Je suis tombé, il n'y a pas longtemps sur un article du maire de Grenoble. On ne parle pas beaucoup de ce Monsieur dans la presse et nationalement, et je trouve que c'est un tort.
Ce Monsieur fait son travail, efficacement, sans esbrouffe, sans tricherie, sans affaire. Tout le contraire de Carrignon qui était un bandit de grand chemin ;) Ce qui est marrant, c'est qu'on
croirait qu'il faille devenir bandit pour que l'on parle de vous dans les médias...
C'est bien dommage car ce Monsieur mérite mieux que sa situation actuelle.
Un article du journal 'Le Monde' daté du 03 Juin 2009
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Michel Destot, l'inconnu du bataillon rhônalpin
Maire (PS) depuis 1995, député depuis 1988, partisan de M. Delanoë au congrès de Reims, il n'a pas fait carrière au sein de l'appareil socialiste
Familier des sommets version haute montagne, ingénieur et ancien patron de start-up, socialiste tendance deuxième gauche : Michel Destot, 63 ans, est le portrait-robot du parfait maire de Grenoble.
Il détient ce mandat depuis 1995 et a été reconduit sans difficulté en mars 2008.
La ville du synchrotron est un écosystème fragile où s'entrecroisent les réseaux. Maintenir les équilibres entre ville et montagne, recherche et université, industries et nouvelles technologies,
écologistes et socialistes est un art difficile. Les élus de tous bords sont d'accord sur un point : il y aurait " une manière grenobloise " de faire de la politique, une nécessité, pour se faire
accepter, de se poser plus en animateur qu'en arbitre et de " faire monter " les acteurs de la vie locale. Délicate arithmétique quand il faut, de surcroît, se façonner un parcours personnel.
Pèse aussi l'ombre d'Hubert Dubedout, le dernier " grand " maire de Grenoble, qui a marqué la ville pendant les dix-huit années de ses trois mandats. Rocardien - comme le fut Michel Destot -,
l'illustre ancien avait fait de la ville un laboratoire d'innovation sociale, copié et respecté. " Grenoble a été un modèle de socialisme municipal ", souligne l'actuel maire de Grenoble, qui
entame à son tour son troisième mandat et s'efforce de digérer l'héritage.
La grande figure de Dubedout nourrit le portrait que ses amis tracent de son successeur : " Un élu inclassable ", " qui s'est construit hors du PS ", " le contraire d'un apparatchik " doté d'" un
réseau monstrueux ". L'intéressé complète en signifiant qu'il se situe résolument du côté de " ceux qui font ".
Un grand stade sur lequel il a eu finalement gain de cause après plusieurs années de bagarres orchestrées par les Verts avec les associations locales, la rénovation prochaine de la mythique Maison
de la culture initiée par Malraux, un " lycée scientifique modèle Charpak ", qu'il rêve de bâtir dans le quartier de la Villeneuve, emblème aujourd'hui décrépi de la gestion Dubedout. Michel Destot
ajoute : " J'ai un parcours de scientifique, de chef d'entreprise et d'élu local. Martine Aubry et Alain Juppé, par exemple, sont devenus des élus locaux sur le tard. Ce n'est pas mon cas. "
Inclassable ? Le CV du maire de Grenoble est au moins atypique. Pas de passage par l'ENA, mais un diplôme d'ingénieur des Arts et Métiers. Quinze ans au CEA, un doctorat en physique nucléaire et
une expérience de créateur d'entreprise, rare au PS, avec le lancement, en 1989, d'une start-up, Corys.
" MINISTRABLE "
Pourtant, bien que plusieurs fois " ministrable ", M. Destot n'a jamais été ministre, et d'autres élus rhônalpins, Gérard Collomb, maire de Lyon, André Vallini, président du conseil général de
l'Isère, ou encore Didier Migaud, président de la commission des finances de l'Assemblée et " patron " de l'agglomération sont parvenus à se faire connaître au-delà des Alpes. Pas lui.
C'est un peu le mystère Destot : bien que réélu comme député à chaque élection depuis 1988 - " même en 1993 ", précisent ses amis -, malgré ses deux mandats de maire accomplis, un troisième en
cours et la présidence de l'Association des maires des grandes villes, il fait partie des " grands " élus qui existent peu au plan national. Il comptait, pour changer cela, sur une nouvelle
candidature de la ville aux JO d'hiver, mais Grenoble s'est retrouvée classée 3e, derrière Annecy et Nice.
En novembre 2008, lors du congrès socialiste, M. Destot avait fait chou blanc en se ralliant, avec d'autres amis de Dominique Strauss-Kahn, à Bertrand Delanoë, le grand perdant. Du coup, Martine
Aubry l'a " oublié " lors de la distribution des postes au sein de la direction du PS, et il se retrouve dans la position honorifique de président du conseil national.
Et si Grenoble était une ville qui vous donne les yeux plus gros que le ventre ? " Quand je suis modeste, plaisante à moitié Michel Destot, je dis qu'il y a deux maires à la tête de villes vraiment
cosmopolites : celui de New York et moi-même. " Certes, mais l'agglomération aux 60 000 étudiants ne compte que 400 000 habitants.
Christine Garin
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