Une somme de conneries dites par des philosophes et des sociologues... En clair, pour éviter le hooliganisme, les sifflets, la connerie humaine il suffit...d'éliminer le foot !
J'en ai déjà entendu des conneries, mais, des comme celles-là, plus rarement !
Moi, je commencerais par interdire la Philosophie : car non seulement ça sert à rien, ça fait aussi chier les élèves de Terminale à qui on fait apprendre des pensées à la con, alors qu'on pourrait
utiliser cela à réviser ses maths, et, en plus, ça rend con !
Quant à la socio, là, aussi, je m'interroge...
Bon, je vais pas jeter bébé avec l'eau du bain... Je présente donc mes excuses à tous les sociologues et philosophes de France et de Navarre...mais admettez : ils sont quand même cons ces gars là !
Non ?
Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Octobre 2008
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Le foot, opium du peuple
C'est tout l'espace public que gangrène l'hystérie régressive du ballon rond
Une nouvelle fois, un match " amical " de football opposant l'équipe de France à une équipe du Maghreb a été l'occasion d'une explosion de chauvinisme et de xénophobie. Gouvernement, responsables
politiques et supporters se sont en effet livrés à une consternante surenchère d'expressions ethnico-identitaires, communautaristes, nationalistes, à la limite du racisme, que seul le football est
capable d'engendrer, et in fine de légitimer ou de banaliser au nom d'une passion infantile qui confine à l'intoxication mentale. Pascal Boniface, qui pense que la Terre est ronde comme un ballon,
soutenait il y a quelques mois encore, avec Lilian Thuram et le sociologue Michel Wieviorka, que " ce n'est pas le football qui crée le racisme. Il est même au contraire un puissant vecteur
d'ouverture sur les autres et de fraternité ".
Les très nombreuses insultes, provocations et violences racistes et antisémites que l'on constate sur tous les stades d'Europe depuis plusieurs années, avec l'extension des groupes d'extrême droite
- ultras, fascistes, skins, néonazis -, attestent bien évidemment le contraire.
Le football enkyste en effet les identités nationales ou régionales dans des identifications mystificatrices (les Bleus, les Verts, les Sang et Or, les Blanc et Noir, etc.), qui ne peuvent pas ne
pas engendrer des comportements de rejet et de haine de l'autre, et surtout des désirs de revanche ou de vengeance (mettre une " raclée ", une " déculottée ", une " branlée "...).
Que ce soit pour les Bleus ou pour les Rouges, contre la France pour la Tunisie, contre la Tunisie pour la France, c'est dans un même élan irrationnel d'identification mimétique à la mère patrie ou
à des mythes nationaux que se produisent ces stigmatisations de l'adversaire et ces désignations de boucs émissaires, comme on l'a vu pour les huées adressées à Hatem Ben Arfa, international
français d'origine tunisienne, quasiment considéré comme un " traître " ou un " harki ".
Contrairement aux illusions de tous ces intellectuels qui ne veulent voir dans le football qu'un jeu de balle qui permettrait l'intégration républicaine, la concorde civile et l'amitié entre les
peuples, la réalité effective des terrains montre qu'il remplit surtout une fonction réactionnaire de dépolitisation, de grégarisation régressive et d'exutoire aux frustrations.
La Marseillaise copieusement sifflée au Stade de France a été ainsi l'occasion d'une vaste opération de diversion idéologique en pleine crise financière. Indignés par cette " insulte " à la France,
la droite, Nicolas Sarkozy et ses ministres ont immédiatement récupéré l'affaire et dénoncé cet affront à l'" identité nationale ", ses symboles et ses valeurs.
" OUTRAGE À L'HYMNE NATIONAL "
Le député UMP Lionel Luca demandait aux siffleurs de " faire leur valise pour réintégrer le pays de leur origine ". Bernard Laporte ne voulait plus de rencontres contre les équipes du Maghreb au
Stade de France, Michèle Alliot-Marie entendait porter plainte pour " outrage à l'hymne national ", tandis que Jean-Marie Le Pen dénonçait sans surprise " l'utopie de l'intégration des masses
étrangères à notre culture ". Le gouvernement proposait même d'interrompre les matches où l'hymne national serait sifflé.
On imagine les mesures de sécurité destinées à évacuer les stades et à contrôler des milliers de supporters chauffés à blanc ! Pour M. Sarkozy, " l'amour profond du football " invite donc les
contribuables à financer la bunkerisation militaro-policière des stades et de leurs alentours. Michel Platini, président de l'UEFA, qui semble oublier les responsabilités propres du
football-business, et notamment les massacres du Heysel en 1985 et de Sheffield en 1989, prétend que le football est " pris en otage par le monde politique " (Le Monde du 18 octobre).
Or, c'est l'inverse qui se produit : les hommes politiques sont non seulement sous l'emprise de la folie foot, mais c'est l'espace public dans son ensemble qui est gangrené par l'hystérie des
pelouses vertes. C'est bien le football dans son ensemble, ses mercenaires en crampons, ses affrontements belliqueux dans des " matchs à hauts risques ", ses mouvements de foule dans le cadre d'une
mise en scène guerrière chargée en émotions archaïques et en effets d'ambiance - haut-parleurs, banderoles agressives, hymnes nationaux, levées de drapeaux, chants vengeurs - qui est la source
ultime de tous les " incidents ", " dérapages ", " excès ", " déviations ", " bavures ".
Sepp Blatter, président de la FIFA, le sait pertinemment : " Quand un nationalisme exacerbé s'ajoute à la passion et à l'émotion, cela devient explosif " (L'Equipe du 16 octobre). Plutôt que
d'arrêter les matches, il serait donc peut-être temps de songer à zapper le football, opium du peuple.
;
Sofia Bouratsis,
master de philosophie, université Paris-I
Jean-Marie Brohm,
professeur de sociologie, université Montpellier-III ;
Olivier Gras,
doctorant en sociologie, université Montpellier-III ;
Fabien Ollier,
directeur de publication de la revue Quel sport ?
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