Vendredi 16 janvier 2009
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Je ne sais que penser de cette information... De la musique comme moyen de torture ? Après tout, comme dirait l'autre, tout est relatif... En tant que fan de Metallica, je ne serais évidemment pas
contre le fait que l'on me fasse entendre cette musique à longueur de journée, vu que c'est ce que je fais déjà ;)
Néanmoins, si j'étais enfermé et que l'on me passait de la Star Ac' toute la journée, je préfererais sans doute ce moyen de torture comparé à d'autres moyens comme le fait de se voir forcer à
respirer la tête dans une baignoire pleine de flotte avec deux électrodes électriques aux fesses !
Quant au fait d'en être fier, comme le dit mon homonyme dans l'article : faut pas pousser quand même ;)
Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 décembre 2008
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Ici& ailleurs
Aux Etats-Unis, la torture version rock
Il y a des guitares saturées, une boîte à rythme excitée, une voix torturée. " I am the voice inside your head " (" Je suis la voix dans ta tête "), chante Trent Reznor dans Mr Self Destruct, du
groupe de rock Nine Inch Nails. Mais dans certaines prisons militaires américaines, la voix, semblerait-il, n'est pas que dans la tête des auditeurs. Elle est diffusée, non-stop, pendant des jours,
à plein volume, dans les cellules de Guantanamo et des prisons secrètes de la CIA.
La musique comme forme de torture : la technique révolte les défenseurs des droits de l'homme. L'organisation Reprieve, installée au Royaume-Uni, défend trente-trois prisonniers retenus à
Guantanamo. Elle s'est associée au plus important syndicat de musiciens du pays (Musicians'Union) pour lancer une campagne contre cette pratique. " Zero DB " (www.zerodb.org) consiste en une
pétition en ligne, des minutes de silence pendant les concerts, puis, en janvier 2009, une lettre ouverte à Barack Obama, qui doit être investi président des Etats-Unis le 20 et a promis de fermer
Guantanamo.
JAMES HETFIELD EST " FIER "
" Zero DB " s'appuie sur des témoignages de prisonniers, dont celui de Binyam Mohamed. Arrêté en 2002, poursuivi pour " complot " et " soutien matériel au terrorisme ", cet Ethiopien affirme avoir
été incarcéré dans plusieurs prisons militaires secrètes de la CIA au Maroc, au Pakistan et en Afghanistan, puis à Guantanamo. Sur son passage dans la " prison noire ", près de Kaboul, il raconte :
" Il y avait de la musique très fort, Slim Shady - Eminem - et Dr. Dre, pendant vingt jours. Je devais l'écouter sans arrêt, j'avais fini par tout connaître par coeur. "
Plusieurs témoignages font état d'une dégradation psychique. Cette pratique, affirme Chloe Davis, de Reprieve, est " illégale selon la Convention de Genève ", qui condamne tout " traitement cruel,
inhumain ou dégradant ".
Reprieve a dressé une liste des morceaux les plus utilisés : AC/DC, Metallica, mais aussi Britney Spears, les Bee Gees ou Bruce Springsteen. Ils sont choisis en fonction de leur violence sonore ou
de leurs titres et paroles : Fuck Your God (" J'emmerde ton dieu "), de Deicide, ou White America (" Amérique blanche "), d'Eminem.
Les musiciens concernés " sont difficiles à joindre ", admet Chloe Davis. Sur son site, Trent Reznor, de Nine Inch Nails, a réagi : " Il m'est difficile d'imaginer quoi que ce soit de plus
profondément insultant, dégradant et rageant que d'apprendre que la musique que l'on a créée avec toute son âme est utilisée à des fins de torture. "
D'autres n'ont pas pris ombrage de la pratique, au contraire. Interrogé par la télévision allemande, en septembre, James Hetfield, le chanteur de Metallica, a affirmé être " fier " que sa musique
ait été choisie. " Cela représente quelque chose que - les détenus de Guantanamo - n'aiment pas (...). La liberté d'expression, peut-être. "
Certains, enfin, sans scrupule, se sont demandé si le Pentagone devait des droits d'auteur aux musiciens. Un avocat spécialiste de la propriété intellectuelle, Howard Knopf, a posé la question sur
son blog. D'autres semblent plus urgentes à résoudre.
Clara Georges
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