Mes Tas de Trucs

Mittérand disait : "je n'accorde aucun crédit dans les mots des économistes". Loin d'être un Mittérandiste convaincu, je ne peux m'empêcher d'avaliser à 100% ces propos quand je lis les conneries de ce professeur émérite.

Quelques propos me font tiquer :

1. Le fait qu'il vaille mieux payer quelqu'un à rester chez lui que de lui faire faire un travail qui ne corresponde pas à ses aspirations et non à temps plein.

2. Monsieur veut sauter les étapes en faisant disparaître les emplois précaires. Dans le monde des Bisounours les emplois précaires n'existent pas, mais jusqu'à preuve du contraire Sarko ne s'appelle pas 'Chez des Bisounours'.

3. La responsabilisation vis à vis du travail doit aussi être donnée à une classe pauvre.

4. Ce Monsieur dit : "Pour moi, le RSA vise surtout à inciter les bénéficiaires du RMI et de l'API à reprendre n'importe quel emploi." : Ben ouais qu'il faut accepter un emploi ! Quitte à en changer plus tard si le futur emploi est meilleur ! On vit en société avec des droits et des devoirs. On a droit aux allocs quand on respecte ses devoirs, c'est du pur bon sens.

5. On lui pose la question : "Ne faut-il pas laisser le temps à l'expérimentation qui va débuter dans quelques mois ?" et l'autre imbécile répond : "Dans le contexte actuel, je n'y suis pas favorable.". Ben ouais, Monsieur "La science infuse professeur émérite de mes couilles" sait mieux que tout le monde, et avant tout le monde que la mesure ne marchera pas. Qu'est-ce qu'il est fort ce type !

6. L'autre imbécile dit : "Il va même estimer qu'il peut se permettre de multiplier les contrats à temps partiel contraint, à durée déterminée, etc.". C'est oublier un peu rapidement deux éléments :
- Tous les employeurs ne sont pas nécessairement des voyous essayant d'abuser du système
- Le monde de l'emploi est un monde concurrentiel (le professeur émérite a un peu oublié ses cours de 1ère année de Deug...) où les meilleurs salariés se cassent quand ils trouvent mieux ailleurs ET l'emploi de service à la personne est un métier où la qualité de service est PRIMORDIALE (et j'en sais quelque chose). Bref, c'est un monde où la concurrence joue.

Je peux mettre une note au prof ? Allez 2/20 : pour l'encre...


Un article paru dans le journal "Le Monde" le 2 Juillet 2007.

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Pauvreté
Le RSA peut-il être un outil de lutte efficace ?
La création d'un revenu de solidarité active est l'une des mesures phares du gouvernement de François Fillon. La dernière mouture du projet inquiète les associations du secteur social

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Le revenu de solidarité active (RSA) inscrit dans le projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat est destiné aux bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI) et de l'allocation de parent isolé (API). Ce dispositif permet-il de lutter contre le phénomène des travailleurs pauvres et plus globalement contre la pauvreté ?

    Non

" Pour moi, la mesure

vise surtout à inciter

les bénéficiaires du RMI

et de l'allocation de parent

isolé (API) à reprendre

n'importe quel emploi "

JEAN GADREY

UNIVERSITÉ LILLE-I

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    CV

2007
Jean Gadrey est professeur émérite d'économie à l'université Lille-I. Il signe avec Florence Jany-Catrice Les Nouveaux Indicateurs de richesse (La découverte, coll. " Repères "). Il quitte la commission commerce-services du Conseil national de l'information scientifique (CNIS) qu'il présidait depuis 1998.

2006
Il publie En finir avec les inégalités (éd. Mango).

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    Mode d'emploi

Actuellement, un bénéficiaire d'un minima social (RMIste, etc.) qui reprend un emploi faiblement rémunéré peut voir son revenu global baisser, en raison de la perte ou de la réduction de certaines aides sociales qu'il percevait.

Visant à remédier à cet effet dit " de trappe à inactivité ", le revenu de solidarité (RSA) se traduira par le versement d'un complément au salaire, dont le montant sera fixé par décret. L'expérimentation du RSA sur trois ans prévue par le projet de loi vise les bénéficiaires du RMI et ceux de l'allocation de parent isolé (API). Son coût serait assuré par l'Etat et les départements volontaires pour mettre en oeuvre ce dispositif.
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Non. Cette mesure va, peut-être, réduire un peu, à court terme, le nombre de salariés pauvres, mais, sur le long terme, dans un contexte de développement de l'emploi précaire, le RSA n'est pas une bonne idée. Il pourrait sans doute l'être s'il venait en complément transitoire d'une politique de lutte contre les petits boulots (contrats à temps très partiel, etc.) qui se sont multipliés et que leur faible rémunération rend peu attractifs pour un allocataire. Mais la mise en place d'une telle politique n'est pas la plus probable...



Que reprochez-vous exactement à ce dispositif proposé par le rapport 2005 de la commission présidée par Martin Hirsch, actuel haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté ?

La version actuelle du RSA est beaucoup moins ambitieuse que celle contenue dans le rapport. On comptabilise entre 1 et 1,3 million de travailleurs pauvres, qui ne sont pas, dans leur majorité, d'anciens RMistes. Beaucoup sont des femmes qui ont des emplois à temps partiel de 20 ou 25 heures par semaine et se retrouvent en dessous du seuil de pauvreté. Ces personnes-là sont les oubliés du RSA. De plus, cette mesure introduit une discrimination entre les " bons pauvres ", qui acceptent de travailler, et les " mauvais pauvres ". En France, les pauvres ne sont pas tous des travailleurs. Il y a aussi les inactifs, dont les personnes âgées, certaines femmes, etc. Pour moi, le RSA vise surtout à inciter les bénéficiaires du RMI et de l'API à reprendre n'importe quel emploi.



Ne faut-il pas laisser le temps à l'expérimentation qui va débuter dans quelques mois ?

Dans le contexte actuel, je n'y suis pas favorable. Nous avons à faire, en France, un choix stratégique : soit nous voulons réduire le nombre de petits boulots qui ne permettent pas de sortir de la pauvreté, soit nous décidons seulement d'accompagner leur expansion jugée incontournable, avec, par exemple, le RSA. En ce qui me concerne, je ne crois pas inéluctable le développement de ce type d'emplois. Le RSA s'inscrit dans le contexte des politiques de l'emploi du plan Borloo, qui favorise les services à la personne. Dans ce secteur, les salariés ont des emplois d'une durée hebdomadaire moyenne de treize heures, s'exerçant dans des conditions de travail généralement désastreuses, sans formation ni perspectives de carrière. Et ce secteur, considéré comme un énorme gisement d'emplois, s'appuie sur d'importantes déductions fiscales pour les particuliers employeurs, ce qui est une manière d'encourager l'emploi sans qualité. Je rappelle que le rapport Hirsch indiquait que le RSA devait " s'inscrire dans une politique de l'emploi dynamisée et sécurisée contre le temps partiel contraint, le travail précaire ou discontinu " et que " les modalités de pénalisation du temps - partiel - à petite durée devaient être étudiées par le gouvernement "...



Néanmoins, le RSA répond à une injustice : dans certains cas, un RMiste perd de l'argent s'il travaille...

Le raisonnement classique sur l'absence d'attractivité de l'emploi s'appuie sur la reprise d'un travail à mi-temps voire à quart temps. Si les emplois sont à temps plein, il n'y a plus de trappe à inactivité. Alors, certes, le RSA va apporter un peu de revenu supplémentaire à ceux qui acceptent les petits boulots, mais, en même temps, il va favoriser le développement de ces emplois. Car on sait bien qu'un employeur, dès lors qu'il saura que son salarié va percevoir une allocation lui permettant de franchir le seuil de pauvreté, ne se sentira guère de responsabilité sociale pour améliorer la qualité de l'emploi. Il va même estimer qu'il peut se permettre de multiplier les contrats à temps partiel contraint, à durée déterminée, etc. Au final, il y aura un peu moins de travailleurs pauvres à court terme mais de plus en plus d'emplois dégradés. Ce n'est pas une bonne stratégie, y compris pour l'économie française.

Propos recueillis par Francine Aizicovici

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Mer 18 jui 2007 Aucun commentaire