Vendredi 20 octobre 2006
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19:56
Aujourd'hui, c'était le jour de l'audience...
Pour ceux qui auraient raté un chapitre, je vous rappelle les faits : je suis poursuivi en matière pénale pour refus d'obtempérer dans un train de la SNCF car je n'ai voulu présenter mon titre de transport qu'à la condition expresse que l'agent me rembourse mon manque à gagner concernant les grèves pour lesquelles je n'ai pas pu utiliser mon abonnement de travail, pourtant payé...
Autrement dit, j'ai essayé de négocier un règlement à l'amiable directement avec l'agent de contrôle.
Tout cela, en sachant que j'avais déjà épuisé tous les recours en envoyant un nombre incalculable de lettres partout en France, et spécialement à Arras...
Me voilà donc, à neuf heures tapantes, au tribunal de Grenoble pour le traitement de mon affaire.
Mon nom est appelé. Les faits me sont rapportés. On me dit que je suis convoqué pour refus d'obtempérer. J'essaie d'expliquer que ce n'est pas un refus d'obtempérer, mais le président me coupe en me disant que l'on ne m'a pas encore donné la parole (dans un tribunal, le coup du président qui remet à sa place le prévenu est un coup hyper-classique, mais qui fait toujours son petit effet, mais il en faut plus pour m'impressionner ;) ).
Une fois que tous les faits m'ont été égrainés, j'ai une petite surprise à ma gauche : une superbe brune m'accompagne (environ 25ans et vraiment très jolie). Je crois à la partie civile que me procure la FNAUT, mais je dois vite déchanter... En fait, cette créature est mon ennemie : elle représente la SNCF qui a décidé de se porter partie civile dans l'affaire !
Elle se fait remonter les bretelles par la présidente qui avait demandé quelques instants auparavant que les avocats ayant à plaider se fassent connaître, ce que n'a pas jugé utile mon ennemie. Elle profite de la situation pour me soumettre son dossier, et j'argue du fait que je n'ai pas pu consulter le dossier pour demander à Mme La Présidente un délai de quelques minutes pour étudier le dossier...
J'ai des échanges avec mon interlocutrice et réalise qu'elle ne lâchera pas le morceau. Je retourne en salle d'audience et évalue le dossier : la SNCF demande 2000Euros de préjudice concernant la dégradation de son image liée à mon affaire (comme si la SNCF avait besoin de James pour dégrader une image désastreuse qu'elle s'efforce de construire chaque jour de grève !), plus 1000Euros de remboursement des frais de justice !
Messieurs les usagers, vous croyiez dépenser votre argent pour acheter des rames de train ? Que nenni, votre argent est dilapidé dans des frais de justice servant à ce que la SNCF se batte contre des clients honnêtes qui veulent faire respecter leurs droits élémentaires de clients !
Voyant la tête de mon dossier, je conclus rapidement que je ne serai pas de taille à affronter un avocat, si jolie soit-elle, dont le métier est de plaider. Il me faudra donc un avocat et il faut absolument que je trouve le moyen de différer la date de cette audience.
J'explique à Mme La Présidente, après lui avoir demandé la permission de m'exprimer (ils aiment bien les juges qu'on leur demande si on peut parler avant de prendre la parole), que je ne suis pas de taille à défendre mon dossier en l'état vu que je n'étais pas au courant que la SNCF allait se porter partie civile dans cette affaire.
Mme La Présidente accepte (...ouf !) et une moue d'insatisfaction apparaît sur la jolie frimousse de la partie adverse (l'air de dire 'bien joué mon gros, tu marques un point !).
Au sortir de l'audience, j'attends mon interlocutrice. Elle m'explique que le dossier est basé sur des insultes et diffamations provenant de ce propre blog alors je peux affirmer une chose : J'AI ENFIN TROUVE MON LECTEUR !
En lui expliquant les faits, je lui pose une question anodine :
"Vous admettrez que j'ai droit à un dédommagement quand je ne peux pas utiliser le train quand même !
- Non. Le droit de grève est un droit fondamental et vous n'avez droit à aucun dédommagement.
- Attendez ! Dans le cas où on achète son abonnement de travail le Lundi... Qu'il est payé le Lundi... Et qu'on ne peut utiliser ce billet le mercredi pour une cause dépendante à 100% de la SNCF, on a droit à dédommagement quand même !
- Dans ce cas oui..."
L'avocat de la partie adverse est peut être très jolie, elle passe peut être beaucoup de temps à lire ma prose sur Internet, mais je crains qu'il va lui falloir de passer encore un peu plus de temps, car, de toutes évidences, cette charmante personne ne maîtrise pas le dossier : il n'a jamais été question d'autre chose dans ce dossier qu'une demande répétée de dédommagement concernant la non-utilisation d'un billet concernant un abonnement de travail ;)
Autre chose pour dissiper tous malentendus : l'avocat de la partie adverse est particulièrement jolie, mais se révèle est très très hideuse si je la compare à mon épouse...
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