Mardi 5 septembre 2006
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Article du Monde du 6 août 2006
Bonjour, voici un article du journal 'Le Monde' du 6 août 2006, où l'on apprend que vis à vis de l'Eglise aussi, la SNCF sait se montrer incompétente.
Un petit conseil personnel qui ne vaut que ce qu'il vaut : m'est avis qu'il vaudrait mieux arranger la situation si la nouvelle directrice de la SNCF ne veut pas subir les foudres divines ;)
L'évêque de Lourdes dénonce le " mépris " des chemins de fer pour les trains de pèlerinage
Mgr Jacques Perrier, évêque de Lourdes, est furieux. A l'approche du 15 août, fête de l'Assomption et traditionnel pic pour les pèlerinages au sanctuaire marial - 6 millions de visiteurs par an -, Lourdes (Hautes-Pyrénées) ne fait plus le plein. L'affluence des pèlerinages organisés par les diocèses français s'épuise : - 10 % cette année. La faute en revient aux chemins de fer, explique, au Monde, Mgr Perrier : " On traite notre clientèle avec un sans-gêne et un mépris incroyables. "
Vice-président de l'Association nationale des directeurs diocésains de pèlerinage (ANDDP), chargé des négociations avec les chemins de fer, Dominique Aucremanne surenchérit : " La SNCF travaille de manière anarchique, tant au niveau de la fourniture du matériel que celle des horaires. "
Les trains spéciaux de pèlerinage à Lourdes représentent un trafic de 365 allers-retours par an. La " fourniture-matériel " permet, en particulier, aux organisateurs de composer leur train, de prévoir des compartiments-ambulances, etc.
" En 2004, la situation avait déjà été catastrophique, explique-t-il. Mais nous avions trouvé un accord avec le président Louis Gallois : fourniture du matériel à J - 40 et des horaires à J - 30. Pour le matériel, l'accord est à peu près respecté. Mais concernant les horaires, c'est deux ou trois jours avant le départ que nous avons des informations sûres. C'est ingérable pour un public de pèlerins, qui compte des personnes âgées et des malades. "
Un exemple : le dernier pèlerinage à Lourdes du diocèse d'Arras - 3 200 participants, dont 365 malades - a été informé, le 20 juin, des horaires du départ prévu pour le 22 ! Aucun horaire de retour n'avait même été communiqué avant le départ. Et, pour ne rien arranger, ce train d'Arras à Lourdes est passé par... Lyon, Nîmes, Montpellier, Carcassonne et Toulouse ! Soit près de trois heures de plus que le trajet habituel par Bordeaux.
" DES GENS INVISIBLES "
La fourniture des horaires revient à Réseau ferré de France (RFF), entreprise indépendante que met seule en cause Mgr Jacques Perrier : " Ce sont des gens invisibles, avec lesquels aucun contact n'est possible. Nous n'avons jamais d'explications ni d'excuses ", souligne-t-il. Dès le 8 juin, l'ANDDP avait prévenu M. Gallois - alors encore président de la SNCF - d'un été catastrophique.
Mgr Perrier est d'autant plus en colère qu'un accord avait été signé le 11 février, comprenant la nomination d'un médiateur : " Or, c'est pire qu'avant, tempête l'évêque de Lourdes. Nous ne comprenons pas. Le trafic ferroviaire n'augmente pas plus que le trafic aérien. Alors, pourquoi cette désorganisation ? Ne sommes-nous pas assez rentables ? Y a-t-il une réticence idéologique pour des trains de pèlerins ? Nous savons ce qu'il nous reste à faire : réserver des autobus plutôt que des trains, malgré les risques d'insécurité routière et de pollution. "
A la direction de la SNCF, Rémi Paul, chargé des trains de pèlerinage, cherche à dédramatiser et met en cause RFF qui, admet-il, rend ses horaires à la SNCF " avec un retard toujours plus grand ". La raison en est une infrastructure de voies ferrées qui - hormis les lignes TGV - ne répond plus aux besoins et fait l'objet de travaux longs et coûteux - ainsi la réfection du pont de la Garonne, à Bordeaux (Gironde), qui oblige à détourner les trains de Lourdes.
M. Paul se réjouit de ses relations étroites avec l'Association des directeurs de pèlerinage et promet que de plus en plus de trains spéciaux seront, à l'avenir, intégrés dans le service de base, c'est-à-dire réservés avec des horaires fermes communiqués en chaque début d'année.
Henri Tincq
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