Mercredi 21 octobre 2009
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Sous couvert que la monarchie ne puisse faire l'objet d'aucun débat (sic!), on interdit un sondage idoine au Maroc.
C'est, bien entendu, un viol manifeste de la démocratie quand on empêche la presse de faire son travail par la demande d'un sondage !
Preuve est faite que le Maroc a encore énormément de travail à faire pour parvenir pleinement sur la voie de la démocratie.
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Sondage interdit : « Le Monde » censuré au Maroc
Article paru dans l'édition du 05.08.09
'édition du Monde daté mardi 4 août a été censurée au Maroc. La non-distribution du quotidien dans le royaume a été confirmée, mardi matin, par la société en charge de la distribution, la
Sochepresse. Au cours du week-end, les autorités marocaines avaient informé celle-ci que Le Monde serait censuré dès lors qu'il publierait les résultats d'un sondage d'opinion sur le bilan des dix
années de règne du roi Mohammed VI.
Pour avoir rendu compte de ce sondage réalisé en partenariat avec Le Monde - et largement positif pour le fils de feu Hassan II -, l'hebdomadaire marocain TelQuel et sa version en arabe Nichane
avaient été saisis samedi 1er août. La monarchie « ne peut faire l'objet d'un débat, même par voie de sondage », devait expliquer le ministre de la communication, Khalid Naciri.
« Aucune loi n'interdit les sondages au Maroc », s'est défendu, lundi, le directeur de TelQuel, Ahmed Benchemsi, au cours d'une conférence de presse au siège de l'hebdomadaire. Selon lui, « les
responsables ont interdit nos 100 000 exemplaires [le chiffre global des exemplaires de TelQuel et de Nichane mis en vente] en s'appuyant sur des articles de la Constitution et du code de la presse
qui qualifient de sacrée la personnalité du roi ».
M. Benchemsi a annoncé le dépôt le même jour d'une plainte devant le tribunal administratif de Casablanca. La décision des juges est attendue mercredi.
La saisie des deux hebdomadaires marocains a été condamnée par le syndicat de la presse marocaine « au nom du respect de la liberté de la presse ». L'association Reporters sans frontières (RSF),
dont le siège est en France, a de son côté dénoncé une « décision archaïque et illégale ». L'Association marocaine des droits de l'homme a fait de même.
« Volonté de nuire »
Les démêlés de la presse marocaine avec le Palais royal ne sont pas sans rappeler une affaire voisine. Début 2006, un hebdomadaire arabophone avait désigné « l'homme de l'année ». Or le choix
s'était porté sur un défenseur des droits de l'homme, Driss Benzekri, et non sur le roi Mohammed VI, arrivé en deuxième position. « Ce présumé sondage est une véritable méprise [Il a] visiblement
comme objectif la mauvaise foi et la volonté de nuire », avait commenté un ministre tandis qu'un autre évoquait un « besoin urgent d'une loi qui organise les sondages ».
Récemment, à la mi-juillet, Le Monde, dont la diffusion ne cesse de progresser dans le royaume, avait publié un dossier dressant le bilan des dix années du règne de Mohammed VI. Le numéro avait été
retenu par les autorités et mis en vente très tardivement. Cette censure déguisée n'avait pas empêché le journal d'être bien vendu.
Jean-Pierre Tuquoi
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