Lundi 28 septembre 2009
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Comme je l'ai déjà exprimé, je n'apprécie guère les editoriaux des journaux. Ceux-ci sont très souvent des analyses erronées et éhontées tirées de l'actualité. Elles ont une facheuse tendance à
être dénuées de réflexion et à être des analyses caricaturales des faits.
Celle-ci n'échappe pas à la règle. Elle se veut, sous principe d'anniversaire de la révolution, un rappel que, d'après l'imbécilité de son auteur, rien n'a changé et que la société Française est
tout aussi sclérosée qu'il y a deux cent ans.
Cette analyse est honteuse et ne fait que révéler une idiotie sans pareille de son auteur ! La société a évolué et a changé ! Tout n'est pas parfait, certes, mais les motifs de satisfaction sont
nombreux !
La presse a acquis un vrai pouvoir, la démocratie est réelle dans notre pays, et la vie humaine est préservée dans ses grandes parts ! Plus de têtes coupées pour un oui ou pour un non ! Plus
d'exécution sommaire pour des faits plus ou moins prouvés ! Bien sûr nos prisons ne sont pas dignes d'un état digne du précurseur des droits de l'homme que nous sommes, mais, au moins, la peine de
mort a été abolie et la vie humaine plus respectée qu'il y a 200 ans !
Des privilèges existent encore, mais ne sont rien comparés à ce qu'ils étaient jadis !
On ne peut comparer la situation actuelle avec ce qu'elle était, mais cet éditorialiste n'hésite pas un seul instant la comparaison, ce qui révèle plus sa médiocrité qu'une véritable analyse des
faits et de l'histoire !
Tout cela ne me fera pas changer d'avis sur les éditorialistes !
Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Août 2009
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1789-2009
Editorial
La nuit du 4 au 5 août 1789 constitue la scène inaugurale majeure de l'histoire de la France moderne et du récit national. Trois semaines après la révolte parisienne et la prise de la Bastille,
l'Assemblée constituante met à bas l'édifice multiséculaire de l'Ancien Régime. En quelques heures de transe collective, ce sont tous les privilèges de l'aristocratie, de l'Eglise et des provinces
qui sont abolis. Et remplacés par le principe - révolutionnaire, au sens strict du terme - de l'égalité de tous devant la loi.
Certes, il faudra de longues décennies et quelques autres révolutions, violentes ou pacifiques, pour que ce principe s'inscrive, peu ou prou, dans la réalité sociale du pays. La nuit du 4 août,
pourtant, continue à imprégner en profondeur l'imaginaire du pays. Pour une raison bien simple : plus de deux siècles après ce " grand soir " égalitaire, la France paraît tout aussi corsetée,
fractionnée et sclérosée par l'existence de privilèges. Autrement dit, pour s'en tenir à une définition qui évitera les anachronismes, d'avantages échappant à la loi commune accordés à des
catégories de citoyens.
Des exemples ? Ils sont nombreux et touchent à l'essentiel. Le principe fondamental de l'égalité devant l'impôt a volé en éclats depuis belle lurette, sous l'effet conjugué des exemptions, " niches
" et " optimisations " fiscales. Sans parler du " bouclier fiscal ", voté à l'été 2007, et qui a permis aux mille plus gros contribuables français de recevoir de l'administration, cette année, un
chèque moyen égal à trente années de smic (350 000 euros).
Tout aussi essentiel, le principe d'égalité devant l'école, établi par la République un siècle après le 4 août 1789, n'a pas davantage résisté aux logiques implacables de l'élitisme scolaire et
social, au détriment de la méritocratie affichée. Chacun le sait, et chaque famille s'y emploie : les diplômes les plus prestigieux et valorisés sont trustés par les enfants des milieux les plus
favorisés, ajoutant le privilège du patrimoine culturel à celui du patrimoine financier.
Quant à l'entreprise, les polémiques sur les bonus, primes et " parachutes " divers, dont bénéficient certains dirigeants, ont démontré, de façon choquante, que la notion même de privilège n'y est
pas un vain mot. Là, comme ailleurs, les avantages exorbitants réservés à tel ou tel ne peuvent être vécus par les autres que comme de profondes injustices. Comme dans le reste de la société, comme
le 4 août 1789, c'est l'un des principes mêmes de la démocratie qui est en jeu. Et qui est à réinventer.
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