N’en veut-on pas trop en France tout de suite ?

Loin de moi l’idée de vouloir approcher le modèle économique de notre pays du modèle Anglo-Saxon. Cependant, si l’ultra-libéralisme est néfaste à un pays, l’ultra-socialisme l’est tout autant. Il faut réapprendre à travailler en France car on se contente trop souvent de dédommager trop bien nos chômeurs vis à vis de payer trop mal notre masse productive.

Il faut savoir se contenter, dans un premier temps, d’être peu payé pour un emploi précaire. A charge pour l’état d’offrir les formations nécessaires à ce que la précarité ne soit que temporaire. Il vaut mieux dépenser un euro dans la formation que dans le dédommagement des chômeurs.

Ceci doit être entrepris car la précarité n’est pas d’avoir un emploi mal payé et temporaire, la précarité c’est le chômage : il y a une hiérarchie dans la précarité et le chômage en est la tête.

Il faut donc savoir accepter un CDD précaire et non qualifié pour pouvoir grimper dans la hiérarchie et faire une expérience afin que cett précarité ne dure pas.

Trop souvent on préfère en France refuser ces emplois pour avoir mieux. Cette logique mortifère doit être enrayée car elle mène à la ruine de tous, salariés, patrons et Etat qui ne pourront dédommager ad-vitam eternam des gens qui en veulent toujours plus et qui préfèrent, pour certains, être payés à rester à la maison plutôt que d’être moins payés à bosser…

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 07 Juillet 2015

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Le travail entre salariat et précariat

Des chauffeurs de taxi furieux renversent des voitures pour défendre leur profession. Des migrants s’échouent en masse sur les côtes pour trouver un emploi en Europe. En France, la prochaine élection présidentielle se jouera en grande partie sur le chômage. Partout la question du travail occupe les esprits et préoccupe les politiques.

Normal, depuis que les sociétés humaines se sont affranchies de l’esclavage, puis de la féodalité, qui reléguaient le travail aux couches basses de la société, cette notion s’est retrouvée au cœur de nos existences. Elle se déploie dans trois dimensions. Economique, bien sûr, on travaille pour subvenir à ses besoins, mais aussi sociale et philosophique. Un emploi est le plus sûr moyen de s’insérer dans une communauté et de trouver, le plus souvent, un sens à son existence.

C’est la raison pour laquelle le Cercle des économistes a choisi ce thème cette année pour ses rencontres d’Aix, qui se sont achevées dimanche 5 juillet. Avec une idée qui taraude les esprits en ce moment : sommes-nous à la veille d’un changement majeur du mode de travail, de sa répartition, de sa qualité ?

La situation européenne nous montre que le chômage n’est pas une fatalité. Des pays majeurs comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne sont retournés au plein-emploi après avoir connu des récessions plus profondes que celle de la France. Mais à quel prix ? Celui du développement de ce que l’on pourrait appeler le  » précariat « . Ce travail aléatoire et faiblement rémunéré, souvent indépendant, qui a fait sortir de l’inactivité des millions d’individus. A l’inverse, les pays qui ont freiné ce mouvement vers les  » mini-jobs  » allemands ou les  » contrats zéro heure  » britanniques, comme la France ou l’Italie, continuent de connaître des taux de chômage à deux chiffres.

Précarité et emploi contre stabilité et chômage.

La Grande-Bretagne a fait son choix, et va plus loin en revoyant entièrement le rôle de l’Etat. Chacun sa réponse. La France en trouvera une autre, plus conforme à son histoire, à sa culture. Il reste que, dans une économie ouverte et de croissance modérée, la précarité est la transition indispensable pour éradiquer le chômage de masse. Et, dans nos sociétés largement tertiarisées, le stock d’emplois disponibles se trouve dans les services à basse qualification.

Comme l’ont préconisé les économistes à Aix, pour contrer le développement d’une société à deux vitesses, il est impératif de revoir toute la chaîne de l’emploi, du stage au CDI en passant par le travail indépendant. Mais aussi de fluidifier le marché à l’échelle européenne, et d’investir massivement en formation. Cette révolution copernicienne de la mobilité sociale est en train de se faire, officiellement et sous le manteau. Il est de notre intérêt d’accompagner le mouvement, plutôt que d’avoir à le subir.

Philippe Escande

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Quand les chaînes allemandes ont une logique claire vis à vis du dopage

En Allemagne, pays du pragmatisme par excellence, on est clair : quand il y a dopage, on suspend les retransmissions, dans le cas contraire, on les rétablit.

On ne peut pas en dire autant de France2 qui a toujours mis la lutte contre le dopage au second plan.

Ne cherchez pas d’allusion au dopage durant la retransmission du Tour, elle n’existe pas ! L’équipe des sports de France2 ne parle du dopage que lorsqu’il devient évident. France2 a toujours été suiveur et non moteur dans cette lutte, au contraire du journal ‘L’Equipe’ qui a mené de grosses investigations pour que les affaires de dopage, en particulier le premier cas de dopage avéré de Lance Armstrong.

Ainsi, en 2006, lors de la 17e étape du Tour de France, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Morzine, Floyd Landis sera gratifié de coureur « renouant avec les plus belles heures du cyclisme » par France2… juste avant que l’on révèle qu’il était doppé. Las, ce n’était une surprise pour personne, hormis pour France2, quand on avait vu ses performances désastreuses la veille…

En France, on ferme donc les yeux pendant qu’on les ouvre ailleurs : complicité de tricherie ou incompétence ?

Un article du journal ‘Le Monde’ daté du 4 Juillet 2015

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La télé allemande revient dans la Boucle

La télévision publique allemande fait son grand retour sur la Grande Boucle. La chaîne ARD diffusera en direct la dernière heure de course à partir de 16 heures.

En raison de la multiplication des affaires de dopage, ARD et ZDF, les deux chaînes publiques, n’assuraient plus de couverture en direct du Tour de France depuis 2012 mais se contentaient de présenter en différé de courts extraits de l’étape du jour. Les – nombreux – amateurs allemands de cyclisme devaient donc suivre l’épreuve sur Eurosport.

 » Notre décision s’explique par deux critères : premièrement, beaucoup a été fait en termes de lutte contre le dopage ces dernières années, parfois même plus que dans d’autres sports. Et, deuxièmement, l’intérêt considérablement en hausse des spectateurs face au succès des jeunes cyclistes allemands « , a expliqué le coordinateur sportif d’ARD, Axel Balkausky, dans une interview à l’agence allemande SID.

Néanmoins, les Allemands -effectuent un retour prudent. Seule ARD couvre le Tour. Pas ZDF. De plus, le contrat avec Amaury Sport Organisation (ASO), qui gère l’épreuve, ne court que sur deux ans : 2015 et 2016. Enfin, selon l’hebdomadaire Der Spiegel, les Allemands ont obtenu une réduction considérable. ARD paierait moins de 5 millions d’euros pour deux ans alors que ARD et ZDF avaient payé 20 millions pour les trois années 2009-2011. Le contrat contiendrait une clause assez inhabituelle permettant à ARD de cesser les retransmissions en cas de nouveau scandale de dopage massif.

Axel Balkausky, lui, ne présente pas tout à fait les choses de cette façon :  » Si un cas de dopage intervient, ce sera le signe que le système de contrôle fonctionne « , -estime-t-il. Après l’éviction de Jan Ullrich, juste avant le départ du Tour de France 2006 pour son implication dans l’opération  » Puerto « , un autre Allemand est impliqué l’année suivante dans une affaire de dopages en plein Tour cette fois-ci : Patrik -Sinkewitz. C’en est trop pour ARD et ZDF, qui cessent sur-le-champ la retransmission des étapes en direct. Elles reprend néanmoins en 2008.
 » Follement heureux « 

La décision d’ARD ravit évidemment les professionnels du cyclisme en Allemagne.  » C’est une super nouvelle. Nous allons vraiment tout faire pour que les spectateurs se divertissent au maximum « , commente Tony Martin, triple champion du monde du contre-la-montre. John Degenkolb, vainqueur cette année de Milan-San Remo et de Paris-Roubaix, s’est dit, lui,  » follement heureux « . En l’absence du sprinter Marcel Kittel pour raisons de santé, John Degenkolb, Tony Martin ainsi qu’André Greipel sont les trois coureurs sur lesquels les Allemands fondent leurs espoirs.

Pour ARD, l’enjeu est d’autant plus important que la chaîne a appris lundi 29 juin qu’elle et ZDF avaient perdu les droits de retransmission des prochains Jeux olympiques (d’hiver en 2018 et 2022, d’été en 2020 et 2024) au profit d’Eurosport. -Elles avaient déjà perdu la retransmission des matchs de qualification de la Nationalmannschaft pour l’Euro 2016 de football et la Coupe du monde 2018 au profit de RTL. Les chaînes publiques allemandes doivent donc repenser leur stratégie en matière de couverture d’événements sportifs.

Frédéric Lemaître, (Berlin, correspondant)

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