Vendredi 5 février 2010
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Il est de notoriété publique que la Russie est un pays anti-démocratique. Et bien, non seulement, elle est anti-démocratique, mais, en plus, elle emmerde le monde !
La preuve : elle ne prend absolument pas ses responsabilités en matière climatique. Elle se fout de Copenhague et attend que la réunion se finisse tranquillement.
No comment.
Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Décembre 2009
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La délégation russe aux abonnés absents
Où est passée la Russie ? Depuis le début des négociations, le troisième pays pollueur de la planète est littéralement invisible. Les Russes n'ont donné qu'une conférence de presse d'une demi-heure
quand les autres grands acteurs en organisent une, voire deux par jour. Les journalistes russes eux-mêmes jouent à cache-cache avec les représentants de leur pays. Sans plus de succès d'ailleurs.
La pièce officiellement attribuée à la Russie dans le bâtiment qui sert de quartier général à toutes les délégations reste désespérément vide. " Ils doivent être quelque part en ville ", imagine un
reporteur russe en avouant qu'il a abandonné la partie.
Les négociateurs font le même constat. " Les Russes, on les voit très peu, on ne sait pas exactement ce qu'ils veulent et on ne sait pas qui décide vraiment ", dit l'un deux. La délégation envoyée
par Moscou est famélique : une quinzaine de personnes. Même certains pays pauvres sont parvenus à faire mieux.
Pour vivre heureux, vivons cachés : telle semble être la doctrine russe. Le pays qui, en ratifiant le protocole de Kyoto en 2004, a permis l'entrée en application du traité adopté sept ans plus
tôt, a obtenu en échange, des conditions très avantageuses avec pour seule obligation de stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2012. Objectif aisément atteint : avec
l'effondrement de l'économie soviétique et la fermeture de nombreux sites industriels, le niveau d'émission est en Russie de 30 % inférieur à celui de 1990 et le pays dispose d'un montant
considérable de crédits carbone potentiellement monnayable.
Le pays gouverné par Dmitri Medvedev, qui sera présent au sommet des chefs d'Etat, s'est engagé à ne pas vendre massivement ces crédits pour ne pas déstabiliser l'architecture de Kyoto. Mais il ne
compte pas pour autant tirer un trait sur ce pactole et négocie de pouvoir reporter ses droits à émettre après 2012. De même on s'attend à ce que la Russie réclame de pouvoir comptabiliser plus
favorablement les puits de carbone que représentent ses immenses forêts pour améliorer encore son bilan.
Les engagements qu'elle met sur la table à Copenhague (- 25 % d'émissions par rapport à 1990) sont, dans ces conditions, faussement ambitieux. Compte tenu du gaspillage énergétique que continue de
pratiquer ce grand producteur de pétrole et de gaz, la Russie dispose d'énormes réserves d'économies d'énergie et pourrait faire beaucoup mieux. Mais la volonté politique n'y est pas.
Laurence Caramel (Copenhague, Envoyée spéciale)
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