Jeudi 29 octobre 2009
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Au vu de cet article, le Royaume-Uni est bien plus endetté que la France et est dans une bien plus mauvaise posture. Soit. Cependant, on a déjà pris en compte ces difficultés outre-manche, et
l'esprit est très clairement orienté vers une tentative de résolution de ce problème.
Par contre, en France, on est encore dans le perpétuel 'Jusque là tout va bien...'. Quelques uns disent peut être qu'on est dans la mouise, mais aucun de nos politiques n'a encore pris pleinement
en compte la mesure du problème en engageant une politique d'austérité efficace. Plus on attendra, plus ça sera douloureux et je suis prêt à parier que ce que fait le Royaume-Uni aujourd'hui, la
France en fera tout autant, voire plus, dans deux ans...
Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Septembre 2009
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Le point de vue de l'agence économique et financière Breakingviews.com
L'ombre de " TINA " flotte sur les dépenses publiques britanniques
En ce début d'automne, le Royaume-Uni a tout l'air d'être revenu à la triste époque des années 1970. Le premier ministre, Gordon Brown, qu'un déficit budgétaire colossal met en posture délicate,
doit s'adresser sous peu aux syndicats.
L'opposition conservatrice, qui formera sans doute le prochain gouvernement, appelle à opérer des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Les syndicats contestent ce principe avec virulence,
en rappelant que la population au chômage va atteindre 4 millions de personnes, et que le Royaume-Uni pourrait s'enfoncer dans une récession à double creux.
Le problème, c'est que tout le monde a raison, conservateurs comme syndicalistes. Il faut tailler dans les dépenses publiques, et les conséquences sur l'économie seront sanglantes.
L'allégorie de " TINA ", l'acronyme de " There Is No Alternative " (" Nous n'avons pas le choix ") avait été inventée à l'époque des politiques très radicales pratiquées par Margaret Thatcher,
premier ministre pendant la récession des années 1980. TINA va reprendre du service. Le déficit budgétaire s'élève à 175 milliards de livres sterling (196 milliards d'euros) et représente désormais
13 % du PIB. Contrairement à ce qu'affirment les syndicats, il n'est pas seulement imputable au sauvetage des banques et à une crise passagère. Il s'est creusé au fil d'années où l'on a laissé les
dépenses filer, parce que l'on encaissait par ailleurs la manne issue des transactions immobilières et des primes de la City.
Ce laxisme a profité à l'emploi public. Depuis 2002, année où le Parti travailliste de M. Brown a commencé à alourdir le budget de l'Etat, les effectifs ont augmenté de 549 000 fonctionnaires en
tout, pour atteindre 6 millions aujourd'hui. Certes, un tiers de ces nouveaux postes sont la conséquence directe de la nationalisation de certaines institutions financières. En sept ans, le
National Health Service (NHS), le système de santé, a gagné 220 000 personnes, l'enseignement 148 000, la police 49 000. M. Brown avait mis la priorité sur la santé et l'éducation, pour le bien de
la population.
Pourtant, il faudra peut-être déjà commencer à jouer de la hache sous le gouvernement actuel. L'institut d'études sur les finances publiques (Fiscal Studies Institute) a sonné l'alerte en janvier,
en déclarant : " Le risque que les investisseurs prennent peur est éminemment sérieux. " Le taux de rémunération des obligations d'Etat britanniques serait plus élevé si la Banque d'Angleterre n'en
avait pas pris pour 143 milliards de livres depuis mars, en les achetant avec de la monnaie neuve. Mais la banque centrale ne peut pas continuer à imprimer des billets pour accumuler des titres de
dette publique. Sur ce point-là aussi, il est temps de redresser la barre.
" TINA " est de retour, la faux bien en main et, comme dans les années 1980, son passage sera des plus douloureux.
Ian Campbell
(Traduction de Christine Lahuec)
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