Je l'aime bien cette femme là : elle a de la poigne et parle vrai même si ça ne plaît pas à tout le monde.
Un article paru dans le journal 'Le Monde', un excellent quotidien national à lire sans modération (...et vive la liberté de la presse !)
Laurence Parisot : " Nous continuerons avec ou sans la CGT "
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Vous avez réuni les syndicats lundi, au siège du Medef, pour la première fois depuis six ans. Avec le temps, les divergences de diagnostic entre vous se sont-elles atténuées ?
Il y a une convergence, en tout cas, sur le fait que le marché du travail, en France, ne fonctionne pas bien. Au stade où nous en sommes, il y a des analyses, des points de vue différents. La démarche élaborée ensemble consiste à dire : ce constat général est fait.
Voyons maintenant dossier par dossier (contrat de travail, assurance-chômage, sécurisation des parcours professionnels), comment établir un diagnostic partagé, même s'il n'est pas à 100 % partagé, puis pour voir si, ultérieurement, on peut engager des négociations pour faire bouger les choses.
C'est indispensable pour sortir de l'état de malaise que tout le monde perçoit aujourd'hui.
La CGT juge cependant que la rencontre " ne répond pas à l'urgence sociale "...
Il y a quatre organisations syndicales et trois organisations patronales qui disent " soyons pragmatiques ". Ce n'est qu'un premier pas. Mais c'est en avançant que l'on trouve la marche et le moyen de franchir un pas suivant.
L'organisation syndicale plus réticente, la CGT, dit ne pas faire de premier pas. En dépit de cette réticence, le mouvement initié ce matin n'est nullement freiné. Au contraire.
Pouvez-vous faire sans la CGT ?
Les réunions de travail vont commencer avec ou sans la CGT. Elle est toujours la bienvenue. Mais les quatre autres organisations syndicales sont d'accord pour avancer, pour examiner le contrat de travail, en incluant toutes les problématiques de précarité et de frein à l'embauche.
Elles sont d'accord pour avancer sur la remise à plat de l'assurance-chômage et sur la sécurisation des parcours professionnels. Il est temps d'avancer.
Les députés UMP proposent de revenir, par un amendement législatif, aux 39 heures dans la restauration, après la décision du Conseil d'Etat. Etes-vous favorable à leur initiative ?
C'est un dossier qui concerne une branche tout à fait importante pour l'économie de notre pays et pour sa visibilité et sa réputation.
Nous sommes dans un imbroglio juridique qui met toutes les entreprises du secteur, les petites comme les grandes, dans une situation très dangereuse et qui met aussi les salariés de ce secteur dans une incertitude économique inquiétante. Il y a la nécessité de trouver une solution d'urgence.
La notion d'urgence conduit à passer par une voie législative. Sur le principe, je préférerais cependant que cela soit par la négociation, par l'accord entre partenaires sociaux que l'on trouve le meilleur équilibre.
Quand vous entendez les trois candidats socialistes se référer au programme du PS qui veut la généralisation des 35 heures, vous criez à l'aberration ?
La généralisation des 35 heures voudrait dire l'application immédiate des 35 heures auprès des très petites entreprises. Ce serait mortel pour la plupart d'entre elles.
Dans le débat entre les candidats socialistes, ce qui est surprenant, c'est qu'à aucun moment le mot compétitivité n'a été prononcé. Or c'est ça l'enjeu. Nous sommes, que nous le voulions ou pas, dans une course mondiale.
Nous pouvons dire que nous ne voulons pas participer à la course, mais il faut se rendre compte que nous serons les seuls, mis à part Cuba et la Corée du Nord.
Le PS propose aussi d'augmenter le smic à 1 500 euros. Cette mesure est-elle judicieuse ou insupportable pour les entreprises ?
J'aimerais beaucoup augmenter le smic à ce niveau-là. Mais cela ne relève pas d'un acte de générosité ou d'un acte politique. Cela dépend de critères économiques. Avons-nous progressé en productivité d'une manière telle que l'on peut augmenter le smic ? Le niveau de l'inflation est-il à un tel niveau que l'on peut augmenter le smic ?
Toutes les études des économistes, même les plus à gauche, démontrent qu'une augmentation déraisonnable du smic crée immédiatement une augmentation du chômage. Car c'est un coût du travail qui devient insupportable pour beaucoup d'entreprises et qui sont obligées d'envisager un certain nombre de restructurations.
Le Medef peut-il, pour ces raisons, appeler à voter contre le PS ?
Le Medef n'appellera pas à voter. Ni à s'abstenir.
Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Laurent Bazin et Stéphane Paoli
" Le Franc-Parler "
France Inter i-TÉLÉ
" Le Monde "
Lundi 23 octobre : Laurence Parisot, présidente du Medef
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