultations directes " du personnel sont encouragées, tout comme les " pressions externes, par le haut et par la base ". Le but est de " modifier les rapports de force " et de limiter " le
pouvoir de nuisance industrielle des élus ".
Estomaqués, les syndicats communiquent leurs trouvailles à L'Humanité et à Libération. Des articles relatent l'affaire. Becton Dickinson France riposte en saisissant la justice. M. Benhamou est
placé en garde à vue pendant plusieurs heures, et la police se rend chez lui pour expertiser son ordinateur.
Les syndicats portent également plainte pour " délit d'entrave " mais, cette fois, l'enquête semble progresser un peu moins vite. " Notre dossier est enlisé dans les méandres de l'instruction ",
déplore Me Pierre Janot, l'avocat des dix prévenus, en s'étonnant de l'attitude du parquet de Grenoble, qui semble donner la " priorité " à la requête de Becton Dickinson.
Aujourd'hui, la direction de l'entreprise ne souhaite pas communiquer tant que le tribunal correctionnel n'aura pas rendu sa décision. Elle se borne à rappeler qu'" il y a eu introduction
frauduleuse dans un système informatique " et souligne que le document découvert n'était qu'une " réflexion ".
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