Lundi 19 octobre 2009
1
19
/10
/Oct
/2009
07:00
Il est devenu évident que la politique tout sécuritaire de notre gouvernement est un échec. Bien sûr, on peut essayer de faire du chiffre, on peut essayer de rassurer les Français, mais, à
l'arrivée, quand on baffoue la justice, le respect et que l'on veut écraser plutôt que de comprendre et d'éduquer, les résultats reviennent comme un boomerang.
Hortefeux est donc un ministre médiocre, qui exerce une politique sécuritaire médiocre, dictée par un président médiocre. Malheureusement, il n'y a rien à dire de plus.
Un article du journal 'Le Monde' daté du 01/09/2009
************
Le gouvernement veut reprendre la main sur la sécurité
Le chef de l'Etat et le ministre de l'intérieur convoquent deux réunions sur ce thème en début de semaine
Après la publication de nouvelles statistiques, très médiocres, sur l'évolution de la délinquance, le chef de l'Etat et le gouvernement veulent replacer la problématique de la sécurité au coeur de
l'agenda politique. Nicolas Sarkozy doit organiser une réunion interministérielle à l'Elysée, mardi 1er septembre, avant que le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, ne réunisse les directeurs
départementaux de la police et de la gendarmerie, mercredi 2, pour les " mobiliser " à nouveau sur le front de la délinquance, marqué par une hausse de 4,3 % sur un an des agressions sur les
personnes.
M. Hortefeux reprend ainsi la méthode Sarkozy de management de la sécurité qu'il avait lui-même expérimentée au ministère de l'immigration à propos des statistiques de reconduite à la frontière.
Méthode qui consiste à augmenter la pression sur les échelons départementaux - préfets et directeurs départementaux des forces de l'ordre - pour leur demander de meilleurs résultats, donc de
meilleures statistiques.
Après cette première réunion, M. Hortefeux devrait également convoquer les responsables des dix départements dans lesquels les résultats sont les plus défavorables et ceux des dix départements où
ils sont les meilleurs pour " échanger leurs expériences ".
Comme lors des précédentes communications, l'Elysée et le ministère de l'intérieur veulent orienter le débat sur quelques sujets phares. Des dossiers très symboliques comme les " bandes ", à propos
desquelles le Sénat doit examiner le texte déjà adopté par l'Assemblée nationale en juin. D'autres, très grand public, comme les cambriolages en hausse de 12 % sur un an, et pour lesquels doit être
annoncé un programme d'action. Sans oublier les thèmes présentés comme de nouvelles formes de délinquance au rang desquelles ils rangent par exemple " les violences gratuites ", comme les rixes du
samedi soir. " La sécurité est un combat permanent. Il nous faut nous adapter en permanence ", explique-t-on dans l'entourage de Brice Hortefeux.
Dans la maison policière, cette pression mise sur les échelons intermédiaires et, par ricochet, sur l'ensemble de la machine administrative, passe moins bien qu'auparavant. L'expression " donner un
coup de collier ", utilisée par M. Hortefeux en août, a ainsi fait tiquer bon nombre de responsables policiers et de syndicalistes qui estiment que les services locaux ne sont pas loin de tourner
au maximum avec les moyens actuels.
" Le coup de collier, les policiers de terrain le donnent tous les jours, alors que le niveau de violence augmente depuis quelques mois, en particulier au cours de leurs interventions ", a réagi
Nicolas Comte, secrétaire général du SGP-Unité police (gardiens de la paix).
" Si ces réunions servent à analyser la situation, pourquoi pas ? Mais si c'est uniquement pour tirer les oreilles, pour manier la politique du bâton, ce sera inefficace ", ajoute Sylvie Feucher,
secrétaire générale du syndicat des commissaires (SCPN).
Les syndicats soulèvent deux difficultés. D'abord sur les moyens. A l'image des autres organisations, le SGP considère que les demandes du ministre sont " tout bonnement incompatibles " avec la
réduction des effectifs prévue dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).
Ensuite sur le plan judiciaire, surveillé de près par les policiers, alors que se profilent la réforme de la procédure pénale - avec la remise, mardi 1er septembre, des conclusions de la commission
Léger au président de la République - et le vote de la loi pénitentiaire, à l'Assemblée nationale. " Ça ne sert à rien de nous inviter à interpeller plus et mieux s'il n'y a pas de suite
judiciaire. La prochaine loi pénitentiaire risque de remettre en cause notre travail. Je m'inquiète du découragement des policiers et des habitants ", estime ainsi Bruno Beschizza, secrétaire
général de Synergie (officiers), convaincu que le texte a surtout pour vocation de vider les prisons surchargées. " C'est un non-sens de nous demander de faire baisser la délinquance et de préparer
ce type de texte de loi ", ajoute le syndicaliste.
La pression syndicale ne devrait pas s'estomper : les cinq prochains mois, les syndicats policiers seront en campagne pour les élections professionnelles de janvier 2010. Une période
traditionnellement propice aux surenchères entre syndicats, à l'image de la dernière campagne en 2006.
Luc Bronner
Commentaires