Mercredi 28 janvier 2009
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Je le trouve assez stupide cet article... On peut y lire en filigrane que la femme profite de son congé maternité pour se reposer car accoucher est éprouvant et fatiguant.
C'est vrai qu'accoucher est très éprouvant mais le congé maternité n'a pas été 'inventé' pour donner du repos à la maman ! Le congé a été fait dans l'intérêt de l'enfant afin qu'il puisse
pleinement s'épanouir aux premières heures de sa vie avec sa mère ! L'allaitement fait partie du 'package', ainsi que tous les soins annexes ! Ainsi, il faut être particulièrement bête ou
totalement ignorant pour oser affirmer que la femme se repose au sortir de la maternité ! Entre les couches à changer toutes les 5 heures, l'allaitement à donner...pendant la nuit, et l'attention
permanente à accorder au nourisson, de nombreuses femmes se fatigueraient beaucoup moins à exercer un emploi en laissant un gosse de quelques jours à la nourrice !
Car là est le noeud du problème ! Non seulement Madame Dati n'est pas la Ministre la plus compétente de notre gouvernement, et loin s'en faut, mais par son choix de privilégier sa vie
professionnelle par rapport à son gosse, elle prouve, en plus, que c'est une mauvaise mère ! On m'enlèvera pas de l'idée que le métier de Ministre n'est pas le métier le plus éprouvant qui soit :
allez demander à une ouvrière à la chaîne si elle ressort reposée de son boulot à la fin de la journée !
Bref, louer le sens professionnel de Madame Dati au détriment de sa vie familiale m'horripile ! Pendant que Madame fait la belle à faire semblant d'être compétent, y'a un gosse qui vient juste de
naître qui ne demanderait que ça que d'avoir à passer du temps avec sa maman ! Un dernier mot : ce qui est valable aujourd'hui avec Madame Dati est bien entendu valable avec Madame Royal quand elle
était Ministre de l'environnement !
Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Janvier 2009
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Analyse
Le congé maternité est-il un luxe ?
Article paru dans l'édition du 10.01.09
Le congé maternité serait-il un luxe ? « Chérie, arrête de dire que tu es fatiguée, t'as vu Rachida ! », deviendra-t-elle la nouvelle blague misogyne du moment ? Cinq jours seulement après son
accouchement, la garde des sceaux, Rachida Dati, a repris le travail dans un timing impressionnant.
Mercredi 7 janvier à 9 h 45, son bébé dans les bras, Mme Dati a quitté la clinique de la Muette à Paris pour s'engouffrer dans une voiture officielle direction l'Elysée afin d'assister, à 11
heures, au conseil des ministres. Puis elle a rejoint son homologue espagnol, Mariano Fernandez Bermejo, pour une remise de décoration à des magistrats français avant d'assister à l'audience
solennelle de rentrée de la Cour de cassation. Le 8 janvier, elle assistait aux questions d'actualité à l'Assemblée nationale. Ouf ! Mais comment fait-elle ? La position ministérielle implique une
présence « de tous les instants », a estimé le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
Les femmes devraient-elles prouver que donner naissance à un enfant n'empêche en rien de s'arrêter de travailler et qu'un accouchement ne serait finalement qu'un rendez-vous parmi d'autres dans un
agenda ? Pour Mme Dati, tout semble avoir été programmé dans les moindres détails. Le choix de la clinique de la Muette, un établissement huppé du 16e arrondissement, n'est pas étonnant. Dans cette
maternité, 43 % des accouchements se font par césarienne, un record en France. La petite Zohra est née le 2 janvier, par césarienne. Une date qui a permis à sa maman de ne rien modifier à son
agenda de ministre. C'était la trêve de fin d'année et la veille d'un week-end.
Le congé maternité a été un long combat. Il n'est rémunéré à hauteur de 90 % du salaire brut que depuis 1970. Et les femmes exerçant une profession libérale ou les agricultrices ont dû se battre
pour obtenir un congé décent. Depuis 1992, une directive européenne oblige les Etats membres à garantir un minimum de quatorze semaines de congé maternité. En octobre 2008, la Commission européenne
a proposé de porter cette durée minimale à dix-huit semaines. « Nos propositions aideront les femmes à concilier vie professionnelle et vie de famille », a fait valoir Vladimir Spidla, commissaire
européen à l'emploi, aux affaires sociales et à l'égalité des chances. Mme Dati, elle, ne s'est accordé que quatre petits jours dans un pays où les femmes bénéficient de seize semaines de congé
maternité.
Une première ? En juillet 1992, Ségolène Royal posait dans Paris Match à l'hôpital avec Flora dans les bras et ses dossiers de ministre de l'environnement sur son lit. La jeune femme de 38 ans,
déjà mère de trois enfants, assumait, notant qu'on l'avait interrogée sur son remplacement lors de l'accouchement, « comme si le fait d'être enceinte était incompatible avec la gestion d'un
ministère ». « Je voulais montrer, expliquait-elle, qu'une femme accédant à des responsabilités pouvait concilier maternité, vie affective et métier. »
Est-ce ainsi qu'on défend la cause des femmes ? Quelle image des femmes et de la naissance renvoie cette maternité express ? Etre une superwoman qui reprend le travail à peine remise de son
accouchement est-il le must de la femme moderne ou une illustration du « tra vailler plus pour gagner plus » ? A moins que Mme Dati ait eu peur de perdre son emploi... Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas
concocté le projet de supprimer le juge d'instruction alors que la garde des sceaux était à la maternité ? Le travail de ministre est un travail précaire. Peut-être Mme Dati prévoit-elle d'avoir
bientôt plus de temps pour s'occuper de Zohra. Ou peut-être est-ce le père qui a pris ses quinze jours de congé paternité pour s'occuper de la petite. Ça, ce serait vraiment moderne !
Sandrine Blanchard
blanchard@lemonde.fr
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