Mardi 31 octobre 2006
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Il semblerait, à la lecture de cet article, que le nouveau président de la SNCF soit plus incisif que son prédécesseur.
Cet article est tiré du quotidien 'Le Monde' dont vous pouvez suivre tous les articles en ligne pour 6 Euros par mois (j'espère qu'avec cette pub, ils me laisseront le loisir de piller, modestement, leur journal ;) ).
TRANSPORTS Six fédérations de cheminots appellent à une journée de grève nationale le 8
Anne-Marie Idrac fustige un dialogue social d'un autre temps à la SNCF
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A la tête de la SNCF depuis près de cent jours, Anne-Marie Idrac a rapidement décidé d'imprimer sa marque à la présidence de l'entreprise ferroviaire. S'exprimant, vendredi 20 octobre, lors d'un séminaire avec la presse à Séville (Espagne), la nouvelle présidente s'est attaquée à l'un des sujets particulièrement sensibles au sein de l'entreprise publique, celui du dialogue social. Un sujet d'autant plus sensible que six fédérations cheminotes (CGT, FO, CFTC, SUD-Rail, CFE-CGC et FGAAC) ont appelé à un mouvement de grève national de 24 heures pour la journée du 8 novembre.
Cette grève qualifiée par la direction de " rituelle et préventive " - pour le plus grand énervement des syndicats - n'a pas encore de plate-forme revendicative commune mais les grands thèmes retenus devraient être ceux de la défense de l'emploi, du fret, ou encore des salaires.
" Je ne comprends pas très bien dans quel siècle on vit ", a ironisé Mme Idrac. " J'ai été nommée en 2006. Or j'ai l'impression que sur certains sujets sociaux, que l'on appelle le dialogue social, on est resté avant la "guerre froide". D'autres - dans l'entreprise - me disent, juste avant la chute du mur de Berlin ! Je ne sais pas comment on va faire mais ce n'est pas possible que la SNCF soit la seule boîte d'Europe dont on dise, elle est avant le mur de Berlin ", a-t-elle poursuivi. Pour le successeur de Louis Gallois, la SNCF est aujourd'hui dans une " relation sociale très bloquée et très frustrante pour tout le monde ".
" Une entreprise intégrée comme la SNCF est aussi une entreprise qui doit être capable d'intégrer l'économique et le social ", a-t-elle dit. L'ancienne patronne de la RATP a toutefois tenu à nuancer son propos en précisant qu'en matière sociale, " des choses ont été faites " par M. Gallois, mais que d'" autres seront à faire ". Parmi les chantiers en cours, la nouvelle direction entend privilégier un dialogue social à l'échelon local et donner plus de marge de manoeuvre aux responsables des établissements de province. L'inverse de ce qu'avait fait M. Gallois à son arrivée à la tête de l'entreprise publique en 1996.
SYNDICATS EN COLÈRE
Interrogé par Le Monde, Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, est en colère : " Quand on est présidente d'une grande entreprise de service public comme la SNCF, il y a des propos qu'on ne doit pas tenir. Dire qu'il n'y a pas de dialogue social dans l'entreprise, c'est choquant, insultant et en dehors de toute réalité. Elle pense stigmatiser les organisations syndicales mais elle insulte surtout les cheminots qui votent à 80 % pour les syndicats. C'est irresponsable, jamais Louis Gallois n'a tenu ce genre de propos. "
Pour SUD-Rail, la deuxième organisation syndicale de l'entreprise, Mme Idrac " insulte les cheminots et leurs organisations syndicales " et assure que la " fédération SUD-Rail ne tombera pas dans les provocations qui visent à - l' - entraîner dans une surenchère verbale ". Et de poursuivre : " Mme Idrac dit ne pas comprendre dans quel siècle on est à la SNCF. Si Mme Idrac ne comprend pas bien, elle peut laisser la place et laisser les cheminots organiser le service public ferroviaire auquel ils sont attachés. "
Si la défense du fret reste l'un des principaux sujets de crispation syndicale, il est aussi l'un des soucis majeur de l'entreprise publique. Cette activité avait bénéficié d'un plan d'aide de la SNCF et de la commission européenne de 1,5 milliard d'euros, conditionné à sa restructuration. " Le plan de sauvegarde du fret 2004-2006 se termine à la fin de l'année et ses objectifs ont été atteints ", juge Guillaume Pepy, directeur général exécutif de la SNCF. " Il n'y aura pas de nouvelles aides bruxelloises et pas de nouveau plan ", a-t-il confirmé, tout en reconnaissant que les objectifs inscrits dans le plan en termes de chiffre d'affaires ne seraient pas atteints. " La situation du fret reste difficile, a-t-il ajouté, mais pas vis-à-vis de Bruxelles. Elle est difficile en soi. " Cela dit, en conséquence, la SNCF ne devrait pas toucher la dernière tranche de 100 millions d'euros du plan d'aide.
Depuis la libéralisation du fret, les nouveaux entrants privés - moins chers de l'ordre de 20 % à 30 % que l'entreprise publique et souvent plus rapides - ont déjà capté 3 % du marché fret ferroviaire et devrait en avoir 10 % à la fin 2010.
Mais l'entreprise a quand même des motifs de satisfaction. En 2006, la SNCF aura transporté, pour la première fois de son histoire, plus d'un milliard de voyageurs. Depuis trois ans, elle gagne de l'argent. Ce " qui va lui permettre de repartir à l'offensive ", assure M. Pepy. " On a beaucoup vendu : la Shem, Cegetel, Frantour, Rail Publicité. On a aussi beaucoup acheté comme le loueur de wagons Ermewa ou le transporteur public Keolis. On a aujourd'hui les moyens de faire de la croissance externe, ce que l'on n'avait pas fait depuis dix ans. "
François Bostnavaron
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