Lundi 20 avril 2009
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Voici un entretient qu'à eu Didier Migaud avec le journal 'Le Monde' récemment. Tout d'abord, il faut préciser que cet homme est président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale,
mais qu'il n'y comprend goute en matière de niche fiscale. Pour lui, les niches servent uniquement à faire des cadeaux aux riches, en oubliant joyeusement qu'elles permettent à l'Etat de
s'affranchir d'un certains nombre de tâches relevant du service public (gestion des monuments nationaux, gestion de nombreuses forêts domainiales, etc.).
Ses connaissances sont aussi nulles en ce qui concerne l'instauration du bouclier fiscal : il oublie que l'instauration de ce bouclier a été instauré pour lutter contre l'évasion fiscale. Ainsi,
plus des 3/4 de la famille Mulliez, famille richissime propriétaire entre autres de Décathlon, Auchan, Norauto et j'en passe, sont domiciliés en Belgique. Le bouclier fiscal a été inventé pour
lutter contre ce genre de faits.
Dans cet article cet imbécile heureux ne sait ni à quoi servent les niches fiscales, ni ne sait à quoi sert le bouclier fiscal. Et ce type est président de la commission des finances à l'Assemblée
Nationale : et si c'était à cause de ça que la France n'avait plus sa place dans l'échéquier mondial ? A cause de la médiocrité de ses politiques ?
Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Mars 2009
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Didier Migaud : " 834 contribuables ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros "
Vous avez, comme président de la commission des finances de l'Assemblée, demandé à Bercy un bilan de la première année d'application du bouclier fiscal dans sa version sarkozyenne. Etes-vous
satisfait des informations que vous avez reçues ?
Non. Les informations qui nous ont été transmises dans un premier temps étaient très partielles et ne répondaient pas aux questions que nous avions posées, le rapporteur général, Gilles Carrez, et
moi-même. J'ai manifesté mon mécontentement à Christine Lagarde et reçu mardi soir des compléments d'information plus satisfaisants. Il restait des réponses à fournir, d'où mon déplacement au
ministère mercredi matin.
S'agissant du bouclier fiscal nouvelle version, les résultats font apparaître un doublement du coût au bénéfice exclusif des contribuables les plus aisés. A l'inverse, s'agissant des contribuables
non imposables à l'ISF, la facture a été divisée par deux ! En élargissant le dispositif aux contributions sociales et en faisant passer le plafonnement de 60 % à 50 % des revenus, la loi TEPA a
accentué l'injustice du dispositif. En 2008, 834 contribuables dotés d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros. Ils se sont partagé 307 millions
d'euros. Ils représentent 6 % des bénéficiaires, mais deux tiers du coût du bouclier.
Le bouclier fiscal prend en compte non pas les revenus réels, mais les revenus minorés après utilisation des niches fiscales. Bercy estime qu'avec le plafonnement global des niches, la justice sera
mieux assurée. Est-ce votre avis ?
Absolument pas. Le plafonnement global des niches prévu en 2010 constitue certes un progrès mais il est incomplet et insuffisant. Quant à la proposition de Gilles Carrez - excluant des baisses
d'impôt promises le 18 février par Nicolas Sarkozy les contribuables aisés qui recourent aux niches - , elle est intéressante car elle corrige une injustice dans le dispositif de suppression des
tiers provisionnels. Mais le problème général et de principe demeure. Je ne comprends pas que la majorité choisisse de régler des situations injustes portant sur quelques centaines d'euros en
faisant l'impasse sur celles du bouclier fiscal, qui représentent plusieurs centaines de milliers d'euros.
Que voulez-vous dire ?
L'an prochain, malgré le plafonnement global, les contribuables les plus aisés pourront encore déduire de leur revenu imposable des sommes importantes au titre de quelques niches. Par exemple, ils
pourront réduire leur revenu imposable sans aucune limite en faisant jouer la loi sur les monuments historiques. Le sujet est donc loin d'être clos. Et cette année, le fisc va faire des chèques à
des contribuables qui auront utilisé l'ensemble des niches encore non plafonnées en 2009. Le gouvernement nous invite à nous intéresser à la justice fiscale et à l'efficacité économique. Fort bien.
Mais de quoi parle-t-il ? Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) a évalué à 17,6 millions la perte de produit d'impôt sur la fortune (ISF) liée aux départs de contribuables alors que le
bouclier fiscal, censé éviter des exils fiscaux, coûte 458 millions. Où est l'efficacité ?
Comment rétablir une certaine équité ?
Au-delà de la suppression du bouclier, une réforme fiscale s'impose pour rendre notre fiscalité plus intelligible, plus juste et plus efficace. L'impôt étant de moins en moins progressif, il ne
joue plus qu'un rôle mineur dans la redistribution, alors que les inégalités de revenus ont fortement augmenté depuis 2002, comme l'ont montré l'Insee et le CPO. Il faut absolument revoir la part
dans notre système des impôts directs et des impôts indirects, celle du progressif et du proportionnel. Le gouvernement s'était engagé sur une revue générale des prélèvements obligatoires. Nous
l'attendons toujours.
Votre amendement relatif à la lutte contre les paradis fiscaux va-t-il être adopté ?
Bien sûr. Je ne comprendrais pas qu'il en aille autrement. Il a été voté à l'unanimité en commission des finances, correspond à des engagements pris et vise à contraindre les établissements
bancaires signant des conventions avec l'Etat à préciser la nature de leurs relations avec les paradis fiscaux. Les choses me semblent avancer à l'initiative du couple franco-allemand. Le Parlement
fera, lui aussi, des propositions au chef de l'Etat la semaine prochaine.
Propos recueillis par C. Gu.
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