Texte Libre

...Mes coups de coeur
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...Mes espoirs
...Mes désespoirs
La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /Nov /2007 19:48
Un bel article du journal 'Le Monde' daté du 05/10/2007, qui se passe, malheureusement, de commentaires...

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Marcel, qui aimait Renée et qui l'a tuée
Après cinquante ans de vie commune, cet octogénaire a serré une écharpe autour du cou de sa femme. Il ne supportait plus de la voir sombrer

Des Marcel, on en connaît tous. Renée, on a l'impression de l'avoir croisée mille fois. Vieux, tous les deux. Quatre-vingts ans passés, dont cinquante ensemble. Elle ne sortait dans la rue qu'accrochée à son bras. Il veillait à ce qu'elle ne bute pas et qu'elle ne prenne pas froid. Tous les après-midi, ils quittaient leur pavillon et rejoignaient les amis au Temps de vivre, l'association des vieux du Plessis-Trévise, dans le Val-de-Marne. Marcel jouait au tarot ou s'inscrivait pour le concours de belote, Renée préférait le rami. Les derniers temps, leurs visites s'étaient espacées. Renée perdait la tête et, chez les habitués du Temps de vivre, on disait qu'elle " avait l'Alzheimer ". Marcel avait l'air fatigué, il avait beaucoup maigri.

Le 9 janvier 2003, dans la cuisine, juste après le petit déjeuner, Marcel a serré très fort l'écharpe autour du cou de Renée. Quand ses yeux se sont révulsés, il a lâché. Puis il a téléphoné à la police et il leur a dit qu'il venait d'étrangler sa femme. Il a aussi appelé sa belle-fille pour lui dire la même chose et lui demander de prévenir son fils. Il a ajouté : " Je ne pouvais plus la voir dans cet état. Peut-être que je l'ai libérée. "

Mardi 2 et mercredi 3 octobre, Marcel a comparu devant la cour d'assises du Val-de-Marne, à Créteil, sous l'accusation d'" homicide volontaire ". On lui a apporté une chaise, car deux jambes et une canne ne suffisent pas à le porter. On a glissé un micro-cravate au revers de sa veste, parce que sa voix ne porte plus. Et la présidente, Edith Dubreuil, s'est mise à parler lentement, en détachant ses mots, et assez fort pour que ses questions parviennent jusqu'aux oreilles fatiguées de Marcel.

" On va d'abord parler de votre vie, Monsieur.

- A partir de quand, Madame la présidente ?

- Du début. "

Celle de Marcel commence le 10 janvier 1921, à la campagne. Renée, c'était la fille du patron qui l'avait embauché à la charcuterie, comme apprenti, à 14 ans. Elle était de cinq ans sa cadette. Marcel, qui avait eu le certificat d'études à 12 ans " avec mention bien ", se serait bien vu instituteur. Mais ses parents en avaient décidé autrement, faute d'argent. Ce serait donc la charcuterie.

Après la guerre, Marcel était monté à Paris. Il y avait rencontré une vendeuse, qu'il avait épousée et qui, un an plus tard, lui avait donné un enfant. " A partir de ce moment-là, j'ai voulu me mettre à mon compte. " Rue du Commerce, dans le 15e arrondissement, Marcel ouvre sa première charcuterie.

Son fils est tout petit, 4 ans à peine, lorsque sa femme prend la poudre d'escampette, " avec un coursier, qu'elle avait rencontré à la banque ". Marcel a du mal à s'en remettre, d'autant que, " dans la charcuterie, Madame la présidente, il faut un couple ". Il met la clé sous la porte, se fait embaucher aux Halles de Paris, puis travaille sur les marchés. Et il retrouve Renée, montée elle aussi à la capitale. " Alors, j'ai cherché une petite affaire, pour repartir dans la vie, avec elle. "

Renée n'avait jamais eu beaucoup de santé, mais elle " travaillait plus que sa force. On ne pouvait jamais l'arrêter ", explique Marcel. Souvent, elle est déprimée. Lorsqu'elle fait une tentative de suicide, Marcel vend la charcuterie pour qu'elle puisse se reposer. Deux ans plus tard, un fils naît, Renée va mieux, Marcel se remet à son compte.

Nouvelle rechute, il renonce et entre au service d'un petit supermarché, comme chef de rayon charcuterie-traiteur, d'où il ne bougera plus, jusqu'à la retraite. Renée, de son côté, a été prise en charge par un grand professeur à Necker, " mondialement connu " qui lui traite sa dépression au lithium. " Grâce à lui, ma femme a connu vingt-cinq ans de vie heureuse. "

Lorsque leur fils quitte la maison, Marcel et Renée la vendent et choisissent un pavillon plus petit, avenue de la Petite-Epargne, au Plessis-Trévise. Ils ne se quittent jamais, Marcel veille chaque jour aux médicaments de Renée. " Je les mettais dans une boîte. Il y en avait pour le matin, pour le midi, pour le soir. Elle ne pouvait pas se tromper. " Quand elle ne va pas très bien, il l'emmène à la clinique voisine. " Deux jours plus tard, ils me la rendaient en pleine forme. "

- C'était pour vous un souci constant ?, demande la présidente

- Il fallait faire avec. Vous savez, pendant ces cinquante ans, on a été heureux. Elle faisait tout pour me plaire. Moi, un jour, je lui ai acheté un manteau de fourrure, parce que j'avais fait un petit bénéfice à la Bourse. Et elle, elle n'osait pas le mettre, elle avait peur du qu'en-dira-t-on ", sourit Marcel.

Un jour de 2002, Renée fait de la macédoine au déjeuner. " Il y en avait pour quinze, on était deux. J'ai rien dit. " Elle ne retrouve plus ses clés, que, depuis quinze ans, elle accroche toujours au même clou, dans le couloir. Elles sont pourtant bien là, Marcel les rapporte et se tait encore. Elle pique une grosse colère parce qu'elle est convaincue qu'on lui a volé son manteau de fourrure et reproche à Marcel de ne jamais fermer les portes. Elle lui reproche tout, d'ailleurs et se met à l'insulter. " Quand elle a commencé, j'en faisais pas cas, je me disais que c'était la malade qui m'insultait, pas ma femme, parce qu'elle ne m'avait jamais traité comme ça. "

A l'hôpital, Marcel apprend que Renée souffre de la maladie d'Alzheimer. Les médicaments, cette fois, n'y peuvent plus rien. Son état s'aggrave, elle ne fait plus la cuisine, ni le ménage. Marcel prend le relais. Le pavillon est très bien tenu, disent les voisins. Renée ne dort plus la nuit, devient incontinente. Marcel se lève, lui fait sa toilette, lave la chemise et les draps. Mais il fatigue. Sa voisine, infirmière retraitée avec laquelle le couple s'était lié, s'inquiète de leur état de santé. Leur fils aussi, qui vient les voir régulièrement.

En décembre 2002, Marcel et Renée sont hospitalisés dans un service de médecine générale. A un étage d'écart. " Tous les jours, à midi, je prenais mon plateau et je descendais la faire manger, parce que ma femme, c'était comme un petit oiseau, il fallait lui donner la becquée. "

Le soir, c'est son fils qui prend le relais. Renée ne les reconnaît pas. " Elle me reprochait de ne pas venir la voir à l'hôpital ", dit-il. Début janvier, le médecin annonce à Marcel qu'il doit rentrer chez lui, avec sa femme. " Je lui ai dit : "Mais la place de ma femme n'est plus à la maison." Il m'a répondu : "Vous êtes grand, vous êtes fort. Vous allez rentrer chez vous et être heureux." Textuellement, Madame la présidente ! "

Leur fils intervient et obtient de l'hôpital qu'il garde sa mère une semaine de plus. Pendant ce temps, il accueille Marcel chez lui et multiplie les démarches pour trouver une place pour Renée dans un centre spécialisé. " Je me sentais dans une impasse. Je voyais bien que pour mon père, c'était très difficile, et, en même temps, aucun établissement n'acceptait ma mère ", explique-t-il à la cour. La voisine s'en mêle, elle aussi. Elle vient voir le médecin-chef qui la congédie poliment en lui faisant remarquer qu'elle n'est pas de la famille et que, de toute façon, sa décision est prise. " Peut-être que demain, vous la regretterez ", lui dit-elle.

Le 6 janvier 2003, Renée rentre au pavillon du Plessis-Trévise. Avec son fils, Marcel a rempli le réfrigérateur. Les services sociaux lui ont promis un service de visites à domicile, mais c'est le début de l'année, il tarde à venir. Et le 9 janvier au matin, Marcel et Renée sont dans la cuisine. " Ce matin-là, je lui avais préparé son petit déjeuner, et elle l'avait mangé. J'étais en train de préparer le mien et elle m'a dit : "Tu ne me donnes jamais rien à manger." Alors, je lui ai refait de la chicorée, car je savais qu'à cause de ses médicaments, elle devait boire beaucoup. Et là, elle m'a insulté. J'ai été envahi par la colère, surtout contre les médecins, qui ne faisaient rien. Alors, je me suis jeté sur elle et j'ai serré. "

- Et là, à quoi avez-vous pensé ? demande la présidente

- A rien, j'étais hébété. Je suis un criminel, Madame la présidente. Il doit y avoir ce procès. Après, je me suis dit que peut-être, ça pouvait être une preuve d'amour. Mais je ne sais pas. Et chacun pensera ce qu'il voudra. Moi, ma peine, c'est de vivre. "

Mercredi 3 octobre, la cour d'assises du Val-de-Marne a condamné Marcel, 86 ans, à une peine d'emprisonnement d'un an avec sursis. Il est ressorti de la salle d'audience appuyé au bras de son fils et a rejoint le studio qu'il occupe désormais dans une résidence pour personnes âgées. Il avait bien essayé de retourner avenue de la Petite-Epargne, mais, tout seul dans le pavillon, ça n'allait pas. " Là, explique-t-il, on est chacun chez soi mais on a le droit de prendre cinq repas par semaine en communauté. Le soir, on se fait la cuisine. Et le samedi et dimanche aussi, car il n'y a pas de restauration.

- Et vous y arrivez ?

- Tant bien que mal, mais je me débrouille, Madame la présidente. "

Le lendemain du 9 janvier 2003, le fils de Marcel et de Renée avait reçu un appel du centre de soins psychiatriques qu'il avait sollicité. On lui annonçait qu'une place s'était libérée, pour sa mère.

Pascale Robert-Diard

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Par James Hetfield - Publié dans : Société
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