Mercredi 20 septembre 2006
3
20
/09
/Sep
/2006
07:00
Un article du Monde sur le régime spécial des retraites dans la fonction publique.
Remarquez :
- qui assure l'équilibre de la mesure ?
- qui assure le maintien financier des avantages à la SNCF ?
Réforme des régimes spéciaux : M. Fillon persiste
La dernière « forteresse » des retraites
Article paru dans l'édition du 14.09.06
Aggrandir la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Imprimer cet article
PRÈS la refonte du régime des salariés du privé par Edouard Balladur en 1993, puis celle des fonctionnaires par Jean-Pierre Raffarin et François Fillon en 2003, les régimes spéciaux restent la dernière forteresse du système de retraite. Celle qu'aucun gouvernement n'a osé attaquer depuis la tentative malheureuse d'Alain Juppé à l'automne 1995.
Les bénéficiaires sont nombreux : cheminots, marins, mineurs, salariés de la Banque de France, de l'Opéra de Paris ou de la Comédie française, clercs de notaire, postiers, agents de la RATP, d'EDF ou de Gaz de France : 502 000 actifs et 1,1 million de pensionnés bénéficient de régimes spéciaux selon le Conseil d'orientation des retraites. « Ils s'appliquent souvent à des emplois et des métiers qui, à la création des régimes, étaient pénibles ou dangereux », rappelle-t-il.
Les avantages sont nombreux : âge de cessation d'activité (avant 60 ans), durée de cotisation (moins de 40 ans) et base de calcul des pensions (la fin de carrière). Ces régimes dits « à prestations définies » versent donc un pourcentage de 75 % du dernier salaire, soit 2 % par an pour 37,5 ans de cotisations. A la SNCF, les 178 000 agents peuvent partir à 55 ans (50 ans pour les conducteurs) avec 25 ans de service, l'Etat assurant l'équilibre du régime. A la RATP, les personnels de maintenance peuvent cesser leur activité à 55 ans et les conducteurs dès 50 ans. A EDF et GDF (150 000 actifs et autant de retraités), l'âge de départ est fixé à 60 ans, sauf pour ceux qui occupent les fonctions très pénibles (55 ans). A la Banque de France, les 14 400 salariés refusent un allongement de la durée de cotisation, qui la porterait de 37,5 à 40 ans. Son gouverneur, Christian Noyer, a mis en réserve le dividende qu'il doit à l'Etat dans l'attente d'un adossement de son régime à la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV).
Des réformes ont été négociées dans plusieurs groupes (EDF, GDF, RATP), qui ont versé une soulte à la CNAV pour inscrire leurs salariés, et la SNCF en prend le chemin. Mais ceux-ci ont obtenu le maintien de leurs avantages, financés par les usagers et les entreprises, en dépit de la dégradation annoncée des finances de leur caisse spécifique à l'horizon 2020-2040.
M. Balladur et M. Fillon cherchaient à « réduire les inéquités » entre régimes, note la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale publié jeudi 14 septembre. A l'inverse, dénonce-t-elle, les réformes à EDF, GDF et la RATP « ont tourné le dos à cette orientation » et « reviennent à pérenniser des droits spécifiques ».
Jean-Michel Bezat
Article précédent... Article suivant...
Commentaires