Mercredi 31 décembre 2008
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Rigolez pas : c'est avec votre fric qu'ils se permettent de se tirer dans les pattes en oubliant joyeusement leur responsabilité et ce grâce à qui ils sont là !
Ah ! J'oubliais ! Avec un peu d'avance :
JOYEUSE ANNEE 2009 !
Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 Novembre 2008
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La guerre de tranchées Sarkozy-Villepin : grands principes et petites vexations
L'ancien premier ministre contre-attaque dans l'affaire Clearstream. Le chef de l'Etat le prive de la dignité de grand officier de la Légion d'honneur
Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, les rivaux d'hier, poursuivent leur guerre de tranchées. Renvoyé le 17 novembre en correctionnelle par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons pour "
complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance " dans l'affaire Clearstream, l'ancien premier ministre contre-attaque.
Un de ses avocats, Me Yves Richard, a adressé, lundi 24 novembre, un mémoire au Conseil d'Etat accusant M. Sarkozy d'avoir " instrumentalisé ses fonctions de président de la République pour la
satisfaction de ses intérêts personnels ".
Le 7 novembre, M. de Villepin avait déjà déposé, par l'intermédiaire de son avocat, une requête devant le Conseil d'Etat pour " excès de pouvoir ". Il visait le décret signé le 31 octobre par le
président de la République prolongeant jusqu'au 20 novembre le juge d'Huy dans ses fonctions. Le juge d'instruction, nommé à Montpellier, devait initialement prendre ses nouvelles attributions à
compter du 3 novembre.
" Le détournement de pouvoir auquel le président de la République s'est livré, en maintenant M. Henri Pons dans ses fonctions, dans le seul but de poursuivre l'information dans laquelle il est
partie civile, constitue à l'évidence une violation du principe de l'égalité des armes et, plus largement, du droit au procès équitable ", affirme l'avocat de M. de Villepin, faisant référence à un
principe garanti par la Cour européenne des droits de l'homme. Il s'étonne du revirement du parquet dans ses réquisitions alors que " la presse s'était fait l'écho que le procureur s'orientait vers
un non-lieu de M. de Villepin ".
Pour Me Richard, " le maintien de M. Pons à son poste a manifestement influé sur le déroulement de la procédure et sur le règlement de l'instruction ". M. Pons a changé d'affectation trois jours
après avoir signé, avec le juge d'Huy, l'ordonnance de renvoi. Selon l'avocat de M. de Villepin, l'" extrême violence de certains propos - de M. Sarkozy - laisse à penser qu'il n'entend reculer
devant aucun moyen ".
" EMINENTS SERVICES "
Un autre concours de dates ne peut manquer d'attirer l'attention. Signé par le président de la République, un décret paru au Journal officiel du samedi 22 novembre prévoit que " la dignité de grand
officier - de la Légion d'honneur - appartient de plein droit aux anciens premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ". De par sa fonction présidentielle, Nicolas
Sarkozy exerce celle de grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur. Et il la prend particulièrement à coeur. Il entend ainsi distinguer ceux qui, ayant accepté la charge de Matignon, auront
rendu d'" éminents services ".
" Deux années au moins " : la durée fixée par M. Sarkozy prive M. de Villepin de cette distinction, puisqu'il a quitté Matignon un an, onze mois et quinze jours après y être entré. A quinze jours
près ! Certes, il ne sera pas seul dans ce cas : Laurent Fabius (un an et huit mois) et Edith Cresson (dix mois et quinze jours) ne pourront pas plus être élevés à la dignité de grand officier. A
l'inverse de Pierre Mauroy, Michel Rocard, Edouard Balladur, Alain Juppé (deux ans et quinze jours), Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin.
Ne reste plus à François Fillon qu'à espérer demeurer à la tête du gouvernement au moins jusqu'au 17 mai 2009.
Patrick Roger
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